Rechercher
Rechercher

Nos lecteurs ont la parole

La parodie humaine

Par Bachir SAYEGH
Pendant plusieurs semaines, Israël a matraqué sans cesse la bande de Gaza, larguant des bombes de plusieurs tonnes sur des zones à forte densité démographique. Le Hamas, quant à lui, a continué à défier l'agresseur en lançant des roquettes en direction des colonies israéliennes. Cela constitue un épisode classique de la guerre moderne : des parties qui se livrent un combat sans merci, sans remords et sans limites. La convention de Genève, la Charte des Nations unies, la Déclaration des droits de l'homme se révèlent des documents tombés en désuétude. Tout est actuellement permis. Le Conseil de sécurité et l'Assemblée générale ne constituent plus que des organes de contrôle fictifs, où les représentants des diverses puissances se réunissent, discutent lentement, sirotent patiemment leur café, se permettent de longs discours, comme si le feu, le sang, l'agonie et la misère des gens n'étaient pas source d'urgence.
On a beau se revêtir du manteau de la civilisation, de la culture, du droit et des valeurs humaines, il n'en reste pas moins que pratiquement, rien ne nous sépare des hommes du Moyen Âge, de ceux des anciens temps, lorsque les êtres mouraient pour de futiles guerres de clans. Avec ceux-là, aucune différence. Ce ne sont pas des documents signés, ratifiés et respectés dans la forme qui rendent les hommes modernes différents de leurs ancêtres. Nous continuons de nous bercer d'illusions. L'humanité est devenue tellement mythomane que même ceux qui mentent commencent à croire à leurs propres mensonges.
Le plus grave dans cette parodie humaine c'est que bien que les médias ne ratent pas une seconde pour nous transmettre, en son et en images, la laideur de ce qui se passe autour de nous, les gens, observateurs passifs, ne ressentent plus rien.
On a beau prétendre être touché, la triste réalité c'est qu'on se sent très peu concerné. La personne qui meurt sous des obus et des bombes se résume à un chiffre de plus parmi le nombre de morts inscrit dans les manchettes des journaux. Elle sera signalée au même titre que le résultat d'un match de football. Rares sont ceux qui restent capables d'avoir la chair de poule, de sentir la colère s'emparer d'eux quand ils voient sur leurs écrans une mère en train de tenir son enfant ensanglanté et mort dans ses bras, en essayant vainement de le ramener à la vie. C'est devenu un scénario de tous les jours aux yeux d'une humanité enfermée dans les profondeurs de son égoïsme et dans la sphère de la vie quotidienne. En effet, plus rien d'autre n'importe.
Ce résultat est le fruit de la manipulation médiatique et de la propagande de ceux qui font commerce de l'effusion de sang. L'humanité est devenue complètement docile et laxiste, non seulement dans son action face à l'injustice, mais aussi dans sa constatation de celle-ci. Les valeurs humaines ne sont plus universelles ; le criminel qui gagne est un patriote héroïque qui se défend ; le criminel qui perd est un terroriste qui attaque pour faire du mal. Quelle différence existe-t-il vraiment entre un suicidaire du Hamas d'une part et un pilote de bombardier israélien d'autre part ?
À part le fait qu'ils ne possèdent pas les mêmes moyens pour faire la guerre, tous les deux vont éventuellement tuer des innocents. Pourquoi donc ne pas les placer sur un pied d'égalité ? C'est parce que même donner la mort est devenu relatif.
Bienvenue au royaume de la parodie humaine.

Bachir SAYEGH
2e année de droit
Pendant plusieurs semaines, Israël a matraqué sans cesse la bande de Gaza, larguant des bombes de plusieurs tonnes sur des zones à forte densité démographique. Le Hamas, quant à lui, a continué à défier l'agresseur en lançant des roquettes en direction des colonies israéliennes. Cela constitue un épisode classique de la guerre moderne : des parties qui se livrent un combat sans merci, sans remords et sans limites. La convention de Genève, la Charte des Nations unies, la Déclaration des droits de l'homme se révèlent des documents tombés en désuétude. Tout est actuellement permis. Le Conseil de sécurité et l'Assemblée générale ne constituent plus que des organes de...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut