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À l'ALBA
Parallèlement à l'exposition qui aura lieu à l'ALBA et qui propose de raconter le maestro Luchino Visconti, grand artiste inspiré et homme de culture dont l'œuvre a fortement inspiré le cinéma italien, voici Visconti en quelques films et repères (à 19h30). Celui qui transforma les œuvres littéraires en véritables œuvres cinématographiques devenues classiques.

Lundi 4 mai
Le Guépard (1963) 
Avec Burt Lancaster, Alain Delon et Claudia Cardinale.
Fidèle adaptation d'un roman écrit en 1957 par Giuseppe Tomasi, Le Guépard est une des œuvres les plus ambitieuses jamais réalisées pour le cinéma. Malgré une rafale de récompenses à travers le monde (dont la Palme d'or à Cannes en 1963 et une nomination aux Oscars dans la catégorie des meilleurs costumes), le film de Luchino Visconti ne reçut pas, en son temps, l'accueil qu'il mérite.
Certains y voyaient là un esthétisme et un classicisme exagérés. La fresque est gigantesque car, à travers l'histoire d'un homme, c'est le déclin de l'aristocratie et l'avènement de la bourgeoisie qui sont décrits avec beaucoup de justesse, de raffinement et de modernisme. Un budget de 3 milliards de lires, un tournage en Sicile (à Palerme, entre autres) et un riche casting donnent à ce film une grande maîtrise artistique et une grande pureté cinématographique. Des costumes aux décors somptueux, en passant par la musique et la mise en scène. Sans parler d'un scénario jouant entre la nostalgie des temps révolus et l'espoir d'un avenir incertain.

Mardi 5 mai
La terre tremble (1948)
Avec les pêcheurs d'Aci Trezza.
 Deuxième long-métrage réalisé par le cinéaste après Ossessione, La terra trema, qui peut également être vu comme l'un des manifestes du néoréalisme, est avant tout un film politique. S'il narre l'échec d'une ambition légitime, celle d'Antonio Valastro, frère aîné d'une famille de pêcheurs poussant les siens à hypothéquer leur modique bien, une maison, pour s'installer à leur compte et ne plus être exploités par des grossistes malhonnêtes et profiteurs, le film aboutit avec finesse et non par démonstration sur l'idéal communiste.

Mercredi 6 mai
Bellissima (1951)
Avec Anna Magnani et Walter Chiari.
 Anna Magnani en « mama romaine » qui remue ciel et terre pour que sa fille soit choisie pour être la vedette d'un film. On sait qu'on a à faire à la Magnani, exubérante et gestuelle. Mais à travers ce portrait de femme que le maître brosse, c'est toute l'Italie d'après-guerre, énergique et volontaire qui est dépeinte.
 
Jeudi 7 mai 
Ludwig, ou le crépuscule des dieux (1972)
Avec Helmut Berger, Romy Schneider et Trevor Howard. 
C'est l'univers baroque et fastueux de Louis II de Bavière qui est brossé dans cette œuvre cinématographique traversée par de merveilleux moments musicaux.  En 1864, le jeune monarque est âgé de 19 ans lorsqu'il monte sur le trône. Dédaignant la politique pour la musique, il rencontre Richard Wagner à qui il voue une admiration sans bornes. En 1867, conscient de son homosexualité refoulée et déçu par Wagner, il rompt ses fiançailles avec Sophie de Bavière. Son comportement inquiète le peuple ainsi que sa folie architecturale qui vide les coffres du trésor. Sa santé mentale empirant, on tente de le faire interner. Le 13 juin 1886, on retrouvera le roi et le docteur Gudden noyés dans le lac de Berg.

