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Cinema- - Notre Sélection

La fin des illusions

À l'affiche Un adolescent qui s'initie aux jeux de l'amour par la lecture et un septuagénaire qui, comme le vin, devient meilleur avec l'âge. Au-delà de ces deux œuvres transcende l'apprentissage de l'amour.
Gran Torino de Clint Eastwood 

Avec Clint Eastwood, Bee Vang et Ahney Her.
Walt Kowalski est un vétéran de la guerre de Corée, un homme inflexible, amer, aigri et plein de rancœur. Lorsque sa femme meurt (c'est ainsi que débute le film), il reste seul dans sa maison, avec sa chienne Daisy, loin de ses enfants qui sont comme des étrangers pour lui. Replié sur lui-même, il est tout le temps là à grommeler, se plaindre et faire des bruits gutturaux assez effrayants. Une haine qu'il nourrit à l'encontre de ses voisins, des Vietnamiens, qu'il semble haïr, de ce petit curé qui insiste à l'amener à  confesse et plus généralement à l'encontre de ce monde qui évolue mal. Seul amour de sa vie est cette Gran Torino, qui sommeille au fond de son garage et qu'il chouchoute à longueur de journée. Tout va basculer pour Walt lorsque le jeune voisin Tao essaye de lui voler sa précieuse voiture. Ce sera le début de la guerre ou peut-être le début du purgatoire afin d'expier tous les péchés.
Magistral ! Pour son retour devant la caméra après de longues années, Clint Eastwood signe une œuvre poignante, comme un condensé de vie où il reprend tous ses thèmes favoris, à savoir : la foi, la justice, la filiation et le legs. Sur fond apparent de violence qui rappelle le justicier urbain, Dirty Harry, qui lui a collé à la peau durant quarante ans, le discours du cinéaste est néanmoins plus profond. Dans cette tentative d'enterrer cette figure, l'acteur fait un retour sur lui-même pour mieux se purifier de tous ses préjugés racistes. Émouvants sans aucun pathos et en clair-obscur, l'image ainsi que le dialogue sont dans l'épure totale. Pour Clint Eastwood, tout est symbolique. Ne serait-ce que l'image de la Gran Torino. En effet, dans l'esprit de beaucoup, cette voiture conçue en 1968 pour être familiale et qui a décliné en 1970 dans ce modèle sport est celle de Starsky et Hutch, l'idée première que l'on se fait d'une voiture américaine, c'est-à-dire une auto longue, large et impressionnante. Une vision assez proche de la réalité du marché automobile américain  dans les années 60-70, où l'aspect extérieur, le gabarit et la cylindrée du moteur étaient les principaux centres d'intérêt du client moyen. À ce titre, la Ford Gran Torino est l'incarnation parfaite de la démesure automobile en cours aux États-Unis au temps de la crise du pétrole. C'est même une voiture d'une grande banalité (et qui serait peut-être demeurée dans l'anonymat sans la série TV) à une époque, en 1974, où les modèles sportifs aux moteurs puissants avaient déjà disparu en raison des mesures antipollution drastiques prises aux USA à partir de 1971. On comprend ainsi mieux le message de ce vieux cow-boy qui, tout en célébrant la grandeur de son pays (le drapeau hissé devant sa maison), raille quand même ce qu'il est devenu.  Eastwood n'aura rien laissé de côté : couleurs, montage, sans oublier la musique concoctée par son fils Kyle.  

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The Reader de Stephen Daldry

Avec Kate Winslet, David Kross, Ralph Fiennes et Bruno Ganz.
C'est  l'histoire de Michael Berg (David Kross et Ralph Fiennes), un avocat allemand qui se remémore l'histoire d'amour qu'il a vécue, adolescent, avec Hanna Schmitz (Kate Winslet), une femme plus âgée, rencontrée par hasard. Si The Reader (adapté du roman de Bernhard Schlink) commence par être une histoire d'amour, la seconde partie du film est celle d'une rédemption et d'un questionnement historique sur la responsabilité collective face à l'holocauste.
Grâce à une série de flash-back, on découvre petit à petit l'histoire de ce garçon qui va se transformer en amant, mais aussi en liseur. Perdu de vue, le jeune homme rencontrera son premier amour dans des circonstances plutôt déconcertantes et c'est là que l'œuvre prend toute son ampleur et sa beauté. C'est là aussi que Kate Winslet (Oscar du meilleur rôle féminin) portera à elle seule le poids du film. Merveilleuse actrice au summum de son talent, Winslet mérite tous les superlatifs car elle aura conjugué toutes les émotions et livré toutes les facettes d'un personnage ambigu. Face à elle, un partenaire débutant, gauche mais saisissant d'authenticité. Un couple parfait, qui sert les objectifs du roman et du film.  Comme pour The Hours, Daldry livre un film bouleversant.

CINEMACITY,
empire Dunes/SODECO, ZOUK, ABRAJ
Gran Torino de Clint Eastwood  Avec Clint Eastwood, Bee Vang et Ahney Her. Walt Kowalski est un vétéran de la guerre de Corée, un homme inflexible, amer, aigri et plein de rancœur. Lorsque sa femme meurt (c'est ainsi que débute le film), il reste seul dans sa maison, avec sa chienne Daisy, loin de ses enfants qui sont comme des étrangers pour lui. Replié sur lui-même, il est tout le temps là à grommeler, se plaindre et faire des bruits gutturaux assez effrayants. Une haine qu'il nourrit à l'encontre de ses voisins, des Vietnamiens, qu'il semble haïr, de ce petit curé qui insiste à l'amener à  confesse et plus généralement à l'encontre de ce monde qui évolue mal. Seul amour de sa vie est cette Gran...
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