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Lifestyle - Hotte D’Or

Ah ça ira, ça ira, ça ira !

Les rares images que je réussis à voir font bondir mon cœur. Je renifle comme un vent nouveau, ou au moins une brise. Le corps terriblement impatient, je picore frénétiquement du lupin au cumin en allumant toutes les bougies au musc blanc dans mes 27 candélabres de sol Tom Dixon. Les Pasdarans et les Pasdarannes n'ont rien à voir avec la Savak du chah, ils sont tellement plus forts aujourd'hui, je le sais, je le sens.  Mais on ne sait jamais, peut-être est-ce un nouveau 79 qui mijote, j'invoque tous les saints. Je prends mon courage et mon Vertu Ascent Ti Ferrari by Nokia à deux mains et j'appelle Mohsen. Mohsen Makhmalbaf est cet homme que j'adore, ce cinéaste que j'admire depuis Gabbeh en 1996. Les communications avec Kaboul, où Mohsen réside depuis qu'il a quitté Téhéran, sont impossibles. Je panique. Il faut absolument organiser quelque chose, aider ce peuple sublime et hiératique. J'en sais quelque chose : née dans les Carpates roumaines, ma grand-mère Irina, de par sa mère Katayoun, était à moitié iranienne. Je ne peux pas rester les bras croisés. Je suis assise en tailleur sur mon parquet havane Balterio, mes petits poings serrés, je triture comme une folle mon trèfle Dodo by Pomellato à en noircir ses diamants, je me sens tellement inutile, tellement futile pendant que mes sœurs et mes frères se font tabasser et tuer en se demandant où a bien pu disparaître leur vote. Where is my vote ? Je répète cette question comme une incantation vaudoue, je sens que je vais me transformer en derviche tourneuse. Je téléphone en trombe à mon amie Carla Henoud qui a écrit de très gentilles choses à mon sujet ; en l'attendant, je prépare un petit en-cas comme si nous y étions : je demande à Louisa de faire bouillir quelques pommes de terre Corolle, d'ouvrir quelques verrines de Beluga et un balthazar de Veuve Clicquot et de dresser une nappe sur mon Ispahan, nous grignoterons à même cette merveille. Je mets un CD de Gougoush dans mon mange-disque B&O en chrome mauve. La délicieuse Carlotta arrive en jeans Diesel, marinière Gaultier et Converses jaune canari ; je lui dis ce que j'attends d'elle : nous devons envoyer des e-mails. Je lui donne mon Mac Book Air fuchsia et les adresses électroniques de Mohsen et Samira Makhmalbaf, de Marjane Satrapi, de Gougoush, de Maryam Amir Ebrahimi, de Negar Assari-Samimi, d'Amaneh Eskandari, de Mahmoud Farshchian, Shirin Ebadi, Shahla Sherkat, et, bien sûr, André Agassi. Je lui dicte le courriel à envoyer en tir groupé : Mes chers amis, il est impératif que nous nous rendions à Téhéran pour aider notre bon peuple à regagner ses libertés, surtout celle de penser et de choisir. Rendez-vous après-demain à Ankara à l'hôtel Sheraton, nous trouverons bien un moyen de nous rendre à Téhéran. Il faut agir avant que cela ne soit trop tard. Love etc., xoxo, Margot. J'ai confiance, je suis sûre que nous réussirons à entrer, par n'importe quel moyen, dans la capitale iranienne, dussions-nous utiliser, comme aurait dit mon ami Baschung, un express, un tacot, un Concorde, un navire, un trolley, un vapeur, un escalator, un landau, un Walhalla, un astronef, peu importe, nous irons à Téhéran et nous contribuerons à la révolution, nous libaniserons notre Iran, miam-miam.

margueritek@live.com
Les rares images que je réussis à voir font bondir mon cœur. Je renifle comme un vent nouveau, ou au moins une brise. Le corps terriblement impatient, je picore frénétiquement du lupin au cumin en allumant toutes les bougies au musc blanc dans mes 27 candélabres de sol Tom Dixon. Les Pasdarans et les Pasdarannes n'ont rien à voir avec la Savak du chah, ils sont tellement plus forts aujourd'hui, je le sais, je le sens.  Mais on ne sait jamais, peut-être est-ce un nouveau 79 qui mijote, j'invoque tous les saints. Je prends mon courage et mon Vertu Ascent Ti Ferrari by Nokia à deux mains et j'appelle Mohsen. Mohsen Makhmalbaf est cet homme que j'adore, ce cinéaste que j'admire depuis Gabbeh en 1996. Les communications avec Kaboul, où Mohsen réside depuis...
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