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Nos lecteurs ont la parole

À propos de « Valse avec Bachir »

Michèle AOUN
Je me demandais pourquoi ce film avait été interdit au Liban. Ce n'est pas parce qu'il a été (excellemment bien) réalisé par un Israélien, mais parce que c'est un documentaire qui relate la vérité sur les massacres de Sabra et Chatila.
Nous savons tous qui a perpétré cette boucherie ; ce n'est un secret pour personne. Le film relate l'histoire pathétique d'un soldat israélien traumatisé par la guerre menée par Israël contre le Liban en 1982. Eh bien oui, cet homme est un être humain, un combattant qui a été obligé de risquer sa vie pour sa patrie et qui est resté traumatisé à cause des horreurs dont il a été témoin.
Une scène récurrente dans le film montre ce soldat - qui a perdu la mémoire depuis et qui cherche à comprendre ce qui s'est réellement passé, et ce à travers des interviews recueillies ici et là - en train de nager dans la mer avec ses deux amis. Soudain, ils voient tous les trois le ciel devenir rouge au-dessus de Beyrouth. Ils sortent de l'eau, se rhabillent hâtivement pour voir ce qui se passe. C'est le massacre des réfugiés palestiniens du camp de Sabra et Chatila qui vient de commencer et les soldats israéliens avaient voulu « voir » ce qui se passait, en lançant dans le ciel des fusées éclairantes. Inutile de décrire l'horreur des photos (réelles, tirées des archives de la presse) accompagnées par les cris des femmes en pleurs... Ce moment indescriptible est d'ailleurs le seul instant du film où les images sont réelles, s'agissant d'un film d'animation (un chef-d'œuvre, avec une musique de fond superbe).
Quant à la fameuse valse avec Bachir, celle où le soldat commence à tirer dans tous les sens contre un ennemi invisible, avec pour toile de fond la gigantesque photo de Bachir Gemayel qui tournoie avec lui, c'est une vraie valse avec la mort, un moment unique qui montre tout le désarroi du soldat en question et qui nous rappelle, amèrement, tous les désarrois de tous ceux, de tous bords, qui ont combattu pendant la guerre du Liban.
De plus, ce film est un message de paix d'un soldat israélien adressé à son pire ennemi, le peuple palestinien, puisque le réalisateur décrit la réalité des faits et compatit avec les Palestiniens, le tout à travers un nouveau et merveilleux langage cinématographique.
Messieurs de la Sûreté générale, pourquoi censurer ce film au Liban ? Laissez les Libanais voir la réalité et apprécier le talent d'un réalisateur, même israélien. Ouvrez votre esprit et votre cœur et cessez de nous berner. Pire : cessez de vous mentir à vous-mêmes.

Michèle AOUN
Je me demandais pourquoi ce film avait été interdit au Liban. Ce n'est pas parce qu'il a été (excellemment bien) réalisé par un Israélien, mais parce que c'est un documentaire qui relate la vérité sur les massacres de Sabra et Chatila.Nous savons tous qui a perpétré cette boucherie ; ce n'est un secret pour personne. Le film relate l'histoire pathétique d'un soldat israélien traumatisé par la guerre menée par Israël contre le Liban en 1982. Eh bien oui, cet homme est un être humain, un combattant qui a été obligé de risquer sa vie pour sa patrie et qui est resté traumatisé à cause des horreurs dont il a été témoin. Une scène récurrente dans le film...
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