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Politique - guerre au liban 2026

Mise en garde de Joumblatt : Le Liban risque de perdre le Sud

Lors d’une interview à la LBCI, le leader druze a critiqué l’équipe de négociateurs libanais qui ont « mal évalué » les intentions israéliennes au cours des pourparlers directs.

Mise en garde de Joumblatt : Le Liban risque de perdre le Sud

L’ancien chef du Parti socialiste progressiste, Walid Joumblatt. NNA archive photo

Walid Joumblatt, ancien dirigeant du Parti socialiste progressiste (PSP), a averti que le Liban risquait de perdre le Sud dans un avenir proche, alors que se poursuivent les attaques israéliennes et les destructions. Il a déploré que le Sud ne retrouverait pas son état d’avant la guerre, même en cas de retrait des forces israéliennes.

Dans une émission diffusée lundi par la chaîne locale LBCI, M. Joumblatt a rappelé que le Liban-Sud n’était pas exclusivement chiite, insistant sur la diversité de son tissu social. « Nous ne pouvons pas rester un terrain d’affrontement entre l’Iran et Israël, tout en perdant ce qu’il reste du Sud », a-t-il déclaré. Pour lui, le chef du Hezbollah, Naïm Kassem, « n’a pas le droit d’entraîner à nouveau le pays dans des guerres qui ne le concernent pas, alors que les pertes sont considérables ».

Le conflit avec Israël a repris le 2 mars, lorsque le Hezbollah a ouvert un nouveau front avec Israël pour soutenir l’Iran et venger la mort du Guide suprême iranien, Ali Khamenei. Depuis, le Sud est victime d’une nouvelle occupation israélienne, et les agressions y sont quotidiennes. Le Hezbollah a perdu encore plus de terrain que durant la guerre de 2024, et semble avoir suspendu pour l’instant ses actions.

Des négociateurs qui ont « mal évalué » la situation

Interrogé sur les pourparlers directs entre le Liban et Israël lancés depuis avril et ayant abouti à un accord-cadre en juin, M. Joumblatt a critiqué la délégation libanaise chargée de ces négociations, affirmant qu’elle avait « mal évalué la situation ». « (Les négociateurs) pensaient que la signature de l’accord-cadre tripartite entraînerait un retrait israélien du Liban-Sud, mais cela ne s’est pas produit », a-t-il déploré.

Depuis la signature de cet accord en juin, seule une « zone pilote » a effectivement été évacuée par les Israéliens en vue d’un déploiement de l’armée libanaise, correspondant au village de Zaoutar el-Gharbiyé, à Nabatiyé.

Le leader druze s’est par ailleurs opposé « aux conditions préalables qui pourraient ouvrir la voie à une normalisation complète avec Israël » et a affirmé qu'il « n'était pas favorable à l'abrogation de la loi criminalisant les relations avec Israël ». « La destruction est-elle synonyme de paix ? La construction de colonies est-elle synonyme de paix ? » a-t-il demandé, en référence au Liban-Sud et à la Cisjordanie, s'interrogeant sur la possibilité de parvenir à la paix avec un pays qui n'en veut pas.

Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, a exhorté le président libanais Joseph Aoun, lors d'un entretien téléphonique début octobre, à abroger la loi libanaise de 1955 sur le boycott d'Israël, faisant valoir que ce texte entrave les avancées vers la paix et les progrès diplomatiques. Les négociations entre le Liban et Israël doivent reprendre mardi à Tampa, en Floride, après une suspension de presque trois mois. La délégation libanaise exige, quant à elle, un arrêt immédiat de l'offensive israélienne ainsi que le rétablissement intégral de la souveraineté libanaise.

Israël a toutefois réaffirmé qu’il maintiendrait sa présence militaire et son occupation tant qu’il ne sera pas avéré que le Hezbollah a été désarmé et que ses infrastructures ont été démantelées. Si le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil Fahmy, a déclaré — à l’issue d’un entretien avec le président Joseph Aoun — que les négociations bénéficient d’un soutien arabe total, ce cadre se heurte à de fortes turbulences sur la scène intérieure. Le Hezbollah et ses alliés au Parlement, dont le député Hassan Fadlallah, s’opposent fermement à l’accord de juin 2026, avertissant que son application stricte risque de déclencher un conflit civil interne.

Appels au dialogue

Malgré ses critiques à l'égard des négociations, Joumblatt a appelé à un « dialogue national afin d'éviter de nouvelles divisions internes, dans un contexte de tensions régionales accrues ».

Il a estimé que « le Liban doit préserver son unité nationale et résoudre ses désaccords internes par le dialogue, y compris entre le Hezbollah et le chef des Forces libanaises (FL), Samir Geagea ». Il a également plaidé pour des discussions avec l'Iran, affirmant qu'il n'existe aucune alternative au dialogue.

M. Joumblatt a averti que « ni les politiques régionales de l'Iran, ni celles des États-Unis ne servent les intérêts du Liban », soutenant qu'Israël est la seule partie à tirer profit de cette confrontation plus large.

Il a également critiqué ce qu'il a qualifié de tentatives visant à entraîner le Liban dans des guerres étrangères à ses intérêts. « Pourquoi sacrifier le Sud et ses enfants, qu'ils soient chiites ou chrétiens, et pousser certains membres de la communauté druze dans les bras d'Israël ? », s’est-il interrogé, en référence aux druzes de l’intérieur israélien.

M. Joumblatt a par ailleurs appelé à soutenir l'armée libanaise, condamnant les campagnes dirigées contre son commandant en chef Rodolphe Haykal, sous prétexte que son action contre le Hezbollah n’est pas assez ferme. Il a également exhorté le gouvernement à définir des priorités claires — évoquant la hausse du coût de la vie et les risques de troubles sociaux — et a salué les promesses de soutien du Qatar dans le secteur de l'électricité.

Vendredi, le Premier ministre Nawaf Salam a annoncé que le Qatar avait proposé de financer, mettre en œuvre et exploiter un projet dans le secteur libanais de l'électricité, sans exiger d'investissement initial de la part du Trésor libanais.


Walid Joumblatt, ancien dirigeant du Parti socialiste progressiste (PSP), a averti que le Liban risquait de perdre le Sud dans un avenir proche, alors que se poursuivent les attaques israéliennes et les destructions. Il a déploré que le Sud ne retrouverait pas son état d’avant la guerre, même en cas de retrait des forces israéliennes.Dans une émission diffusée lundi par la chaîne locale LBCI, M. Joumblatt a rappelé que le Liban-Sud n’était pas exclusivement chiite, insistant sur la diversité de son tissu social. « Nous ne pouvons pas rester un terrain d’affrontement entre l’Iran et Israël, tout en perdant ce qu’il reste du Sud », a-t-il déclaré. Pour lui, le chef du Hezbollah, Naïm Kassem, « n’a pas le droit d’entraîner à nouveau le pays dans des guerres qui ne le concernent pas, alors que les pertes...
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