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Lifestyle - Hotte D'or

Pour Thomas…

On dit que je suis provocante, provocatrice même. Pas du tout. Je suis consensuelle, lisse, je bêle avec mes sœurs agnelles et je suis d'une complaisance folle comparée à une foule de femmes. Comparée, par exemple, au hasard, à Ségolène Royal. On connaît mes penchants extrêmement féministes, ma capacité à défendre les femmes, toutes les femmes, leurs droits, leurs privilèges, l'égalité des sexes et bla bla bla... Mais là, elle a fait très fort, ma Bécassine - je suis un peu ennuyée, moi-même, et ne voilà-t-il pas mon cheminement existentiel soudainement chamboulé par une question structuraliste, cornélienne : puis-je, dois-je défendre mon amie Ségo après ses neuf cent douze pardons distribués comme autant de bulles papales aux quatre coins de la planète, de Dakar à Madrid ? C'est vrai qu'elle est très agaçante, ma Ségo, à constamment jouer les parangons de la vertu et les Yvonne de Gaulle poitevines ; à constamment vouloir briser le système ; constamment en campagne présidentielle ; constamment obsédée par Nicolas, à tel point que la Bruni va sérieusement commencer à se poser des questions sur les racines de cet amour vache ; constamment overreacting, ma Ségo. C'est vrai qu'elle agace, qu'elle irrite, qu'elle indispose - il paraît que Martine Aubry (il lui faut impérativement un relookage, elle...) aurait formellement interdit l'usage de l'adverbe royalement rue de Solférino... Mais je conteste. Je proteste : Ségolène Royal n'est pas que sotte. Ségolène Royal a beaucoup de choses pour elle. Elle est belle (et elle vote quand même toute seule, sans qu'on le lui demande ou qu'on ne l'oriente -, cela devrait inspirer les annonceurs de la campagne de Michel Aoun), elle n'a pas peur du ridicule, elle a fait du Dati avant la Dati herself, elle sait se laisser aller au soleil de quelque île au sable blanc, joli monsieur post-François à portée de doigts et coupette de Veuve Clicquot pas loin non plus. Elle a beaucoup de choses pour elle, ma Ségo : elle fonce, petit taureau en tailleur-pantalon blanc dégriffé et dessous Chantal Thomas (tout de même...), elle rentre dans tous les murs, mais pourvu qu'elle s'y cogne, elle est résiliente, la louloutte, et puis, quelqu'un qui n'aime pas à ce point Nicolas Sarkozy ne peut pas être foncièrement désagréable. J'avoue que cette propension à demander pardon au nom de la France finit par devenir un tantinet grotesque - le bon Jean-Christophe Cambadélis remarquant à bon escient que si Ségo doit s'excuser à chaque fois que Sarkozy fait une boulette, elle va passer sa vie à genoux. Néanmoins, il s'y trouve cachée quelque part une dimension mystique : Ségolène Royal présente ses excuses au monde d'une façon on ne peut plus démiurgique et, à défaut d'être messianique, elle est drôle, ce qui n'est pas donné à tout le monde. En sus, elle a un énorme point à mettre à son crédit : à peine âgé d'une vingtaine d'années, beau comme un Apollon de la Corrèze, la tête bien pleine, le muscle doux, un sourire à faire fondre une porte de prison, il suffit de regarder pendant quelque seconde une photo de son fils Thomas Hollande pour tout lui... pardonner - il est réellement très joli, ce petit Thomas, miam miam.
On dit que je suis provocante, provocatrice même. Pas du tout. Je suis consensuelle, lisse, je bêle avec mes sœurs agnelles et je suis d'une complaisance folle comparée à une foule de femmes. Comparée, par exemple, au hasard, à Ségolène Royal. On connaît mes penchants extrêmement féministes, ma capacité à défendre les femmes, toutes les femmes, leurs droits, leurs privilèges, l'égalité des sexes et bla bla bla... Mais là, elle a fait très fort, ma Bécassine - je suis un peu ennuyée, moi-même, et ne voilà-t-il pas mon cheminement existentiel soudainement chamboulé par une question structuraliste, cornélienne : puis-je, dois-je défendre mon amie...
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