Associant les ministères des Affaires étrangères d'Oman et de Singapour, le projet a pour but de recréer un navire sur le modèle d'un bateau que l'on croit omanais et qui a coulé au IXe siècle, ce qui accrédite, selon certains historiens de la mer, la thèse de l'existence d'une route maritime de la soie. L'épave a été découverte en 1998 au large de l'Indonésie et la cargaison, faite de céramiques de la dynastie chinoise Tang, laisse penser qu'il s'agissait d'un vaisseau revenant de Chine.
Le sultanat d'Oman est sensible à tout indice de son passé maritime, au cours duquel ses marins ont sillonné les océans pour explorer les coins les plus reculés d'Asie et coloniser une partie de la côte orientale de l'Afrique, notamment le comptoir de Zanzibar, contrôlé par Oman jusqu'en 1890. C'est la géographie du sultanat, séparé du reste de la péninsule arabique par une barrière naturelle de montagnes, qui l'a amené à se tourner vers le grand large. « Le projet consiste à faire revivre une partie de l'histoire maritime omanaise qui remonte à 2 000 ans », a déclaré à la presse le secrétaire général du ministère omanais des Affaires étrangères, Badr ben Hamad al-Boussaïdi.
Le président de Singapour, S.R. Nathan, s'est rendu sur le chantier durant une visite dans le sultanat à la mi-mars et s'est félicité de l'action des Omanais pour préserver leur héritage culturel. Si le chantier est mené à bien, le « Joyau de Mascate », qui devrait être long de 18 mètres, prendra la mer en février 2010 à destination de l'Asie en profitant des vents de la Mousson. Il naviguera pendant quatre mois, faisant des escales en Asie du Sud-Est avant son arrivée à Singapour, où il restera ensuite dans un musée. Des pièces récupérées en 2004 dans l'épave du navire qui transportait, selon les archéologues, pas moins de 60 000 objets seront également exposées dans ce musée.
Les promoteurs du projet négocient actuellement avec « National Geographic » la production de deux documentaires, l'un sur le chantier et l'autre sur le périple projeté du « Joyau de Mascate » vers l'Asie. L'un des 15 jeunes Omanais employés sur le chantier, Ziar Zadjali, a affirmé que « le travail (se poursuivait) quotidiennement pour finir la construction du navire dans les délais impartis ». Ensuite débuteront les essais en mer avant que la navire ne soit lancé, avec un équipage d'Omanais et d'Indiens, à l'assaut de cet océan que les Omanais affirment avoir dompté depuis la nuit des temps.


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