«Il existe une psychose au sein de la population à Abidjan et dans l’intérieur du pays qui a eu pour conséquence des réactions violentes et des morts», a constaté le ministre de l’Intérieur, M. Emile Constant Bombet, lors d’une intervention télévisée.
Deux hommes, soupçonnés d’être responsables de la disparition ou du rétrécissement d’organe sexuel, ont été lapidés et brûlés vifs dans des faubourgs d’Abidjan et plusieurs incidents ont été signalés à travers la ville.
Qualifiant de «préoccupantes» les violences consécutives à ces rumeurs, le ministre a appelé ses compatriotes «au calme, à la compréhension» et à faire preuve de «maturité».
Il a rappelé qu’«aucune des vérifications effectuées» sur les «victimes» n’avaient donné de «résultats positifs». Il a assuré que des investigations étaient en cours pour «déterminer l’origine et les fondements de cette rumeur».
Des commissaires de police de la capitale économique déclaraient «être débordés» par les plaintes et les incidents, ne sachant plus comment protéger les «magiciens» suspects.
Selon les croyances et les rumeurs qui circulent depuis une quinzaine de jours, ce sont des membres de l’ethnie Houssa (présente au nord du Nigeria, du Ghana et du Cameroun ainsi qu’au Niger) qui auraient le pouvoir, par simple toucher de l’épaule, ou par une poignée de main, de faire disparaître ou se rabougrir les sexes des hommes, ainsi que de faire «rentrer en dedans» les seins des femmes.
Le ministre a estimé que cette psychose et ces violences n’étaient pas «dignes d’un Etat de droit» et de «la tradition de paix et d’accueil» de la Côte d’Ivoire et étaient «susceptibles de porter le discrédit sur tout le pays».
Il a demandé aux Ivoiriens de faire en sorte que les étrangers «qui ont choisi de vivre en Côte d’Ivoire ne puissent en aucun cas être inquiétés».
En janvier dernier, les mêmes rumeurs avaient circulé au Ghana voisin et s’étaient soldées pour la mort de douze personnes, accusées d’être des réducteurs ou des voleurs d’organes sexuels.

