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CONGRÈS - En clôture du 43e congrès international des marchés financiers Carlos Ghosn : « Ma méthode pour sauver Nissan peut être appliquée au Liban » (photo)

15/09/2003
À chacun de ses passages au Liban depuis qu’il est devenu le célèbre président de Nissan, Carlos Ghosn entend la même question : votre méthode pour sauver le constructeur japonais de la faillite est-elle applicable au Liban ? Les origines libanaises de ce PDG ultramédiatisé l’exposent invariablement au désir de ses compatriotes de trouver enfin le « sauveur » qui redressera le pays. Et certains lui demandent parfois directement s’il accepterait de tenir les rênes du gouvernement libanais…
Si le mythe du sauveur est une constante de la psychologie collective libanaise, il est vrai qu’il trouve en Carlos Ghosn une incarnation particulièrement alléchante : l’homme a orchestré le redressement spectaculaire de Nissan, une entreprise que des géants du secteur automobile avaient jugée impossible et avaient donc refusé de racheter le constructeur criblé de dettes.
Invité pour clôturer les travaux du 43e congrès de l’ACI, l’Association internationale des marchés financiers, au Biel, Carlos Ghosn a expliqué la recette de son succès. Elle est applicable à toute entreprise, entité publique ou pays en difficulté, a-t-il ajouté, en réponse à la question de savoir si la méthode pourrait sauver le Liban. La médiatisation extraordinaire dont Nissan et lui-même bénéficient dans la presse nipponne et au-delà reflète d’ailleurs, selon lui, l’idée que le cas de Nissan symbolise celui du Japon tout entier. La plupart des observateurs voudraient trouver dans le redressement du constructeur, devenu la deuxième capitalisation boursière mondiale après Toyota, l’inspiration pour relancer l’économie du Japon.
La méthode est peut-être appliquée partout, mais pas copiée, insiste Carlos Ghosn.
C’est chez les gens qui composent l’entreprise, la ville ou le pays que réside la solution. Le tout est de les mobiliser autour d’objectifs très clairs, indiscutables – effacer la dette, rétablir la rentabilité, augmenter les ventes, etc. – en les intégrant dans le processus de recherche de solutions.
Si Carlos Ghosn n’a pas souhaité risquer un diagnostic concernant le cas du Liban, il a en revanche résumé pourquoi, selon lui, l’économie du Moyen-Orient n’a toujours pas décollé. « Créer de la richesse n’est pas une priorité des gouvernements de la région, constate-t-il simplement. Or de même que le profit n’est jamais une conséquence, mais le moteur de l’activité d’une entreprise, le développement économique doit être au cœur de la politique d’un pays. » Et Carlos Ghosn de citer, à titre d’exemple, le cas de la Chine, dont l’objectif national, fixé par les autorités, est de quadrupler le produit intérieur brut.
Le PDG de Nissan donne toutefois un conseil : « Créez un véritable marché commun arabe, car si les frontières sont aujourd’hui ouvertes sur le papier, en réalité elles ne le sont pas. »
Dans le secteur de l’automobile par exemple, tout le marché arabe représente 500 000 unités par an, dont 50 % sont absorbés par l’Arabie saoudite. Or une usine fabrique un minimum de 250 000 unités par an. Dans ces conditions, quel constructeur se risquera à investir au Moyen-Orient, sachant par ailleurs que les marchés sont cloisonnés ? « Ce qui est valable pour les voitures l’est aussi pour des quantités de produits », dit-il, préconisant de créer un grand marché pour inciter les investisseurs potentiels à se lancer dans la substitution aux importations.

Sibylle RIZK

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