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Économie - Allemagne

La loi d’expropriation pourrait effrayer l’investisseur étranger

Un projet de loi en discussion au Parlement allemand, permettant au gouvernement d'exproprier les actionnaires de groupes dont il assurerait le sauvetage, risque de faire fuir les investisseurs étrangers, avertissent les milieux d'affaires.
Présentée par le ministre des Finances (SPD), Peer Steinbrück, le projet de loi a été adopté le 18 février par le gouvernement de coalition et sa discussion a débuté hier. Il permettrait à l'État allemand de lancer une « procédure d'expropriation » des actionnaires des banques en échange d'indemnisations.
Cette initiative, présentée comme « une solution de dernier recours » par le ministre et limitée dans le temps, puisque le gouvernement ne pourra y avoir recours que jusqu'au 30 juin 2009, est taillée sur mesure pour l'établissement de crédit immobilier munichois Hypo Real Estate, au bord de la faillite. Elle vise surtout le fond américain JC Flowers, principal actionnaire d'HRE, avec 24 % du capital, qui se dit prêt à vendre sa participation au gouvernement pour 3 euros l'action, presque 4 fois son prix en Bourse actuellement.
En Allemagne, la notion d'expropriation est pourtant extrêmement sensible, car elle reste associée au régime nazi spoliant les juifs dans les années 1930 ou aux nationalisations forcées dans l'ancienne République démocratique allemande (RDA). Le président vénézuélien « Hugo Chavez applaudirait à ce projet de loi », ironise même un député de l'opposition libérale (FDP), Frank Schaeffle, sur son blog.
Mais bien plus qu'une question de principe, c'est la réputation de l'Allemagne auprès des investisseurs étrangers qui serait menacée, à l'heure où ce pays fait face à sa pire récession en 60 ans. Dieter Hundt, président du patronat allemand, s'est dit « choqué » par cette idée. « Il n'y a pas lieu d'en arriver à ce type de mesure, même en dernier recours. Toute nationalisation ou expropriation ternirait l'image de l'Allemagne comme marché d'investissement », estime-il.
Pour Hanns Ostmeier, membre du conseil exécutif de l'Association allemande des groupes de capital-investissement (private equity) et capital-risque (BVK), pense « que l'expropriation est une mesure très, très sévère, très radicale ».
L'impact pourrait être d'autant plus préjudiciable que l'Allemagne ne jouit déjà pas d'une image de paradis pour investisseurs.
En dépit de sa position de première économie européenne, elle ne se plaçait en 2008 qu'au 22e rang dans une étude de l'Association européenne pour le capital-risque sur l'attractivité des 27 pays de l'Union européenne, loin derrière la France, l'Irlande et la Belgique, le trio de tête.
Les entreprises bénéficiant de fonds de capital risque en Allemagne représentent pourtant environ un million d'emplois directs et jouent un rôle capital dans l'économie du pays, assure BVK. Des fonds sans lesquels aucun investissement ne serait possible et où l'innovation serait freinée.
Le type de mesure envisagé par le gouvernement « fait peser un risque énorme en termes psychologiques et sur la réputation du pays, même si c'est quelque chose de très difficilement mesurable », reconnaît M. Ostmeier
« Pour les investisseurs étrangers, dont nous avons cruellement besoin, ce signal serait rédhibitoire: dans les autres pays, on parlera bientôt de l'Allemagne dans les mêmes termes que de la Russie du début du XXe siècle », estime même le député FDP.
Un projet de loi en discussion au Parlement allemand, permettant au gouvernement d'exproprier les actionnaires de groupes dont il assurerait le sauvetage, risque de faire fuir les investisseurs étrangers, avertissent les milieux d'affaires.Présentée par le ministre des Finances (SPD), Peer Steinbrück, le projet de loi a été adopté le 18 février par le gouvernement de coalition et sa discussion a débuté hier. Il permettrait à l'État allemand de lancer une « procédure d'expropriation » des actionnaires des banques en échange d'indemnisations.Cette initiative, présentée comme « une solution de dernier recours » par le ministre et limitée dans le temps, puisque le gouvernement ne...
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