Aux fourneaux, Éric Cros, chef français à l'Institut Paul Bocuse, une école culinaire de renommée internationale, a concocté un menu diversifié, mariant l'exotique au classique, l'exquis au sensuel.
L'entrée, tout d'abord, a été composée spécialement pour l'occasion : une crème de févette couronnée d'une gelée de gambas à la saveur de citronnelle servie élégamment avec une bisque de homard en cappuccino. Un vrai plaisir pour les yeux et le palais ! Arrive ensuite, en plat principal, un paleron de bœuf braisé en croustade d'oignons rouges confits, accompagné d'une mousseline de céleri rave truffée et d'un jus de daube parfumé à l'orange. La viande, spécialement commandée du Canada, fond littéralement dans la bouche. Enfin, Éric Cros a proposé à ses convives un savarin aux pistaches et amandes, à la gelée de fruits exotiques, accompagné d'une marmelade de mangues et d'ananas, d'une chibouste coco et d'une sauce pinacolada. Un dessert léger mais très riche en saveurs.
« Le menu est un reflet de toute l'expérience que j'ai acquise dans différents pays », explique Éric Cros à L'Orient-Le Jour. M. Cros, qui effectue sa première visite au Liban, sera-t-il, de la même manière, inspiré par la cuisine de chez nous? « Oui, sûrement, répond-il tout sourire. Mais on le fait sans s'en rendre compte. J'ai beaucoup aimé le hommos, le taboulé, les feuilles de vigne et l'arak aussi. Comme j'ai souvent la chance de voyager, j'en profite pour créer des plats avec des idées nouvelles. C'est l'une des raisons principales qui m'ont poussé à participer à cet événement, je voulais vraiment venir au Liban », révèle le chef, tout en tenant à remercier l'équipe du Casino du Liban qui l'a assisté aux fourneaux.
Il est 22h30 déjà. Les serveurs s'activent pour débarrasser les tables des assiettes vides. Le dîner est fini... mais le régal est bien loin d'être terminé. Les yeux des quelque 250 personnes présentes dans la salle des Ambassadeurs se tournent vers la scène. À peine le rideau levé, voilà déjà le maître de l'accordéon jazz Richard Galliano et son Tangaria Quartet qui font vibrer l'audience. « Tangaria », le nouveau projet de l'artiste, né de la fusion des mots « tango » et « aria » dans le style de Jean-Sébastien Bach, est une invitation au voyage, un parcours inédit entre le jazz, la valse vénézuélienne et le tango afro-uruguayen. Son accordéon, c'est sa seconde peau. Il l'explore, le tâte, le caresse, le fait danser, chanter et puis respirer, telle une vague dans un océan de rythmes colorés et métissés. Richard Galliano nous emmène dans un monde d'allégresse avec ses compositions Valse avec Claude et puis Fou rire, accompagné de Timothy Kilphuis au violon, Diego Imbert à la contrebasse et Raphaël Mejias, le « Paganini des maracas », aux percussions. Sur un registre plus calme, Richard Galliano rend hommage à Barbara qu'il accompagna longtemps et fait un clin d'œil à Erik Satie, en revisitant à sa manière la troisième Gnossienne. L'inventeur du concept « new musette » se veut libre, sans frontières. « L'accordéon fait partie du folklore du monde entier », lance-t-il sur scène. L'artiste, qui s'est notamment produit aux côtés de Chet Baker, Ron Carter, Al Foster, Charlie Haden, Michel Portal et bien d'autres encore, invite le talentueux percussionniste libanais Rony Barrak à le joindre dans son aventure musicale. Là commence la magie. La darbouka enflammée de Barrak, mêlée aux sons inouïs de Galliano, emporte le public au-delà des frontières du jazz, de la valse, du tango ou de l'oriental. Le voyage est tout simplement envoûtant.
R. M.


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