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Société

Villages chrétiens assiégés : cinq ambulances de la Croix-Rouge empêchées de regagner Beyrouth

Dans le sens inverse, un convoi composé de 200 civils et de véhicules chargés de produits alimentaires n'a pas pu atteindre Ain Ebel et Rmeich.

Villages chrétiens assiégés : cinq ambulances de la Croix-Rouge empêchées de regagner Beyrouth

Une ambulance de la Croix-Rouge devant le dispensaire de Ain Ebel avant de quitter le village pour Beyrouth, quelle n'a finalement pas pu atteindre le 5 juin 2026. Photo fournie par une habitante

Cinq ambulances de la Croix-Rouge, parties de Rmeich et de Aïn Ebel en direction de Beyrouth, ont été contraintes de rebrousser chemin, vendredi en début de soirée. C’était la troisième tentative d’évacuation de patients hors de la zone occupée par l'armée israélienne, après un second échec mercredi.

« Il y avait 12 patients à bord, dont quatre cas très graves », affirme, à L’Orient-Le Jour, le Dr Maroun El-Alam, gynécologue à Rmeich, qui exerce au dispensaire militaire François El-Hage, ainsi qu'à celui de Ain Ebel. Parmi eux : une patiente éthiopienne atteinte de malaria compliquée d’une coagulation intravasculaire disséminée (CIVD), une Libanaise de Debel souffrant d’une septicémie sévère liée à un diabète et nécessitant une amputation du pied, un enfant syrien de 4 ans tombé d’un toit et victime d’une hémorragie cérébrale, ainsi qu’un patient ayant fait un infarctus et un autre atteint d’un cancer de la prostate avec métastases osseuses l’empêchant de marcher.

Les ambulances ont quitté Rmeich et Ain Ebel vers midi. Elles sont revenues à 19h30. « La route était bloquée malgré l’autorisation obtenue. Nous sommes tellement en colère, on ne sait même plus à qui en vouloir. Nous avons l’impression d’être abandonnés », déplore le médecin. « C’est un droit international. Tout ce que nous demandons, c’est une route pour rejoindre les hôpitaux ».

« À chaque fois, on nous disait que la Finul allait ouvrir la route, mais ça n’a jamais eu lieu », confie une des patientes à bord de Ain Ebel, restée six heures dans l’ambulance entre 13h et 19h, qui devait se rendre pour effectuer des examens Les ambulances de la Croix-Rouge sont restées garés devant le compound de la FINUL à Tiri, selon cette dernière.

Elle précise que la route était coupée au niveau de Haddatha, où un remblai de terre et une porte métallique barraient le passage.

« Bombe sonore »

Par ailleurs, un convoi composé de 200 civils et de véhicules chargés de produits alimentaires à destination des épiceries de Ain Ebel et de Rmeich n’a pas non plus pu atteindre aujourd’hui les villages chrétiens du caza de Bint Jbeil, malgré une autorisation délivrée par le Mécanisme de coordination.

Le maire de Ain Ebel, Ayoub Khreich, indique avoir été informé de cette autorisation la veille vers minuit. « Nous avons immédiatement prévenu les habitants qui souhaitaient revenir aux villages ainsi que les commerçants pour qu’ils puissent acheter leurs marchandises. Ils ont fait le plein de fruits, légumes, et de viandes ». Le convoi est arrivé à Borj Rahal (Tyr) peu avant 7h du matin, mais il est resté bloqué en chemin. « Il a traversé Beit Yahoun, puis Kounine, dans une zone dangereuse située entre les deux protagonistes », indique Tony Farah, l’adjoint du président de la municipalité de Ain Ebel. Là-bas, le convoi a été visé par une bombe sonore, selon une habitante en contact permanent avec le convoi. « Je ne comprends pas comment nous avons obtenu une autorisation alors que les routes étaient barrées », s’interroge M. Farah.

Contactées, l’armée libanaise et la Finul n’ont pas répondu à nos sollicitations dans l’immédiat.

Le dernier convoi humanitaire avait pu atteindre la région le 25 mai, sous l'égide de l’ambassadeur du Vatican, Mgr. Paolo Borgia et les ONG chrétiennes L’Œuvre d’Orient et Caritas.

Cinq ambulances de la Croix-Rouge, parties de Rmeich et de Aïn Ebel en direction de Beyrouth, ont été contraintes de rebrousser chemin, vendredi en début de soirée. C’était la troisième tentative d’évacuation de patients hors de la zone occupée par l'armée israélienne, après un second échec mercredi.« Il y avait 12 patients à bord, dont quatre cas très graves », affirme, à L’Orient-Le Jour, le Dr Maroun El-Alam, gynécologue à Rmeich, qui exerce au dispensaire militaire François El-Hage, ainsi qu'à celui de Ain Ebel. Parmi eux : une patiente éthiopienne atteinte de malaria compliquée d’une coagulation intravasculaire disséminée (CIVD), une Libanaise de Debel souffrant d’une septicémie sévère liée à un diabète et nécessitant une amputation du pied, un enfant syrien de 4 ans tombé d’un...
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