La privatisation du secteur des télécoms et de l'EDL, ou encore la hausse de la TVA de 10 % à 12 % font en effet partie des principales mesures n'ayant toujours pas été appliquées, faute d'accord politique ou de conjoncture économique favorable. Outre les pertes directes - le déficit de l'EDL ayant coûté au Trésor plus de 1,6 milliard de dollars en 2008 -, « le retard pris dans la mise en œuvre des réformes risque de compromettre le déblocage d'une partie des montants promis à Paris III », a souligné à L'Orient-Le Jour le ministre Chatah. Cette inertie bloque aujourd'hui le déboursement de près de 500 millions de dollars d'aides budgétaires conditionnées par l'avancée des réformes, notamment dans les secteurs des télécoms et de l'énergie.
Quant aux versements des 3,5 milliards de dollars dédiés à soutenir les grands projets d'infrastructure, ils sont également retardés par l'inexistence de plans concrets et par la congestion au niveau des projets entrepris par le CDR. En effet, le Liban n'a bénéficié de cette enveloppe qu'à hauteur de 97 millions de dollars, soit moins de 3 % du montant total (voir tableau). Globalement, en deux ans, seuls 42 % des 7,5 milliards de dollars promis ont été déboursés. Le huitième rapport de suivi, publié hier, note toutefois que 71 % des engagements pris à Paris III, soit 5,4 milliards de dollars, ont jusque-là fait l'objet d'un accord entre le gouvernement et les différents donateurs. Au niveau de l'aide budgétaire, les montants des accords conclus ont augmenté de 1,3 à 2,1 milliards de dollars en 2008, grâce, entre autres, à l'aide malaisienne octroyée sous forme d'achat de bons de Trésor pour un montant total de 500 millions de dollars.
Une série de réformes mineures
Parallèlement, le rapport détaille les diverses mesures de réformes adoptées par le gouvernement au cours des derniers mois. Il note à cet égard l'évolution dans l'élaboration du projet de budget 2009 (même s'il n'a toujours pas été adopté) ainsi que la création d'un département chargé de la gestion de la trésorerie au sein de la direction générale du Trésor. Sur le plan fiscal, le rapport rappelle la fixation de la taxe sur l'essence, qui devrait rapporter à l'État près de 600 millions de dollars par an. Au niveau social, le rapport souligne notamment le lancement par le ministère des Affaires sociales d'un projet pilote portant sur l'identification des ménages pauvres ainsi que l'automatisation des activités des 32 agences régionales de la Caisse nationale de Sécurité sociale (CNSS). La réalisation phare au niveau de l'EDL reste toutefois l'audit des comptes de l'institution pour l'année 2003. Une « réforme » qui met davantage en relief l'état de délabrement de certains secteurs et la nécessité d'avancer à grands pas !


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine