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Liban - Élections 2009 : Les Circonscriptions À La Loupe

Vers une rude bataille électorale à Saïda


Tout semble indiquer que la circonscription de Saïda, séparée de son voisinage par le découpage électoral prévu à Doha, se dirige vers une rude bataille électorale et que toute entente dans la ville entre 14 Mars et 8 Mars est peu probable. Pourtant, le président de la Chambre, Nabih Berry, a œuvré en coulisses, au cours des dernières semaines, pour un compromis qui conduirait à l'élection - d'office, de préférence - de Bahia Hariri et d'Oussama Saad, actuels députés de la ville, indique-t-on de source bien informée. Le chef du mouvement Amal estime en effet que Saïda, ville sunnite et « capitale du Sud » à dominante chiite, « ne doit pas être isolée de son entourage et doit continuer à être un bastion de pluralité ».
C'est un discours similaire que tient, dans un entretien avec L'Orient-Le Jour, le président du conseil municipal de Saïda, notable bien en vue dans la ville et allié du 8 Mars, Abdel-Rahmane el-Bizri. « Saïda est la capitale du Sud chiite et de la diaspora palestinienne, affirme-t-il. Dynamiser le rôle de la ville permettra de ressusciter sa banlieue est. Il faut à tout prix que Saïda demeure une ville de diversité. »
Abdel-Rahmane Bizri va même au-delà des positions de Nabih Berry en déplorant le fait que Saïda ait été séparée de son entourage par le découpage de la loi de 1960, auquel ses alliés ont adhéré. « Le caza de Saïda (comprenant aussi la circonscription de Zahrani) compte 40 % d'électeurs chiites, 35 % de sunnites et 25 % de chrétiens, dont 40 % de maronites et 60 % de catholiques, souligne-t-il. Séparée de son entourage, la ville compte 80 % d'électeurs sunnites, ce qui accorde un avantage sérieux au 14 Mars. L'opposition n'aurait pas dû accepter cela. »
Le président du conseil municipal formule également d'autres griefs à l'égard de ses alliés. « L'opposition a accepté que les présidents des conseils municipaux des chefs-lieux de mohafazat ne puissent pas postuler à la députation s'ils ne démissionnent pas deux ans avant les élections, affirme-t-il. Cette mesure a été spécialement prévue pour m'exclure de la bataille électorale. Et mes alliés ne m'ont pas défendu. Si la loi me le permettait, je me serais porté candidat aux côtés d'Oussama Saad. Sauf que ce n'est pas le cas. L'opposition a choisi de présenter un seul candidat à Saïda, à savoir Oussama Saad que je soutiens totalement. L'initiative est aujourd'hui entre les mains du 14 Mars. S'ils veulent épargner à la ville les tensions d'une bataille électorale à tout rompre, ils devraient présenter une seule candidate : Bahia Hariri. C'est ce que nous préférons. »

L'impossible compromis
Or il semble que cette option soit aujourd'hui inenvisageable. Signe de l'échec des efforts de Nabih Berry, Oussama Saad a affirmé dimanche qu' « il n'est pas question d'entente avec le 14 Mars à Saïda ».
De plus, la députée Bahia Hariri, qui n'a pas voulu répondre à nos questions avant le 7 avril, date-butoir pour les dépôts des candidatures, a affirmé devant ses visiteurs que « la bataille électorale à Saïda est inéluctable » et que « tout compromis est impossible », aux dires de sources proches du Courant du futur. « Pour Bahia Hariri, le 7 juin doit constituer la meilleure réponse au 7 mai 2008», ajoutent ces sources.

Le second candidat de la majorité
À la lumière de ces affirmations, il est évident que la majorité devrait présenter un second candidat aux côtés de Bahia Hariri. Mais qui sera ce candidat ?
D'aucuns estiment qu'il pourrait s'agir du haut cadre de la Jamaa islamiyya, Ali Cheikh Ammar, qui a déjà annoncé sa candidature à Saïda. Ce dernier semble d'ailleurs très favorable à une alliance avec le Courant du futur, comme le montrent les propos qu'il a tenus dans un entretien avec L'Orient-Le Jour. « Nous collaborons (avec la formation haririenne) depuis les municipales de 1998, affirme-t-il. Nos publics respectifs à Saïda sont très proches l'un de l'autre et souhaitent une collaboration entre nous. Nous n'avons aucun problème à former une liste commune avec Bahia Hariri. »
« Certaines parties laissent planer la menace de troubles sécuritaires à Saïda si nous nous allions avec le Courant du futur, souligne-t-il également. Elles veulent terroriser les électeurs en provoquant des incidents et en protégeant des individus armés qui agressent la population. Les agresseurs sont arrêtés pendant un ou deux jours puis relâchés grâce au soutien dont ils profitent. Il reste que nous nous en remettons à l'État et que Saïda est une ville paisible. Nous poursuivons donc le dialogue avec le Courant du futur et nous nous sommes entendus sur la nécessité de nous entendre. »
Sauf qu'il semble qu'une alliance entre le Courant du futur et la Jamaa islamiyya soit peu probable à Saïda dans le contexte actuel. Une source politique affirme à cet égard que « l'Arabie saoudite veut que la Jamaa islamiyya obtienne un seul siège parlementaire, mais pas à Saïda ».

Siniora candidat ?
Par ailleurs, bien que des milieux proches du Premier ministre affirment que ce dernier « ne semble pas près de se porter candidat », la source politique précitée indique que la candidature de Fouad Siniora à Saïda est « sérieusement envisageable ». « Bahia Hariri ne cesse de rendre hommage à Fouad Siniora lors de ses rencontres avec les délégations populaires à Saïda, précise-t-elle. C'est un indice clair que sa candidature est très possible, voire probable. Toujours est-il que les Hariri attendent la décision de Fouad Siniora avant d'agir. »
En prévision d'un éventuel refus du chef du gouvernement, le Courant du futur a sélectionné quatre de ses partisans qu'il a informés que l'un d'eux pourrait être son second candidat à Saïda, affirme de son côté une source proche de la formation haririenne. « Il a même été demandé à ces quatre personnes de commencer à préparer les documents nécessaires à leurs dossiers de candidature, conclut cette source. Mais tout reste provisoire jusqu'à la semaine du 7 au 14 avril. »

* * *

Nombre d'électeurs par confession dans la circonscription de Saïda

Sunnites : 43 185
Chiites : 4 632
Grecs-catholiques : 1 744
Maronites : 1 293
Minorités : 204
Grecs-orthodoxes : 181
Arméniens orthodoxes : 158
Protestants : 96
Druzes : 33
Arméniens catholiques : 23.
Tout semble indiquer que la circonscription de Saïda, séparée de son voisinage par le découpage électoral prévu à Doha, se dirige vers une rude bataille électorale et que toute entente dans la ville entre 14 Mars et 8 Mars est peu probable. Pourtant, le président de la Chambre, Nabih Berry, a œuvré en coulisses, au cours des dernières semaines, pour un compromis qui conduirait à l'élection - d'office, de préférence - de Bahia Hariri et d'Oussama Saad, actuels députés de la ville, indique-t-on de source bien informée. Le chef du mouvement Amal estime en effet que Saïda, ville sunnite et « capitale du Sud » à dominante chiite, « ne doit pas être isolée de...
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