Des membres des forces de sécurité portent un cercueil lors de la cérémonie funéraire de 47 victimes tuées par le groupe État islamique (EI) lors de la prise de la ville de Mossoul en 2014 — et dont les dépouilles ont été retrouvées par la suite —, à Mossoul, le 20 octobre 2026. Photo de Zaid AL-OBEIDI / AFP
L'Irak a organisé mardi des funérailles pour 47 membres des forces de sécurité tués il y a dix ans par le groupe jihadiste Etat islamique (EI) et dont les restes ont été retrouvés dans un charnier près de Mossoul.
Les photos des victimes ont été exposées et leurs cercueils recouverts du drapeau irakien lors d'une cérémonie sur une place de cette ville du nord du pays, qui était au coeur de l'ancien territoire de l'Etat islamique, ont constaté des journalistes de l'AFP. Ces 47 membres des forces de sécurité ont été exécutés en 2016 par les jihadistes de l'EI, a indiqué à l'AFP Dhurgham Kamel, directeur général adjoint du département des fosses communes et des personnes disparues. Leurs dépouilles ont été retrouvées dans deux fosses à Hamam al-Alil, près de Mossoul.
Après une montée en puissance fulgurante en 2014, l'EI avait multiplié les exactions dans les territoires conquis en Irak et en Syrie voisine. Mis en déroute en 2017 en Irak, il a laissé derrière lui plus de 200 charniers qui pourraient renfermer jusqu'à 12.000 corps, selon l'ONU. De nombreuses victimes restent portées disparues. Les autorités irakiennes continuent de mettre au jour de nouvelles fosses communes, concentrées dans les zones urbaines.
« Le deuil plane au-dessus de nous », a déclaré Ibrahim al-Jubouri, maître de conférences à l'université âgé de 46 ans, qui a reçu la dépouille de son cousin. Pour lui, le chagrin reste vif, même une décennie après. Il a également estimé que le gouvernement mettait trop de temps à retrouver les disparus, alors que près de neuf ans se sont écoulés depuis que Bagdad a déclaré l'EI vaincu. Outre ces fosses communes des jihadistes, l'Irak continue aujourd'hui encore à mettre au jour des charniers datant du régime de Saddam Hussein, renversé par l'invasion américaine de 2003. Depuis 2006, les autorités ont découvert environ 290 charniers, selon la Fondation des martyrs, institution gouvernementale gérant cet épineux dossier.
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