La récession mondiale pourrait certes légèrement affecter les exportations, le tourisme, les transferts de la diaspora et les investissements directs étrangers, mais l'accalmie politique actuelle et l'amélioration de la confiance qui y est associée soutiendront une croissance modeste, ajoute l'IIF en estimant que les banques libanaises disposeront des liquidités nécessaires pour financer le secteur privé. Le rapport, cité par le Lebanon This Week de Byblos Bank, souligne toutefois que le pays est tributaire des développements politiques dans la région.
L'IIF estime improbable une amélioration du déficit public en 2009, étant donné le risque de ralentissement des recettes fiscales, tandis que les recettes non fiscales devraient baisser légèrement cette année, avant de se reprendre en 2010. Parallèlement, la hausse des salaires et des dépenses d'investissements dans le secteur public devrait largement contrebalancer la baisse des transferts à Électricité du Liban (EDL). Le déficit devrait ainsi rester aux alentours de 10 % du PIB cette année, alors que l'excédent primaire devrait baisser à 1,6 % du PIB, contre 2 % en 2008. L'institut relève d'ailleurs le poids que représentent les transferts à EDL sur le budget. Sans ces transferts, le déficit public aurait été à seulement 4 % du PIB et l'excédent primaire à 6 % du PIB en 2008. Les transferts à EDL ont ainsi représenté 20 % des recettes et 14 % des dépenses publiques en 2008.
Sur un autre plan, le rapport relève la résilience du système bancaire local aux incertitudes politiques et à la crise financière internationale. Les banques libanaises demeurent profitables, liquides et bien capitalisées, affirme l'institut. Par conséquent, l'IIF estime que le resserrement global des conditions des crédits n'aura pas d'impact significatif sur les banques libanaises, en notant que les canaux de transmission entre le Liban et le système financier mondial sont faibles.
Globalement, l'IIF considère que le risque principal pour l'économie libanaise proviendrait d'une détérioration de la situation politico-sécuritaire et d'un approfondissement de la récession mondiale.
L'institut estime ainsi qu'un nouveau blocage politique à la veille des élections parlementaires de juin, ou une reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah, pourraient affecter significativement la confiance des consommateurs et faire le processus de réformes structurelles. Le déficit et la dette publique restent les principales faiblesses de l'économie libanaises, or l'engagement du gouvernement à mettre en œuvre les réformes nécessaires a été affaibli par la guerre de juillet 2006 et la paralysie politique qui a suivie le conflit, note le rapport. Tout retard au niveau de la restructuration de l'EDL et de l'assainissement des finances publiques devrait accroitre la vulnérabilité de l'économie, met en garde l'IIF. En revanche, une amélioration durable du climat politique et un consensus sur les réformes pourraient doper la croissance à plus de 5 % en 2009, et en 2010, conclut-il.

