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Économie - Transport

L’UE se méfie des alliances de compagnies aériennes

Bruxelles a ouvert deux enquêtes sur certains membres des partenariats Star Alliance et OneWorld.
Les alliances entre compagnies aériennes se font-elles au détriment des consommateurs ? Bruxelles, qui a des soupçons concernant les vols transatlantiques, a ouvert hier deux enquêtes sur certains membres des partenariats Star Alliance et OneWorld.
La première enquête, sur Star Alliance, concerne la compagnie chef de file allemande Lufthansa, Air Canada et les américaines Continental et United. La seconde, chez OneWorld, vise là encore la chef de file British Airways, ainsi que l'espagnole Iberia et American Airlines.
« Nous pensons qu'il pourrait y avoir des violations des règles de la concurrence à cause des niveaux très importants de coopération sur les vols transatlantiques », a indiqué un porte-parole de la Commission européenne, Jonathan Todd.
Le ciel mondial se structure en trois grandes alliances : Star Alliance créée en 1997 autour de Lufthansa, OneWorld établie en 1999 autour de British Airways, et la dernière née SkyTeam lancée en 2000 autour d'Air France.
Les consommateurs les connaissent surtout pour leurs programmes de fidélité, qui leur permettent de collecter des points à chaque voyage avec la promesse à terme de billets gratuits.
Pour les compagnies, participer à une alliance signifie aussi des horaires adaptés pour faciliter les correspondances avec des vols de partenaires, ou du « partage de code », la possibilité de vendre des sièges en son nom dans des avions d'autres transporteurs.
Mais les compagnies visées par les enquêtes européennes ont déjà, ou envisagent, un « niveau de coopération (...) beaucoup plus large » qu'avec leurs autres partenaires, s'inquiète la Commission. Elle note une gestion commune des plans de vols, des capacités et des prix, ainsi qu'une vente indifférenciée des places et un partage des revenus.
« Nous n'avons pas de problème avec les alliances en tant que telles, nous reconnaissons qu'elles peuvent avoir des bénéfices pour les consommateurs, mais nous devons nous assurer que la coopération n'est pas poussée au point de faire souffrir les consommateurs », a souligné devant la presse Jonathan Todd.
« Ce que nous regardons ici, ce n'est pas le niveau des prix, mais la concertation entre les compagnies sur les prix », a-t-il expliqué, rappelant que « tout type d'entente sur les prix est potentiellement une violation des règles européennes, à moins qu'il y ait des bénéfices clairs pour les consommateurs ».
Si l'infraction est avérée, avant d'imposer des mesures correctrices ou une amende pouvant atteindre 10 % du chiffre d'affaires mondial des coupables, Bruxelles tiendra compte « de la compensation éventuelle des effets négatifs de la coopération par des bénéfices pour les consommateurs ».
Un argument de ce type a justifié l'octroi provisoire par les autorités américaines d'une « immunité antitrust » à l'alliance entre United, Continental, Air Canada et Lufthansa. Un porte-parole de cette dernière a qualifié de « procédure normale » l'enquête de Bruxelles, assurant avoir « des échanges constructifs » avec la Commission.
Il n'y a certes « pas de preuves concluantes » pour l'instant, mais « ouvrir une enquête antitrust n'est pas de la routine. Nous ne le ferions pas sans bonnes raisons », a rétorqué Jonathan Todd.
Le secteur aérien, qui a connu une intense consolidation ces dernières années, a déjà fait l'objet de beaucoup d'attentions de Bruxelles.
Récemment, la Commission a ouvert une enquête approfondie sur la privatisation d'Austrian Airlines, exprimant « des doutes » sur le prix payé par Lufthansa.
Une enquête est aussi en cours sur un autre projet d'achat de Lufthansa, celui de la compagnie aérienne belge Brussels Airlines : Bruxelles s'inquiète pour la concurrence sur plusieurs lignes entre la Belgique, l'Allemagne et la Suisse.
Les alliances entre compagnies aériennes se font-elles au détriment des consommateurs ? Bruxelles, qui a des soupçons concernant les vols transatlantiques, a ouvert hier deux enquêtes sur certains membres des partenariats Star Alliance et OneWorld.La première enquête, sur Star Alliance, concerne la compagnie chef de file allemande Lufthansa, Air Canada et les américaines Continental et United. La seconde, chez OneWorld, vise là encore la chef de file British Airways, ainsi que l'espagnole Iberia et American Airlines.« Nous pensons qu'il pourrait y avoir des violations des règles de la concurrence à cause des niveaux très importants de coopération sur les vols transatlantiques », a indiqué un porte-parole de la Commission...
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