« La région du Moyen-Orient est jusque-là perçue comme étant uniquement une source d'investissements alors qu'elle possède tous les atouts pour devenir une destination très attractive pour les investisseurs. » C'est en ces termes que le président d'Abu Dhabi Investment Company, Khalifa Mohammad al-Kindi, a donné cette semaine le coup d'envoi aux « nouvelles » activités de la plus grande compagnie d'investissements de la petite monarchie pétrolière. La compagnie, désormais rebaptisée « Invest AD », comme pour marquer ce nouveau départ, s'est en effet fixé comme objectifs d'attirer le plus grand nombre d'investissements dans la région et d'inverser ainsi le mouvement, jusque-là caractérisé essentiellement par des placements régionaux à l'étranger. « La région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord présente aujourd'hui des opportunités d'investissements alléchantes malgré le contexte de morosité globale (...). Qu'il s'agisse des prévisions de croissance, de la diversification existant sur le plan économique, ou encore de la structure démographique des populations, tous les facteurs jouent en notre faveur (...). Mais il est de notre devoir d'identifier ces opportunités et de les fournir à nos clients », a souligné pour sa part le PDG de la compagnie, Nazem Fawwaz al-Kudsi, annonçant le lancement sur le marché de quatre nouveaux fonds d'investissements, dont un fonds en actions baptisé « GCC Equities Fund » et un autre fonds régional « Emerging Africa Fund », sans pour autant dévoiler les conditions propres à chaque fonds.
La compagnie, dont l'activité était depuis sa fondation en 1977 principalement axée sur la gestion de fonds pour le compte du gouvernement, cherche ainsi à attirer des investisseurs tiers, pouvant contribuer à un plus grand essor économique sur le plan régional, ou du moins à limiter les dégâts engendrés par la crise mondiale. Pour réaliser son objectif, « Invest AD » mise, entre autres, sur le potentiel caractérisant la région ; les instances internationales prévoient en effet, malgré l'impact de la crise, une croissance de 3,6 % en 2010 à l'échelle régionale, contre 1,9 % en moyenne à l'échelle mondiale. « La politique économique adoptée au cours des dernières années par plusieurs pays au Moyen-Orient, notamment par les pays producteurs de pétrole dont les Émirats arabes unis, était de diversifier leurs économies en investissant une bonne partie de leurs revenus pétroliers dans plusieurs secteurs à haute valeur ajoutée, d'où l'existence de ce potentiel », a expliqué al-Kudsi, soulignant, en parallèle, l'importance de la structure démographique dans la région, notamment le fait que plus de deux tiers de la population soit âgée de moins de 40 ans. « Outre ses avantages sur le plan de la productivité, cette classe permettra à l'avenir de doper la consommation », a-t-il souligné.
Le PDG d'Abu Dhabi Investment Company a également mis l'accent sur le chantier lancé il y a plus d'une décennie par les pays de la région, notamment ceux du Golfe, visant à réformer le cadre législatif afin qu'il soit adapté aux grandes lignes de l'économie libérale et aux dispositions du commerce international. « Certains pays de la région sont toutefois appelés à doubler d'efforts à ce niveau », a-t-il ajouté, en allusion notamment à la Syrie, « qui est à l'heure actuelle sous la loupe de notre société, vu le potentiel qui y existe, notamment au niveau des infrastructures ».
M. al-Kudsi a enfin nié avoir procédé à un changement du nom en raison des pertes encourues par la compagnie. « Certes, nous avons été affectés par la crise, mais comparativement à d'autres sociétés d'investissements dans la région ou dans le monde, nous sommes beaucoup moins lésés », a-t-il assuré.
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