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Nos lecteurs ont la parole

Réponse à Nicolas Sehnaoui

Par Jean Philippe KHOURY
Je tiens à vous remercier pour l'effort déployé pour essayer de nous convaincre, nous, les nombreux déçus du général Aoun (voir « L'Orient-Le Jour » du jeudi 26 mars 2009).
J'apprécie sincèrement la franchise avec laquelle vous présentez votre argumentaire, qui reste malheureusement peu convaincant, même pour ceux qui ne demandent pas mieux que de continuer à croire en la bonne foi du général.
Je ne pourrais évidemment pas répondre point par point à votre article. Je me contenterai donc d'en relever les grandes lignes. Tout d'abord, je tiens à souligner ma gêne lorsque je vous entends nommer la loi électorale prévalant en 2005 « loi Kanaan », comme si vous cherchiez à en imputer la responsabilité à cette seule personne et à disculper de ce fait le régime syrien dans son ensemble. Subterfuge souvent utilisé par votre leader d'ailleurs. Oui, car en dehors de toute considération politique, c'est bien dans cette fraternisation avec le régime syrien que le bât blesse.  Vous avez le droit de tourner la page aussi facilement avec le régime syrien en prétendant vouloir regarder vers l'avant. Mais cela justifie-t-il pour autant cette débauche d'honneurs faite par la Syrie au général Aoun lors de sa visite en 2008 ? Ces honneurs ne ressemblaient-ils pas plus à une gratification plutôt qu'à une réconciliation ? Fallait-il vraiment que le général remercie publiquement la Syrie pour son
« aide » durant la guerre de juillet 2006 sans rien mentionner des exactions faites durant les 25 années précédentes, ni même parler  des nombreux Libanais toujours détenus en Syrie dans des conditions inhumaines ?
Oui, comment comprendre que, de l'aveu même de votre général lors de son interview du 26 mars 2009 sur la LBCI, le problème des détenus en Syrie n'ait même pas été abordé avec le président Assad ? Pour toute justification, il n'a rien trouvé de mieux que de dire qu'il y a de toute manière « une commission qui s'en occupe » ou, pire encore, qu' « il n'a été au courant de ces détenus qu'une fois exilé en France » comme si le fait d'en avoir été informé « tardivement » enlève quoi que ce soit à sa responsabilité sur ce dossier !
Vous parlez de la réforme promise, « seule capable d'arrêter l'hémorragie de l'émigration qui est le mal dont nous souffrons le plus ». Pourtant, si vous revenez à vos statistiques, vous  verrez que c'est bien en 1989, 1990 et durant l'été 2006 que les vagues d'émigration ont été les plus massives. Curieusement, ces dates coïncident exactement avec les deux guerres destructrices  initiées par votre général et avec celle provoquée par vos alliés du Hezbollah, qui, rappelons-le, ont eux-mêmes mis le feu aux poudres en capturant les deux soldats israéliens, donnant ainsi à notre puissant ennemi tous les justificatifs nécessaires pour mener sa guerre ravageuse.
Quant à vos slogans visant à lutter contre la corruption, croyez-moi, vous gagnerez bien plus de crédibilité en ne vous alliant pas à ceux qui dirigent des régions entières en dehors du contrôle de l'État, ne payant ni taxes ni factures d'électricité, favorisant la contrebande et le piratage, et occupant impunément des terrains privés au défi des lois et du respect d'autrui.
À propos, vous avez bien fait d'anticiper nos réponses. Cela confirme au moins une chose : c'est que, quelque part en votre for intérieur, vous doutez bien de vos propres arguments et de votre pouvoir de conviction. C'est bon signe...
Je tiens à vous remercier pour l'effort déployé pour essayer de nous convaincre, nous, les nombreux déçus du général Aoun (voir « L'Orient-Le Jour » du jeudi 26 mars 2009). J'apprécie sincèrement la franchise avec laquelle vous présentez votre argumentaire, qui reste malheureusement peu convaincant, même pour ceux qui ne demandent pas mieux que de continuer à croire en la bonne foi du général.Je ne pourrais évidemment pas répondre point par point à votre article. Je me contenterai donc d'en relever les grandes lignes. Tout d'abord, je tiens à souligner ma gêne lorsque je vous entends nommer la loi électorale prévalant en 2005 « loi Kanaan », comme si vous cherchiez...
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