Déjà privé de Richard Gasquet, toujours dans l'attente d'un jugement dans l'affaire de son contrôle positif, le camp tricolore a perdu aussi Gaël Monfils, victime d'une blessure au poignet au Queen's, et peut-être Marion Bartoli, contrainte à l'abandon à Eastbourne par un problème à la cuisse.
Si l'on ajoute les soucis de Gilles Simon, en délicatesse avec un genou depuis Roland-Garros, et le tirage au sort qui n'a pas été tendre avec tout le monde, il faudra que des outsiders se révèlent parmi les quatorze hommes et onze femmes engagés dans le tableau final pour que le bilan égale celui des grandes années, comme par exemple 2007 (cinq en deuxième semaine).
Malgré les défections et les méformes, les Français capables de briller sur l'herbe anglaise restent nombreux. Les deux noms qui viennent le plus spontanément à l'esprit sont ceux de Tsonga et de Mauresmo.
Le Manceau, avec son formidable service et son gros coup droit, a les atouts pour réussir dans le grand chelem anglais. Il l'a d'ailleurs déjà partiellement montré en 2007 en atteignant les huitièmes de finale, son premier résultat notable dans un « major » et le début d'une ascension spectaculaire.
La préparation n'a pas donné beaucoup d'indications sur son niveau actuel car il n'a joué que deux rencontres, l'Allemand Tommy Haas ayant mis fin prématurément à son parcours à Halle avant de remporter le tournoi.
Tête de série n° 9, il aura deux matches faciles à disputer pour trouver le bon rythme avant de commencer un redoutable parcours d'obstacle (Karlovic, Verdasco, Federer).
Mauresmo a aussi des arguments techniques à faire valoir sur le gazon, notamment son aisance à la volée. Elle a surtout dans ce tournoi une histoire longue et heureuse qui devrait lui donner le confort psychologique dont elle a besoin pour confirmer son regain d'ambition.
Sa défaite au deuxième tour d'Eastbourne contre la Russe Ekaterina Makarova n'est certes pas le meilleur des présages, mais après tout, elle avait bien perdu d'entrée contre Nathalie Dechy dans le même tournoi en 2006 avant de triompher deux semaines plus tard à Wimbledon.
En dehors des deux têtes d'affiche, plusieurs Français sont capables de créer de belles surprises, pour peu que le tableau s'ouvre un peu devant eux, comme cela s'était produit l'année dernière pour Arnaud Clément, inattendu quart de finaliste.
Des joueurs comme Michaël Llodra, avec son service-volée, ou Virginie Razzano, en forme puisqu'elle n'a perdu qu'en finale samedi à Eastbourne, peuvent aller loin.
Jérémy Chardy, ancien vainqueur du tournoi en juniors, peut lui aussi nourrir des ambitions, mais il devra commencer sa quinzaine par un exploit face à l'Américain Andy Roddick.


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