Vendredi 8 mai
Mort à Venise (1971)
Avec Dirk Bogarde. 
Ce film est l'un des chefs-d'œuvre du 7e art. Lumineux, complexe et dépouillé, il illustre la volonté artistique d'un cinéaste qui s'est toujours référé dans son travail à l'adaptation littéraire tout en créant un univers qui lui est propre.
Thomas Mann fit la lecture de Schopenhauer à l'âge de vingt ans. Ce fut pour lui une saisissante révélation. « De ce jour, il admit le pessimisme foncier qui voit la vie cruelle et le monde mauvais, et qui s'enivre des mélodies de la mort et de la fascination du néant », écrit Geneviève Bianquis.
En 1913, il produit une petite nouvelle : La mort à Venise. Le personnage principal est un romancier dont le caractère lui ressemble beaucoup, à l'énergie triste et qui connaît la fascination mortelle que peut exercer la beauté physique.
Ainsi, Gustav Von Aschenbach est un homme passif, saisi soudainement par une passion folle et fatale lorsque, sur la plage du Lido, paraît un gracieux adolescent polonais, Tadzio. À Venise, en même temps, le Sirocco souffle la mort. Béat de contemplation, Aschenbach ne voit pas que le Grand Hôtel Des Bains, dans lequel il séjourne, se dépeuple face aux dangers d'une épidémie de choléra. Et c'est dans un dernier sourire qu'il meurt en admirant une fois encore l'enfant face à la mer.
En 1970, époque où Visconti considère le « monde d'aujourd'hui laid, si gris, et le monde à venir horrible, ignoble », il prépare l'adaptation de la nouvelle de Thomas Mann, un auteur dont il n'ignorait rien et qu'il rencontra en 1951.
« L'histoire est essentiellement une histoire de mort, mort considérée comme une force de séduction et d'immortalité, une histoire sur le désir de la mort. Cependant, le problème qui m'intéressait surtout était celui de l'ambiguïté de l'artiste, la tragédie de la maîtrise de son art. La passion comme désordre et dégradation était le vrai sujet de ma fiction. Ce que je voulais raconter à l'origine n'avait rien d'homosexuel ; c'était l'histoire du dernier amour de Goethe, à soixante-dix ans, pour une jeune fille de Marienbad : une histoire méchante, belle, grotesque, dérangeante qui est devenue La mort à Venise. À cela s'est ajoutée l'expérience de ce voyage lyrique et personnel qui m'a décidé à pousser les choses à l'extrême en introduisant le thème de l'amour interdit. »
De plus, par le rythme très lent des images, par le caractère formel de celles-ci, comprenant aussi bien des vues de Venise, toutes tournées à l'aube, que les admirables décors, les objets, les costumes de début de siècle, des plans dépouillés et stylisés de la plage, de la mer, Visconti nous convie fortement à la contemplation esthétique.

À l'IESAV
En  coopération avec le Goethe Institut, l'Iesav présente un cycle de films allemands qui s'étendra tout au long du mois de mai.
The Edukators,
de Hans Weingartner

Allemagne, 2003, 127
minutes.
Avec Daniel Brühl, Julia Jentsch et Stipe Erceg.
Jan, Peter et Jule sont trois jeunes en pleine rébellion, unis par leur volonté de changer l’état du monde. La nuit, Jan et Peter forment The Edukators, de mystérieux activistes qui s’infiltrent dans de riches villas pour avertir leurs propriétaires que « les années de vaches grasses sont révolues ». Tout se complique lorsque Jule, la petite amie de Peter, tombe amoureuse de Jan et les entraîne accidentellement dans un kidnapping.

Lundi 4 mai à 20h30

 

À l’ESA
Un cycle signé Ettore Scola. 

Nous nous sommes tant aimés,
d’Ettore Scola


Avec Nino Manfredi et Vittorio Gassman.
 Italie 1944. Gianni, Nicola et Antonio se lient d’amitié alors qu’ils ont pris le maquis pour combattre les Allemands. À l’heure de la libération, les voici prêts à faire la révolution, mais la vie les sépare alors qu’on célèbre la chute du régime fasciste et l’avènement de la République. Tous trois, à des périodes différentes, vont avoir une aventure avec Luciana. Par hasard, tous trois se rencontrent, mais la communication entre eux est devenue bien différente de celle de leur jeunesse : « Nous voulions changer le monde, mais le monde nous a changés ! » déclare l’un des protagonistes.

Mardi 5 mai, 20h30

À l'ALBA Parallèlement à l'exposition qui aura lieu à l'ALBA et qui propose de raconter le maestro Luchino Visconti, grand artiste inspiré et homme de culture dont l'œuvre a fortement inspiré le cinéma italien, voici Visconti en quelques films et repères (à 19h30). Celui qui transforma les œuvres littéraires en véritables œuvres cinématographiques devenues classiques. Lundi 4 maiLe Guépard (1963)  Avec Burt Lancaster, Alain Delon et Claudia Cardinale.Fidèle adaptation d'un roman écrit en 1957 par Giuseppe Tomasi, Le Guépard est une des œuvres les plus ambitieuses jamais réalisées pour le cinéma. Malgré une rafale de récompenses à travers le monde (dont la...
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