BIOGRAPHIES

Nikola Poplasen, l'intellectuel de l'ultra-nationalisme serbe

À côté du Krajisnik paysan et roublard qui a remplacé Karadzic à Pale, le nouveau président des Serbes de Bosnie Nikola Poplasen, enseignant et écrivain, fait figure d’intellectuel de l’ultra-nationalisme. Cet homme de 46 ans s’est voué à la défense des Serbes qu’il juge en péril: «Les Serbes ressentent la nécessité historique d’établir leur propre État comme protection contre le génocide dont ils ont été menacés dans l’histoire», a-t-il dit un jour dans une interview. Pourtant, après avoir décrit la paix de Dayton comme «un interlude entre deux guerres», M. Poplasen a mené sa campagne sur un ton modéré, qui contrastait avec les envolées nationalistes de son état-major ou du chef du parti frère de Belgrade, Vojislav Seselj, venu le soutenir en Republika Srpska. Il se dit désormais prêt à appliquer l’accord de Dayton, du moins dans la lecture qu’en font les nationalistes serbes bosniaques: un traité qui leur a donné un État. Il rejette ce qu’il considère comme des tentatives de modifier le traité de 1995 aux travers des conférences qui ont suivi, tels les pouvoirs élargis du Haut représentant civil, le contrôle de la communauté internationale sur les médias, ou l’uniformisation des immatriculations automobiles et du réseau téléphonique. La collaboration à la traque des criminels de guerre est également loin d’être acquise de celui qui a traité un jour le Tribunal pénal international (TPI) de «farce» et de «théâtre». Docteur en sciences politiques, M. Poplasen les a enseignées à l’université de Sarajevo avant la guerre de Bosnie (1992-95) et continue aujourd’hui, cette fois à Banja Luka, capitale de la RS. Titulaire aussi d’une maîtrise de sociologie, il est l’auteur de nombreuses publications, livres ou mémoires. Peu après le début de la guerre de Bosnie, Vojislav Seselj l’envoie fonder l’émanation de son Parti radical (SRS) en Republika Srpska. Il en est élu président en mars 1993. Le professeur devenu politicien prend également les armes en 1994 lorsque l’ouest des positions serbes doit faire face à une offensive de l’armée musulmane autour de Bihac. De ces combats, il a ramené selon ses proches un fusil cassé par un éclat de grenade, et surtout le grade éminent de «duc» dans les unités paramilitaires serbes Tchetniks. M. Poplasen est né le 15 décembre 1951 à Stanisic près de Sombor, dans la province serbe de Voivodine. Il est marié et père de trois enfants

À côté du Krajisnik paysan et roublard qui a remplacé Karadzic à Pale, le nouveau président des Serbes de Bosnie Nikola Poplasen, enseignant et écrivain, fait figure d’intellectuel de l’ultra-nationalisme. Cet homme de 46 ans s’est voué à la défense des Serbes qu’il juge en péril: «Les Serbes ressentent la nécessité historique d’établir leur propre État comme protection...