Une femme agite le drapeau iranien lors d’un rassemblement de soutien au guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, et de commémoration de l’Aïd al-Ghadir, à Téhéran, le 4 juin 2026. Photo AFP
L'ancien Premier ministre iranien Mir Hossein Moussavi, figure centrale du mouvement de protestation de 2009 et assigné à résidence depuis 15 ans, a été hospitalisé après une dégradation de son état de santé, a annoncé vendredi un de ses conseillers.
« Il a subi un malaise et a été transféré à l'hôpital. Son état s'est toutefois amélioré depuis », a déclaré à la BBC Ardeshir Amir Arjomand, basé à l'étranger. Selon lui, M. Moussavi a mal vécu le changement du lieu d'assignation à résidence après que son précédent domicile, situé dans le centre de Téhéran, a été touché lors de la frappe américano-israélienne du 28 février qui a tué le guide suprême Ali Khamenei. L'ex-Premier ministre, âgé de 84 ans, et son épouse Zahra Rahnavard, 80 ans, également assignée à résidence depuis 2011, habitaient non loin des bureaux de Khamenei.
« Ils vivent toujours dans l'incertitude et le déracinement. Ils étaient déjà sous pression, et cette pression s'est encore accrue », a souligné Ardeshir Amir Arjomand dans l'interview. « On ignore combien de fois encore ils devront traverser de telles crises avant que les autorités ne comprennent qu'il est temps de les libérer », a-t-il ajouté.
Le site d'information iranien Avash a rapporté jeudi que Mir Hossein Moussavi souffrait d'une grave maladie cardiaque et que sa famille déplorait le manque d'attention des autorités. Selon des informations non confirmées, diffusées vendredi, le ministère de la Santé s'est engagé à suivre de près son état de santé.
Candidat malheureux à la présidentielle de 2009, M. Moussavi avait pris la tête de la contestation contre la réélection du président sortant d'alors, l'ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad, et dénoncé des fraudes massives. Il y a quelques mois, il avait estimé que la répression des manifestations de janvier constituait une « page noire de l'histoire de notre nation », une « grande trahison » et un « crime ».
Mir Hossein Moussavi a été Premier ministre de 1981 à 1989 sous la présidence d'Ali Khamenei, devenu guide suprême après la mort du fondateur de la Révolution islamique, l'ayatollah Rouhollah Khomeini. Rare responsable à avoir exercé le pouvoir dans les années 1980 sans être un religieux, M. Moussavi a été le dernier à occuper le poste de Premier ministre, fonction supprimée dans la Constitution révisée de l'Iran en 1989.

