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Économie - France

Face au tollé, Paris limite les revenus des patrons

Fillon interdit aux entreprises bénéficiant d'aides de l'État d'attribuer des stock-options ou des actions gratuites à leurs dirigeants.
Le gouvernement français a décidé hier de s'attaquer aux rémunérations des patrons des entreprises secourues par l'État, à la suite de plusieurs scandales retentissants, mais sans convaincre les syndicats et l'opposition de gauche.
Le Premier ministre François Fillon a présenté un décret qui interdit aux entreprises bénéficiant d'aides de l'État d'attribuer des stock-options ou des actions gratuites à leurs dirigeants. Ce texte, applicable dès aujourd'hui et jusque fin 2010, encadre aussi l'octroi de bonus, voire les interdit en cas « d'importants licenciements », a-t-il dit.
« Nous nous donnons les moyens de l'exemplarité en matière de rémunération des dirigeants », a déclaré le Premier ministre François Fillon.
Les « entreprises aidées » par l'État sont essentiellement les grandes banques et les constructeurs automobiles.
Les « parts variables » des rémunérations des dirigeants des entreprises publiques, c'est-à-dire leurs bonus, ainsi que leurs indemnités de départ seront également encadrées jusque fin 2010, a également annoncé François Fillon.
Le Premier ministre a fustigé le « comportement irresponsable de quelques-uns », après plusieurs affaires de parachutes dorés, stock-options ou bonus attribués à des dirigeants d'entreprises affaiblies par la crise et secourues par l'État qui ont scandalisé l'opinion ces dernières semaines.
Il a demandé au patronat la mise en place d'un « comité de sages » chargé de veiller à ce que les dirigeants de toutes les entreprises « mettant en œuvre un plan social ou recourant au chômage partiel reconsidèrent l'ensemble de leurs rémunérations ».
« La France est la première place financière importante en Europe à se doter d'un texte réglementaire qui s'applique de manière stricte à l'ensemble des entreprises bénéficiant d'un soutien public exceptionnel dans le cadre de la crise financière », a-t-il souligné.
M. Fillon a toutefois exclu d'encadrer de façon globale les rémunérations patronales, estimant qu'une telle initiative revenait à entrer « dans un autre modèle économique ». « Les patrons échappent à un strict encadrement de leurs revenus », titrait lundi après-midi le journal Le Monde.
Laurence Parisot, présidente de la principale organisation patronale, le Medef, a reconnu qu'il y avait « une légitimité à ce que l'État pose ses conditions aux prêts, aux aides qu'il apporte aux entreprises ».
Elle a cependant estimé que « la loi ne peut pas tout » en matière de rémunération des dirigeants d'entreprise et renvoyé au code éthique mis en place par son organisation, en vigueur depuis le 1er janvier.
Le décret a été jugé insuffisant par les syndicats et la gauche. Le dirigeant du syndicat réformiste CFDT François Chérèque a critiqué sa durée limitée. Le leader de Force ouvrière (FO), Jean-Claude Mailly, a estimé que ces restrictions ne devaient « pas se limiter aux entreprises qui obtiennent le soutien de l'État ». « C'est très, très réducteur », a également estimé Bernard Thibault, de la CGT.
L'opposition socialiste a fustigé un « décret alibi qui ne s'attaque en rien aux racines du mal ». Les mesures « ne concernent que quelques rares dirigeants dans quelques rares entreprises », a affirmé Michel Sapin, secrétaire national du PS à l'Économie, dans un communiqué.
D'autres pays, comme les Pays-Bas, la Suède ou les États-Unis, ont pris ou annoncé des mesures pour encadrer la rémunération des dirigeants de certaines entreprises frappées par la crise.
Le gouvernement français a décidé hier de s'attaquer aux rémunérations des patrons des entreprises secourues par l'État, à la suite de plusieurs scandales retentissants, mais sans convaincre les syndicats et l'opposition de gauche.Le Premier ministre François Fillon a présenté un décret qui interdit aux entreprises bénéficiant d'aides de l'État d'attribuer des stock-options ou des actions gratuites à leurs dirigeants. Ce texte, applicable dès aujourd'hui et jusque fin 2010, encadre aussi l'octroi de bonus, voire les interdit en cas « d'importants licenciements », a-t-il dit.« Nous nous donnons les moyens de l'exemplarité en matière de rémunération des...
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