« L'ambition du Conseil des droits de l'homme est de disposer d'un rapport qui reflète fidèlement les évènements, et cela nécessite de prendre en compte toutes les violations », a déclaré hier son président, Martin Ihoeghian Uhomoibhi. De son côté, M. Goldstone a confirmé que sa mission « prendra en compte toutes les violations commises à la fois en Israël, à Gaza et dans les territoires occupés ». Le 12 janvier, le Conseil des droits de l'homme, réuni en session extraordinaire sur le conflit à Gaza, avait décidé la création d'une « mission d'établissement des faits » sur les violations « commises par la puissance occupante Israël contre le peuple palestinien ». Adoptée par 33 voix contre 1, la résolution avait suscité l'abstention de 13 membres du Conseil, essentiellement occidentaux, qui la jugeaient déséquilibrée, car ne couvrant pas les tirs de roquettes palestiniennes sur les civils dans le sud d'Israël. M. Goldstone a admis « qu'en tant que juif », cela avait été un « choc » de recevoir une invitation à diriger cette mission, qui comprendra en outre la Britannique Christine Chinkin, spécialiste de droit international, la Pakistanaise Hina Jilani, juge à la Cour suprême du Pakistan et ancienne experte de l'ONU pour les droits de l'homme, et un colonel irlandais à la retraite, Desmond Travers. « Cela ajoute évidemment à la dimension d'ensemble. Cela étant dit, je pense être capable de m'acquitter de ma tâche imposante d'une manière équilibrée et impartiale », a-t-il commenté. Il a reconnu que la décision n'avait « pas été facile » à prendre et qu'il lui avait fallu « plusieurs jours et même quelques nuits d'insomnie » avant d'accepter la mission.
Dans une déclaration, l'ambassadeur de Palestine auprès de l'ONU à Genève, Ibrahim Kraishi, a « accueilli favorablement » la désignation de M. Goldstone et de son équipe. De son côté, Israël a dénoncé l'enquête de l'ONU. « Ceci n'est pas une tentative de connaître la vérité, mais de nuire à la réputation d'Israël et de se joindre aux efforts déployés par certains pays pour diaboliser Israël », a déclaré à l'AFP le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Yigal Palmor.

