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L'exode massif du Kosovo a fait resurgir le problème des réfugiés palestiniens

REPORTAGES
17/04/1999
Les droits de l’homme, individuels et collectifs, politiques, économiques, sociaux ou religieux, ont été, dès le départ, au cœur du partenariat euro-méditerranéen. À travers les forums organisés en marge de la conférence ministérielle de Stuttgart, ce fait est de nouveau ressorti avec éclat vendredi. Quelle que soit leur nature, les droits de l’homme échappent au domaine de la politique stricto sensu. Ces droits sont, d’abord, un bien de nature éthique. Ils trouvent leur fondement dans une proposition morale : la dignité inaliénable de l’homme. Car ces droits sont des libertés. Ils naissent chaque fois qu’un être humain voit le jour, et certains ne mourront jamais, même après la disparition de leur auteur. C’est par le droit que les sociétés progressent, et seulement par lui. Pour le partenariat euro-méditerranéen, s’il y a beaucoup de défis, la crise centrale reste le conflit israélo-palestinien. Pour beaucoup l’exode massif de la population albanaise du Kosovo évoque de façon poignante, hallucinante, l’exode d’un autre peuple jeté sur les routes d’un exil sans retour, en 1948. C’est sous l’angle des droits de l’homme que la question palestinienne, qui était au cœur d’un débat à plusieurs voix au siège du Landtag (Parlement local), prend toute sa dimension. Le droit d’un peuple à sa terre, le droit des hommes à leur identité personnelle, culturelle, voilà ce qui a été nié, des décades durant, et dont le peuple palestinien continue de porter les profondes cicatrices. Assis côte à côte, le Palestinien Ayad el-Sarraj, PDG du Gaza Community Mental Health Program, ancien commissaire général de la commission indépendante palestinienne pour les droits des citoyens, et Uri Avnery, journaliste, écrivain et militant pour la paix, ancien député de la Knesset, ont uni leur voix pour dénoncer la volonté d’oblitérer le passé, le présent et l’avenir d’un peuple. L’indulgence de l’Europe à l’égard des exactions commises par Israël, et notamment la poursuite de la construction de colonies de peuplement, devait être fustigée par plusieurs intervenants, qui ont demandé que de sévères sanctions économiques soient prises par l’Europe contre Israël. Pour le représentant de l’UE, l’Europe a déjà rendu service aux Palestiniens à travers la déclaration de Berlin, qui équivaut à une reconnaissance de l’État palestinien, que M. Yasser Arafat pourrait proclamer le 4 mai prochain. Il a rappelé aussi que le principe de la paix en échange des territoires figure clairement dans la déclaration de Barcelone. Abstraction faite de toute proposition morale, l’histoire enseigne que la démocratie, l’épanouissement politique de l’homme, et même son épanouissement économique, ne sont réalisables que dans une société où les libertés d’opinion, d’expression et d’association sont reconnues. Ce leitmotiv, nous l’avons entendu et réentendu ces jours-ci à Stuttgart. C’est uniquement à ces conditions que peut apparaître une «société civile», c’est-à-dire une action indépendante de particuliers, visant à contrôler et orienter les autorités publiques dans un domaine particulier. La défense des droits de l’homme est l’angle sous lequel on peut saisir aussi, avec le plus de netteté, les enjeux économiques, sociaux et humains du partenariat. La raison de la migration vers le nord d’Al-Tayeb Saleh n’a plus pour objet la connaissance, mais le travail, la survie. Par milliers, par dizaines de milliers, sur des barques de fortune, à n’importe quel prix, des hommes quittent tous les jours les rives inhospitalières du Sud vers l’Europe de l’abondance. Combien meurent en route, nul ne le sait, mais il en meurt tous les jours, même parmi ceux qui quittent le Maroc pour entrer clandestinement dans l’Espagne toute proche. Là, à vingt kilomètres de distance, deux sociétés séparées par vingt ans de développement s’observent. Certains réussiront à gravir l’échelle sociale, d’autres croupiront dans la misère. Les deux mourront au milieu de l’abondance, et se seront sacrifiés pour faire de leur corps un pont pour la prochaine génération. Ici, ce sont les droits au travail, au logement, à la santé, à l’éducation qui sont en question. Mais l’invasion humaine de l’Europe est perçue comme socialement déstabilisatrice et coûteuse, économiquement. En clair, l’Europe a peur pour sa propre prospérité. Voilà l’un des centres de gravité du partenariat, et l’un des sujets sur lesquels non seulement les gouvernements, mais les peuples auront leur mot à dire.

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