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Politique - Diplomatie

Lacroix : Les discussions vont s'engager à l'ONU sur l'avenir de la Finul et l'avis du Liban doit y être entendu

Le secrétaire général adjoint des Nations unies aux opérations de paix est en visite à Beyrouth, à moins de trois mois de la fin du mandat de la force onusienne dans le Sud.

Lacroix : Les discussions vont s'engager à l'ONU sur l'avenir de la Finul et l'avis du Liban doit y être entendu

Un véhicule franchit l'entrée d'une base de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), près de Mansouri, dans le sud du Liban, le 19 septembre 2026. Mohamed Azakir/Reuters

Le Liban doit avoir son mot à dire sur le sort de la Force intérimaire de l'ONU (Finul) déployée dans le Sud. C'est l'un des points sur lequel a insisté mercredi le secrétaire général adjoint des Nations unies aux opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix, à l’issue d'une rencontre avec le président Joseph Aoun. Les Casques bleus doivent, à moins d'une nouvelle décision prise d'ici là, entamer fin décembre leur retrait du Liban-Sud.

Depuis Baabda, M. Lacroix, qui est accompagné dans sa tournée auprès des responsables du commandant en chef de la Finul, Diodato Abagnara, a estimé que les discussions vont « désormais s'engager » au Conseil de sécurité concernant l'avenir de la Finul. Une session du Conseil s'était penchée sur la question début septembre, décision concrète, alors que les Etats-Unis s'opposent catégoriquement à toute prorogation du mandat de la Force, qui est régulièrement critiquée par Israël.

Pour le secrétaire général adjoint, il est important, « voire indispensable » lors des futurs débats « que la voix du Liban soit entendue à ce sujet, vu que l'Etat libanais est directement concerné par cette question ». « Il est important de participer activement aux discussions en cours au Conseil de sécurité et de parvenir à la meilleure issue possible », a-t-il insisté, affirmant savoir que Beyrouth « réclame une prorogation temporaire » du mandat de la Finul. Et de souligner que sur le terrain, « la situation reste complexe », au vu des attaques quotidiennes d'Israël sur le Liban-Sud, malgré un cessez-le-feu conclu en juin dans le cadre du protocole d'accord entre Washington et Téhéran, et de l'occupation par l'armée israélienne de plus de 600 km2 du territoire libanais.

Les options de Guterres « toujours sur la table »

Jean-Pierre Lacroix a en outre estimé que l'ONU a « toujours un rôle à jouer » pour soutenir les efforts de Beyrouth à « rétablir la stabilité et restaurer la pleine souveraineté » de l'Etat. Il a rappelé que le secrétaire général de l'ONU avait pour cela présenté plusieurs options pour maintenir la présence de l'ONU au Liban après décembre, et qu'elles sont « toujours sur la table ». Alors que la Finul compte actuellement près de 7.500 Casques bleus, le secrétaire général a proposé trois options allant de près de 2.000 à plus de 5.500 personnels en uniforme pour permettre notamment de surveiller le cessez-le-feu et soutenir l'armée libanaise.

Ces options étudiées reposent toutes sur un même principe : remplacer progressivement la structure actuelle de la Finul par une présence plus légère centrée sur l’observation, le report, la liaison, la désescalade et la surveillance de la cessation des hostilités. Toutes prévoient des observateurs militaires, appuyés par des moyens de protection, de mobilité, d’évacuation médicale, de génie militaire et de déminage, ainsi que par des capacités technologiques avancées : drones, radars, hélicoptères et imagerie satellitaire.

Les « sacrifices » des Casques bleus

De son côté, Joseph Aoun a insisté sur le fait que Beyrouth « tient au maintien » de la Finul, évoquant son « rôle important et les sacrifices consentis » par les Casques bleus. Si aucun soldat de la paix n'avait été tué pendant la guerre d'octobre 2023 à novembre 2024, sept d'entre eux ont perdu la vie au Liban-Sud depuis la réouverture du front le 2 mars 2026. La zone occupée par Israël est localisée majoritairement au sud du fleuve Litani, soit dans la zone d'opérations de la Finul. Cela rend la présence de forces internationales sur place « particulièrement importante », selon le chef de l'Etat, qui a estimé qu'un retrait de l'ONU « aurait des répercussions négatives sur la situation sécuritaire dans la région, en plus de priver celle-ci de toute surveillance internationale sur ce qui s’y déroule. » Il a dit espéré que le Conseil de sécurité « donnera suite à la demande du Liban de maintenir la mission opérationnelle de la Finul au cours de l’année prochaine », et a fortiori dans le cas d'un retrait israélien et du déploiement de l'armée libanaise dans la zone, étant donné que cette dernière « doit pouvoir continuer à bénéficier des services humanitaires et logistiques essentiels fournis par la Finul. »

Dans le cadre de sa visite à Beyrouth, Jean-Pierre Lacroix a également rencontré le président de la Chambre, Nabih Berry, et des ambassadeurs et représentants des pays disposant de contingents au sein des Casques bleus.

En août 2025, le Conseil de sécurité, sous la pression des Etats-Unis, avait décidé de mettre un terme au mandat de la Finul le 31 décembre 2026. Il avait toutefois demandé à Antonio Guterres de proposer d'ici au 1er juin des options pour permettre à l'ONU de continuer notamment à surveiller la Ligne bleue, qui s'étend sur 120 kilomètres, traçant une frontière de facto entre le Liban et Israël.

Parallèlement aux discussions qui devraient reprendre donc au Conseil de sécurité sur le dossier de la Finul, l'Union européenne a approuvé le 12 octobre l'établissement d'une « mission de soutien » au Liban, qui vise le déploiement pendant un mandat initial de trois ans, d'environ 150 personnels pour des missions de formation et d'assistance aux autorités, sur différents projets répartis entre un volet civil et un militaire.

Le Liban doit avoir son mot à dire sur le sort de la Force intérimaire de l'ONU (Finul) déployée dans le Sud. C'est l'un des points sur lequel a insisté mercredi le secrétaire général adjoint des Nations unies aux opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix, à l’issue d'une rencontre avec le président Joseph Aoun. Les Casques bleus doivent, à moins d'une nouvelle décision prise d'ici là, entamer fin décembre leur retrait du Liban-Sud. Depuis Baabda, M. Lacroix, qui est accompagné dans sa tournée auprès des responsables du commandant en chef de la Finul, Diodato Abagnara, a estimé que les discussions vont « désormais s'engager » au Conseil de sécurité concernant l'avenir de la Finul. Une session du Conseil s'était penchée sur la question début septembre, décision concrète,...
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