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Économie - Analyse

La Grèce mise sur son économie parallèle pour parer à la crise

Malgré les prévisions d'un fort recul de sa croissance, proche de zéro pour 2009, la Grèce résiste « encore » à la crise grâce à une économie parallèle florissante et à la croissance élevée des années précédentes, s'accordent les analystes.
Dopée par l'un des taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) les plus élevés dans la zone euro ces cinq dernières années (de l'ordre de +4 %), la Grèce va afficher en 2009 une croissance zéro, selon l'un des scénarios les plus pessimistes jusqu'ici, publié la semaine dernière par la Banque de Grèce.
Le gouvernement avait révisé en janvier à la baisse la croissance pour 2009 à 1,1 %, contre 2,7 % initialement prévu dans le budget de l'État, tandis que la Commission européenne tablait sur 0,3 %.
« C'est vrai que les répercussions de la crise sont apparentes et la situation est difficile, mais l'économie souterraine peut encore jouer le rôle de planche de salut », a affirmé à l'AFP Manos Hatzidakis, analyste de la société financière Pigassos.
L'économie parallèle du pays est évaluée à 28 % du PIB par la Banque mondiale, les secteurs qui en profitent traditionnellement sont les professions libérales (techniciens, médecins, avocats ou entrepreneurs), mais aussi les petites et moyennes entreprises (PME) et la construction.
C'est cette économie parallèle dont s'est servi en 2006 le gouvernement grec pour procéder au changement du mode de calcul du PIB et le doper à l'époque d'environ 10%, révisant entre autres la participation du secteur de la construction, très important dans le pays.
« Près de 35 % des Grecs sont des non-salariés, ayant parfois deux occupations non déclarées officiellement, échappant ainsi à l'imposition » et permettant la survie ou l'enrichissement de certaines catégories de la population, explique Michalis Massourakis, chef du département des analyses d'Alpha Bank, numéro deux du secteur bancaire grec.
Pour sa part, Georges Sfakianakis, chef du Conseil des experts du ministère de l'Économie, explique qu'une autre caractéristique de l'économie grecque est le fait qu'il s'agit « d'une économie fermée, une faiblesse pendant les périodes normales, mais qui peut la protéger lors d'une crise comme l'actuelle ».
Dépourvue d'industrie lourde qui subit le plus la crise mondiale, l'économie grecque repose principalement sur les services (tourisme et marine marchande) et les PME.
Athènes aspire à une reprise prochaine du secteur de la marine marchande, moteur essentiel de son économie, où « la récession ne peut pas durer longtemps », selon M. Hatzidakis.
Mais le tourisme, qui contribue à 18 % au PIB, et la hausse du chômage que ce secteur pourrait engendrer restent un casse-tête pour le gouvernement.
Les voyagistes prévoient une chute de 20 % du nombre de touristes en 2009 tandis que le gouverneur de la Banque de Grèce, Georges Provopoulos, table sur une augmentation d'au moins 0,5 % du chômage (près de 8 % en 2008), soulignant que les salariés seront les plus affectés.
Cependant, pour lui, la reprise de l'économie dépend principalement de « la baisse du déficit public », et cette baisse « ne sera pas possible sans la lutte contre l'immense évasion fiscale, la restriction du gaspillage et des dépenses publiques », souligne-t-il.
L'équipe au pouvoir fait face à une très lourde dette publique (93,1 % du PIB en 2008) et à un déficit de 3,7 % en 2008. La Grèce est parmi les six pays de la zone euro contre lesquels Bruxelles a récemment ouvert une procédure pour déficits excessifs.
Malgré les prévisions d'un fort recul de sa croissance, proche de zéro pour 2009, la Grèce résiste « encore » à la crise grâce à une économie parallèle florissante et à la croissance élevée des années précédentes, s'accordent les analystes.Dopée par l'un des taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) les plus élevés dans la zone euro ces cinq dernières années (de l'ordre de +4 %), la Grèce va afficher en 2009 une croissance zéro, selon l'un des scénarios les plus pessimistes jusqu'ici, publié la semaine dernière par la Banque de Grèce.Le gouvernement avait révisé en janvier à la baisse la...
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