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La situation Le succès de la Ligue maronite sera celui de la « neutralité positive » de Sleiman Fady Noun

OPINION
04/10/2008
Refus de tout recours à la violence, référence aux institutions, notamment à la justice, et règlement des différends dans le cadre des principes démocratiques : c’est rien moins qu’une sortie de la barbarie, un passage de la préhistoire à l’État, que les députés maronites réunis au siège de leur Ligue ont décidée hier, dans le prolongement de l’esprit de la réconciliation qui souffle sur le pays. Qu’une entente sur des principes aussi élémentaires ait été nécessaire donne une idée de la décadence politique où nous étions parvenus, après des années de guerre et de crise, où la logique de la violence et celle du plus fort régnaient en maître. Rien, dans le communiqué de la Ligue maronite, n’est dit de l’abus purement verbal. Dommage. La langue peut faire autant de mal que les balles. La priorité a été donnée hier à une réconciliation Forces libanaises-Marada. Le choix est significatif. Au-delà de l’incident de Bsarma, qui a fait deux morts et trois blessés dans les rangs de ces deux organisations, au-delà de la hantise de voir des actes de vendetta éclater entre Zghorta et Bécharré, ce choix peut paver la voie à la réparation de la cassure de 1978, qui a nui si profondément à la communauté maronite et au Liban. Il faudra cependant attendre le retour de Rome du patriarche Sfeir, qui participe à un événement ecclésial de première importance, pour voir face à face Sleiman Frangié et Samir Geagea. Le leader de Zghorta, qui posait comme condition à une rencontre avec M. Geagea que le général Michel Aoun soit présent, a saisi le message que lui a adressé hier ce dernier : le contentieux entre les deux hommes a été réglé, une fois pour toutes, lors de la visite que le général Aoun, retour de son exil en France, a rendue à Samir Geagea, enterré depuis 11 ans dans son trou du ministère de la Défense. Quand et où se rencontreront les deux hommes ? Ces deux questions indissociables n’ont pas encore trouvé de réponses définitives. À Baabda d’abord, Bkerké ensuite, assurent certaines sources citées par notre correspondant diplomatique Khalil Fleyhane. La rencontre de Bkerké, la plus difficile, scellera deux réconciliations plutôt qu’une, puisqu’elle marquera un rétablissement des ponts, aujourd’hui rompus, entre l’ancien député de Zghorta et le patriarcat maronite. Encore que le patriarche, avant de quitter le Liban hier, a protesté une fois de plus de sa parfaite objectivité, en réponse aux accusations de M. Frangié, qui lui reproche d’être de parti pris. Le succès de la Ligue maronite, dont les membres appartiennent à divers courants politiques et où le pluralisme démocratique est à l’honneur, marquera en un sens le triomphe du principe de « neutralité positive » où s’est engagé le régime du président Michel Sleiman, malgré les difficultés qu’il rencontre à maintenir cette position et les critiques de ceux qui estiment qu’il est trop lent, trop prudent. Que ce succès ait été obtenu le jour même où le Liban accueille le président de la Fédération helvétique donne un surcroît de saveur à l’événement. Cet épisode marque aussi l’émergence de la Ligue maronite elle-même comme acteur valable de la réconciliation, ou encore comme auxiliaire aussi bien pour le patriarche maronite que pour le chef de l’État. Ce ne sont pas les députés maronites qui se sont retrouvés au siège de la Ligue maronite qui le contesteront, ni d’ailleurs ceux qui se sont absentés. Et le fait que les Marada n’étaient pas représentés à la réunion, n’ayant pas de députés, n’a pas vraiment empêché cette unanimité de se faire. C’est en effet Joseph Tarabay qui a fait office de représentant des Marada et s’est tenu en contact permanent avec les représentants de ces courants, qui n’ont finalement apporté que des modifications mineures au communiqué final. Malheureusement, cette amorce de détente, qui doit encore être consolidée et confortée, s’est accompagnée hier d’une dégradation du climat entre le général Michel Aoun et le 14 Mars, outré par les propos cavaliers tenus par le chef du CPL à l’encontre du Premier ministre, de son premier ministre. Il y a là de nouveaux germes de division qui ne sont pas que politiques, des contradictions interconfessionnelles sur lesquelles il ne fait pas de doute que les protagonistes continueront de jouer, tantôt pour gagner des voix, tantôt pour marquer des points dans la perspective des prochaines élections. Sans oublier Israël qui menace de transformer notre infrastructure en débris.

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