Le porte-parole du département d’État américain, Tommy Pigott, lors d'une conférence de presse à Washington. Photo AFP
Le porte-parole du département d’État américain, Tommy Pigott, a affirmé mardi que Washington poursuivait ses contacts avec le Liban et Israël afin de faire avancer les négociations entre les deux pays, au point mort depuis les dernières réunions à Rome en août. Il a également insisté sur la nécessité de désarmer le Hezbollah pour ouvrir la voie à la reconstruction du Liban-Sud et au retour des déplacés, une condition martelée par les Etats-Unis, affirmant que des pays du Golfe et d'Europe pourraient mobiliser des « milliards de dollars » dans ce dossier.
« Personne ne prétend que les choses sont faciles, mais il y a une avancée historique qui a été effectuée », a-t-il déclaré, dans un entretien accordé à Sky News Arabia, soulignant que les discussions techniques se poursuivaient et que Washington échangeait régulièrement avec les responsables des deux pays afin de faire avancer la mise en œuvre de l'accord tripartite réunissant les États-Unis, le Liban et Israël. Signé en juin dernier, cet accord prévoit d'ouvrir la voie à « une paix et une sécurité durables » entre les deux pays, et insiste sur le monopole de l'Etat libanais sur les armes.
Abordant la question de la reconstruction au Liban-Sud, Tommy Pigott a déclaré que « les États-Unis travaillent avec leurs partenaires dans le Golfe et en Europe afin de mobiliser des milliards de dollars » pour ce dossier. Il a toutefois conditionné la reconstruction au retrait des armes du parti chiite : « des milliards de dollars pourront être injectés au Liban, mais après le désarmement du Hezbollah », a-t-il précisé.
Interrogé sur la demande du Premier ministre libanais, Nawaf Salam, visant à mettre en place un mécanisme de vérification du retrait israélien, Tommy Pigott a précisé que cette question était « déjà abordée dans le cadre des discussions techniques en cours ». Il a souligné que le président américain Donald Trump et le secrétaire d’État avaient eu « des échanges et des entretiens avec des responsables de haut rang libanais et israéliens ». « Nous sommes déterminés à soutenir les capacités de l’armée libanaise », a-t-il également assuré.
De l'argent iranien qui « n'existe pas »
Tommy Pigott a également abordé la question du financement du Hezbollah, accusant le parti chiite d'activités reliées aux stupéfiants pour financer sa lutte armée. « Ils disent qu'ils ne reçoivent pas d'argent de l'Iran. D'où vient l'argent (du Hezbollah) ? Ils utilisent la drogue pour construire des infrastructures terroristes, et non pas pour aider qui que ce soit », a déclaré le responsable américain. « Le Hezbollah, dans ses conférences de presse et ses médias mensongers, continue d'entraîner les Libanais vers les conflits et reçoit ses directives de Téhéran », a-t-il ajouté.
Mardi, le Hezbollah a annoncé dans une conférence de presse à Beyrouth un nouveau programme d’aide financière au relogement des déplacés et des familles dont les habitations ont été détruites ou rendues inhabitables par les bombardements israéliens. La semaine dernière, l'agence Reuters affirmait que le parti-milice avait reçu 200 millions de dollars de l’Iran pour venir en aide aux déplacés ; une information qui n'avait pas été confirmée par le Hezbollah.
Dans un communiqué publié mardi, un porte-parole du département d’État américain a en outre critiqué le programme d'aide du Hezbollah, dénonçant une « annonce mensongère de plus qui vise à sauver la réputation du parti, et non à aider les personnes qu’il a entraînées dans la guerre dès le départ. » Ce responsable a également affirmé que « l’argent supposément envoyé par l’Iran n’existe tout simplement pas », en référence aux 200 millions de dollars que l’Iran aurait versés.

