Selon toute logique, Jacob Zuma, le chef de l'ANC qui vient de bénéficier d'un abandon de poursuites pour corruption à son encontre, devrait être élu président de la République pour un mandat de cinq ans, lors d'une séance extraordinaire du Parlement le 6 mai. Les déboires judiciaires de cet autodidacte charismatique de 67 ans et les turbulences liées aux luttes intestines au sein de l'ANC, qui ont culminé avec la démission forcée du président Thabo Mbeki en septembre, n'ont pas découragé les électeurs.
« La participation a été massive » et l'ambiance « pacifique », relevaient hier tous les quotidiens en reproduisant des photos de longues files d'attente qui s'étaient formées la veille devant les bureaux de vote. « Ce sont des images dont nous pouvons tous être fiers (...). Les gens se sont déplacés en masse pour faire entendre leur voix », soulignait The Star.
« La tâche pour Zuma et l'ANC est claire : il y a toujours d'énormes niveaux de pauvreté, de chômage et de criminalité dans notre société (...). C'est l'heure de se retrousser les manches et de se mettre au travail », ajoutait le journal à grand tirage. Depuis 1994, plus de deux millions de logements sociaux ont été construits, l'eau courante, l'électricité et des sanitaires décents installés dans de nombreux quartiers. Mais des millions de personnes, surtout dans la majorité noire, habitent toujours dans des bidonvilles. Le gouvernement a également échoué à résorber une criminalité record, responsable de 50 homicides par jour, et à freiner la propagation du virus du sida, qui a infecté 5,5 des 48 millions de Sud-Africains.


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