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Économie - Liban - Conférence

Salamé propose la création d’une banque méditerranéenne

Alors que les participants au forum InvestMed s'inquiètent de l'impact de la crise mondiale, le gouverneur de la BDL plaide en faveur d'une banque régionale.
L'ombre de la crise économique mondiale a largement plané sur le forum des investissements en Méditerranée, InvestMed 2009, organisé hier à Beyrouth en présence de plus de 500 participants. Représentant l'Union des hommes d'affaires méditerranéens (Businessmed), Jacques Sarraf a ainsi souligné la nécessité de mettre en place un plan d'action coordonné entre les différents pays de la région pour lutter contre la crise, d'autant que les pays de la rive sud souffrent d'un « problème structurel au niveau du chômage ». Le marché de l'emploi devrait se dégrader rapidement en raison de la crise mondiale, ce qui pourrait entraîner des troubles sociaux et sécuritaires, a-t-il mis en garde.
Pour sa part, le président de l'Union des hommes d'affaires européens (Business Europe), Ernest-Antoine Seillière, a plaidé pour une stratégie européenne consistant à faciliter le financement des entreprises, à soutenir la croissance et l'emploi en proposant des incitations, à accélérer les réformes structurelles et à lutter contre les tentations protectionnistes. Parallèlement, l'UE doit encourager la création d'un espace économique stable et prospère entre les deux rives de la Méditerranée, a-t-il poursuivi, en rappelant que les échanges commerciaux entre l'UE et les pays au sud de Méditerranée se sont élevés à 127 milliards d'euro en 2007, soit seulement 5 % des échanges hors UE.
Prenant la parole à son tour, le gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, a indiqué que les pays de la Méditerranée comptent plus de 450 millions d'habitants, partageant une richesse de 8 000 milliards de dollars, soit le PIB de la région. Mais alors que 38 % de la population méditerranéenne vit dans la partie européenne, cette dernière assure 80 % du PIB régional, tandis que les 62 % de la rive sud n'en représentent que 20 %, a-t-il souligné. Les transferts dans la région, qui s'élèvent à environ 71 milliards de dollars par an, ne compensent pas cette disparité au niveau des richesses, puisque la rive sud ne bénéficie que de 25 % de ces transferts, a poursuivi le gouverneur. D'où la nécessité de « créer des instruments de financements efficaces destinés aux investissements dans les pays du sud et de l'est de la Méditerranée. Dans ce domaine, on ne peut pas compter uniquement sur les banques privées. Il faut créer une banque chargée de financer les projets d'infrastructure et le secteur privé, dans laquelle participeront les différents États en fonction de leurs capacités, ainsi que la Banque européenne d'investissement et la Banque mondiale », a proposé M. Salamé. Outre le financement des investissements et du commerce, cet établissement aura également pour mission d'encourager l'élimination des barrières douanières et administratives, et de développer les réglementations. Pour cela, cette banque devra travailler selon des normes professionnelles, sans considérations politiques, a-t-il ajouté. Ce projet prend toute son importance à l'ombre des risques que fait peser la crise économique mondiale sur la région. Selon le FMI, la croissance dans la rive sud devrait atteindre 3 % en 2009, contre un recul du PIB de 2 % pour les pays européens. « Étant donné la répartition des richesses entre les deux rives, cela veut dire que la situation sera difficile et affectera le climat des affaires », a souligné Riad Salamé. Le gouverneur a rappelé que les monnaies de la plupart des pays méditerranéens se sont dépréciées entre 10 et 30 % depuis début 2008, et que les Bourses de la région ont perdu en moyenne 42 % en 2008, et 19 % depuis le début de l'année, sans parler de la baisse des prix des matières premières et de l'activité touristique. Les pays méditerranéens n'ont pas d'institutions capables de faire face à la pauvreté engendrée par la crise, a-t-il souligné. Pour lui, seuls les pays de la rive nord, en raison de la taille de leur économie et de l'euro, pourront sortir de cette crise à moindre coût. Les pays européens vont toutefois privilégier les financements internes, et certains vont sans doute recourir à des mesures de protection malgré l'opposition du G7 et du G20, a mis en garde le gouverneur, en plaidant une nouvelle fois pour une banque régionale. « Cette banque pourrait être la première traduction sérieuse du projet économique méditerranéen proposé par la France et son président Nicolas Sarkozy », a conclu Riad Salamé.
L'ombre de la crise économique mondiale a largement plané sur le forum des investissements en Méditerranée, InvestMed 2009, organisé hier à Beyrouth en présence de plus de 500 participants. Représentant l'Union des hommes d'affaires méditerranéens (Businessmed), Jacques Sarraf a ainsi souligné la nécessité de mettre en place un plan d'action coordonné entre les différents pays de la région pour lutter contre la crise, d'autant que les pays de la rive sud souffrent d'un « problème structurel au niveau du chômage ». Le marché de l'emploi devrait se dégrader rapidement en raison de la crise mondiale, ce qui pourrait entraîner des troubles sociaux et sécuritaires,...
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