Dans une allocution, M. Pereira a appelé la communauté internationale à « ne pas abandonner » son pays, soulignant que « depuis une décennie, aucun président n'a terminé son mandat à la tête de l'État ». Le président Vieira, démocratiquement élu en 2005 après avoir dirigé le pays d'une main de fer de 1980 à 1999, a été tué par balles par des militaires lundi à l'aube, quelques heures après un attentat à la bombe qui a coûté la vie au chef d'état-major de l'armée, le général Tagmé Na Waié.
Le président de la Commission de l'Union africaine (UA) Jean Ping avait dénoncé lundi un « coup d'État », mais le ton a changé hier. « Nous ne considérons pas que nous avons encore affaire à un coup d'État au stade actuel. Il s'agit de l'assassinat d'un chef d'État (...) », a déclaré le président du Conseil de paix et de sécurité de l'UA, Bruno Nongoma Zidouemba, après une réunion extraordinaire à Addis-Abeba. « À partir du moment où la Constitution a prévu cette situation, c'est un événement malheureux que le peuple bissau-guinéen va devoir dominer », a-t-il estimé.
Dès lundi, des officiers de l'état-major avaient assuré que l'armée « respecterait l'ordre constitutionnel et la démocratie ». Hier, 70 des 100 députés de l'Assemblée ont voté en faveur de l'application de la Constitution, malgré les critiques de la principale formation d'opposition, le Parti de la rénovation sociale (PRS), qui juge que le président par intérim aurait dû être choisi par « consensus national ».
Les circonstances des deux assassinats, sur lesquelles l'UA a demandé une enquête, n'étaient pas totalement éclaircies hier. Un médecin légiste qui a participé à l'autopsie du corps du président a affirmé que la victime avait été « sauvagement battue avant d'être achevée par plusieurs balles ». Dans le même temps, un soldat disant avoir participé à son assassinat a affirmé qu'un commando de militaires l'avait « liquidé » pour « venger » la mort du général Na Waié.


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