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Andile Ndlovu veut populariser le ballet dans sa communauté En Afrique du Sud, un danseur noir pirouette malgré les préjugés

Malgré les railleries de sa famille et de ses amis, Andile Ndlovu, un jeune Sud-Africain noir, ne se laisse pas déconcentrer et enchaîne pirouettes et pas de deux dans l’espoir de devenir danseur étoile. Dans un pays où la danse classique est considérée comme l’apanage des élites blanches, Andile Ndlovu veut populariser la discipline dans sa communauté. « J’ai plusieurs amis qui commencent à venir me voir pour me soutenir. Mais la plupart pensent encore que ce n’est pas une forme d’art », regrette le jeune homme, originaire de Soweto, le plus grand township du pays près de Johannesburg. Cette semaine, il s’entraîne au Cap (Sud-Ouest) avant une compétition internationale de danse classique, la plus importante jamais organisée sur le continent. Avec grâce et agilité, il traverse la salle de danse en sautant et virevoltant, répétant sans cesse ses mouvements pour acquérir une fluidité naturelle. « La danse a changé ma vie, explique-t-il à l’AFP à la fin des répétitions. Si je n’avais pas commencé à danser, je serais devenu un délinquant ou quelque chose de ce genre. » Né dans un milieu défavorisé, venu à la danse en jouant dans la rue, son histoire lui a valu d’être comparé à Billy Elliott, le héros d’un film britannique devenu danseur étoile malgré les réticences de son père mineur. À l’âge de 11 ans, poussé par sa mère et un instituteur, Ndlovu entame des cours de danses latines (salsa, mambo...) et de danses de salon. Quatre ans plus tard, un professeur de danse le remarque lors d’un projet social organisé dans le township et le fait entrer dans l’univers du ballet. « Parfois, ça a été dur, raconte-t-il. Il y a très peu de gens dans ma communauté qui connaissent la danse classique. Tout simplement, parce qu’ils n’en ont pas eu l’occasion. » « La plupart des gens pensent que les hommes qui font de la danse classique sont gays : ce n’est pas pour les garçons. Dans les townships, on considère aussi que les ballets sont réservés aux Blancs et aux riches », ajoute-t-il. Martin Schönberg, qui a repéré Ndlovu et l’a initié aux figures du classique, confirme que pour beaucoup de Sud-Africains le ballet est « une forme artistique européenne ». « Certaines personnes sont très antidanse classique, notamment des responsables politiques qui ne souhaitent pas du tout la développer dans la population noire. Mais la plupart des gens qui y ont accès à la base l’adorent », assure-t-il. Le chorégraphe regrette qu’il n’y ait pas davantage de danseurs professionnels noirs dans le pays. Ainsi, Ndlovu est l’un des quatre danseurs noirs sur 26 participants dans la section adulte de la Compétition internationale de ballet en Afrique du Sud (SAIBC). « Les danseurs masculins et noirs sont quasiment garantis d’être employés en Afrique du Sud, parce qu’il y a beaucoup d’opportunités pour eux, relève Martin Schönberg. Mais l’offre ne répond pas à la demande, notamment parce qu’il y a peu de structures pour répéter. Il n’y a pas assez de bourses, d’aides du gouvernement. » Un autre problème, selon Alison Foat, une ancienne ballerine à l’origine de la compétition SAIBC, réside dans la perte d’intérêt général pour la culture classique. « Les jeunes préfèrent voir Justin Timberlake que le Lac des cygnes », dit-elle. Le directeur de la compétition, Dirk Badenhorst, veut les initier aux tendances internationales. « Notre idée est d’amener le reste du monde en Afrique du Sud plutôt que de prendre un avion pour aller les voir », explique-t-il. Ndlovu se réjouit de danser devant un jury étranger. « J’espère qu’un jour, je pourrai me rendre en Europe pour me perfectionner, dit-il. C’est comme ça que je vois ma carrière. »
Malgré les railleries de sa famille et de ses amis, Andile Ndlovu, un jeune Sud-Africain noir, ne se laisse pas déconcentrer et enchaîne pirouettes et pas de deux dans l’espoir de devenir danseur étoile.
Dans un pays où la danse classique est considérée comme l’apanage des élites blanches, Andile Ndlovu veut populariser la discipline dans sa communauté.
« J’ai...