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Moyen Orient et Monde - Iran

Au sixième jour, la mobilisation anti-Ahmadinejad ne faiblit pas

Les autorités interdisent aux enfants de Rafsandjani de quitter le pays.

Les partisans de Mir Hossein Moussavi sont descendus par dizaines de milliers hier dans le centre de Téhéran pour rendre hommage aux sept personnes tuées depuis lundi lors des violences postélectorales. Vêtu de sombre, Moussavi, candidat modéré officiellement battu par le président sortant Mahmoud Ahmadinejad, a pris la parole, porte-voix en main, devant le rassemblement qui s'est tenu sur une place Imam Khomeini noire de monde. L'épouse de Moussavi était également présente au rassemblement. Par solidarité avec les familles des blessés et des tués, les manifestants, qui scandaient « Allah est le plus grand ! », étaient également vêtus de noir et portaient des cierges. Des manifestants brandissaient des photos de victimes, certaines le visage ensanglanté. « Frères martyrs, nous récupérerons vos suffrages ! », lisait-on aussi sur des pancartes, allusion à la fraude présumée le jour du scrutin. D'autres placards portaient encore les slogans « Je peux devenir muet, aveugle et sourd, mais je ne serai pas idiot » ou « Nous crions pour Gaza, qui crie pour nous ? ». Il s'agissait de la sixième journée consécutive de manifestations, un mouvement de protestation sans précédent depuis la révolution islamique de 1979.
En face, le pouvoir cherche à reprendre la main et aujourd'hui, jour des prières hebdomadaires, le guide suprême de la révolution, Ali Khamenei, doit prononcer un sermon très attendu. Aujourd'hui, les partisans d'Ahmadinejad doivent également de nouveau descendre dans la rue pour manifester leur force. La milice islamique iranienne du bassidj, qui a été en pointe dans les affrontements contre les manifestations de l'opposition, a également appelé ses membres à participer à la prière du vendredi à Téhéran. Le bassidj a également averti aussi les candidats à la présidentielle qui contestent la réélection d'Ahmadinejad de se « désolidariser explicitement des émeutiers ». Les bassidjis considèrent que les manifestants pro-Moussavi qui défilent pacifiquement sont des émeutiers.
Le ministère du Renseignement a, par ailleurs, annoncé hier avoir déjoué un complot terroriste qui projetait de faire exploser des bombes dans des mosquées et autres lieux de grande affluence à Téhéran le jour même du premier tour, le 12 juin. Plusieurs groupes ont été identifiés et seraient liés à des ennemis extérieurs à l'Iran, comme Israël, ajoute le ministère.
Parallèlement, les arrestations se sont poursuivies. Un homme politique de l'opposition, Ebrahim Yazdi, a été arrêté. Yazdi dirige le Mouvement de la liberté, interdit, et fut le premier ministre des Affaires étrangères iranien d'après la révolution de 1979. Deux enfants de l'ancien président Akbar Hashemi Rafsanjani, opposant déclaré au président Ahmadinejad, ont d'autre part interdiction de sortir du territoire. Faezeh Rafsanjani, fille de Rafsandjani, avait notamment pris la parole mardi lors d'un rassemblement pro-Moussavi à Téhéran. Âgée de 46 ans, Faezeh Hachémi avait joué un rôle de premier plan au milieu des années 1990, notamment lorsqu'elle avait été élue députée de Téhéran. Elle avait créé le premier quotidien féminin Zan (femme).
Face au défi que représente le mouvement, l'unité de façade du régime semble toutefois commencer à se lézarder. L'Assemblée des experts, qui compte 86 religieux, chargés entre autres de superviser l'activité du guide suprême, s'est « félicitée de la présence enthousiaste, épique et alerte de 85 % du peuple révolutionnaire » le jour du scrutin, mais n'a pas eu un mot sur son résultat. Akbar Hachémi Rafsandjani, qui dirige cette Assemblée, a été accusé par le président Mahmoud Ahmadinejad d'orchestrer la campagne de Mir Hossein Moussavi.
Mercredi, le grand ayatollah Abdolkarim Moussavi Ardabili avait en outre demandé « aux responsables concernés » de traiter les contestations des candidats « de manière impartiale » et de parvenir à « un verdict convaincant ». C'est le quatrième responsable religieux de ce rang, le plus élevé dans le clergé chiite iranien, à lancer un tel appel depuis samedi. L'agence de presse Borna, qui dépend de l'Organisation nationale de la jeunesse, a d'ailleurs critiqué, hier, certains dignitaires religieux pour ne pas avoir félicité le président Ahmadinejad.
La presse a aussi rapporté des « querelles verbales et des attaques physiques » entre députés conservateurs mercredi lors d'une session à huis clos.

Les partisans de Mir Hossein Moussavi sont descendus par dizaines de milliers hier dans le centre de Téhéran pour rendre hommage aux sept personnes tuées depuis lundi lors des violences postélectorales. Vêtu de sombre, Moussavi, candidat modéré officiellement battu par le président sortant Mahmoud Ahmadinejad, a pris la parole, porte-voix en main, devant le rassemblement qui s'est tenu sur une place Imam Khomeini noire de monde. L'épouse de Moussavi était également présente au rassemblement. Par solidarité avec les familles des blessés et des tués, les manifestants, qui scandaient « Allah est le plus grand ! », étaient également vêtus de noir et portaient des cierges. Des manifestants...
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