Le sort d'Opel, la filiale européenne de GM, et de ses dizaines de milliers d'emplois pourrait être déterminé hier soir lors d'une réunion au plus haut niveau à la chancellerie allemande. Mais la décision sera difficile à prendre, vu la faiblesse des offres de reprise.
Juridiquement, la voie est libre pour une séparation d'entre Opel et General Motors, cette dernière ayant transféré à sa filiale allemande ses usines et ses brevets en Europe, à l'exception de la marque suédoise Saab, a annoncé à l'AFP un des porte-parole d'Opel hier.
Au final, c'est General Motors qui doit choisir le repreneur. Mais le rôle du gouvernement allemand est déterminant, car il va décider à qui il accordera des garanties financières essentielles à la survie d'Opel.
De nombreux pays dans l'UE sont aussi concernés par le sort d'Opel dont les usines sont implantées, outre l'Allemagne, en Belgique, au Royaume-Uni, en Espagne et en Pologne. Une réunion ministérielle européenne de « coordination » devrait se tenir à ce sujet vendredi après-midi, a indiqué un diplomate européen.
Le candidat en tête pour la reprise d'Opel est l'équipementier canadien Magna adossé à la banque semi-publique russe Sberbank. Il bénéficie d'une image plus sociale que Fiat, autre candidat à la reprise, soupçonné de vouloir supprimer davantage d'emplois. Toutefois, cette image plus sociale a été écornée hier par le quotidien financier allemand Handesblatt qui a jugé l'offre de Magna insuffisante.
Dans son offre de reprise, le constructeur italien propose de son côté de regrouper les activités européennes et sud-américaines de GM avec Chrysler dont il détient 20 % du capital pour créer le deuxième groupe automobile mondial derrière le japonais Toyota.
Un troisième repreneur est également en lice, la holding RHJ Internationale, mais ce candidat très discret apparaît hors-jeu.
Un quatrième candidat venant de Chine s'est in extremis déclaré intéressé par Opel. Le groupe chinois Beijing Automotive Industry Holding (BAIC) vient de manifester son « intérêt » pour Opel, mais son projet est jugé « nettement moins détaillé » par le ministère de l'Économie allemand interrogé par l'AFP. Il ne ferait « que trois pages », selon des sources d'entreprise.
L'avenir du groupe suédois Saab dont le propriétaire est également GM est aussi sur la sellette.
Ce groupe mis sur le marché par GM dans un processus de vente distinct d'Opel intéresse Fiat, qui vient de se porter hier officiellement acquéreur de Saab.
Si Opel et Saab sont repris, le sort de leur maison mère est en revanche plus inquiétant après l'annonce mardi de l'échec de la restructuration de sa dette obligataire qui n'a pas recueilli l'accueil escompté auprès des créanciers.
La restructuration de 27,2 milliards de dette non garantie était l'une des conditions posées par le Trésor américain pour éviter à GM un dépôt de bilan. L'échéance, pour ce faire, reste fixée au 1er juin.
Alors que GM se débat avec sa dette, le sort de Chrysler, un des trois constructeurs automobiles américains, est également en suspens. Une audience cruciale pour Chrysler a débuté hier au tribunal des faillites de New York, à l'issue de laquelle le plan de restructuration du groupe pourrait être validé.

