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Économie - Énergie

En chiffres : au Liban, la climatisation et la réfrigération représentent 26 % de la consommation d’électricité

Ce chiffre, récemment avancé par la ministre de l’Environnement, montre l’ampleur de l’impact de ce secteur sur la demande énergétique.

En chiffres : au Liban, la climatisation et la réfrigération représentent 26 % de la consommation d’électricité

Des climatiseurs installés sur le toit d’une entreprise en banlieue de Beyrouth, le 2 octobre 2026. Photo L’Orient-Le Jour

Au Liban, la climatisation et la réfrigération sont responsables de 26 % de la consommation énergétique. C’est ce qu’a annoncé la ministre de l’Environnement, Tamara Elzein, jeudi à l’occasion de la distribution de certificats d’honneur à des techniciens dans le domaine. Selon la responsable, l’amélioration de l’efficacité de ces systèmes devrait être une priorité nationale en raison de leur impact écologique, dans un pays qui peine à produire assez d’électricité et qui se rabat depuis des décennies sur des générateurs privés polluants.

Élie Mansour, chef de projet de l’Unité nationale d’Ozone (UNO), gérée par le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) au ministère de l’Environnement, commente ce chiffre à L’Orient-Le Jour.

Selon l’expert « ce chiffre (...) provient des travaux de modélisation réalisés dans le cadre du Plan national d’action pour le refroidissement du Liban (NCAP 2026) dirigé par l’UNO », sur base de méthodologies conformes à des standards internationaux. Les estimations présentées s’appuient sur des études menées entre 2018 et 2024. « Pour 2024, le NCAP estime que les secteurs de réfrigération et refroidissement ont consommé environ 6,0 à 6,2 TWh (térawattheures, dont chacun équivaut à un milliard de kilowattheures, NDLR) d’électricité, soit environ un quart de la consommation électrique nationale, ce qui conduit à la valeur de référence de 26 % », dit-il.

L’étude a pris en compte de nombreux facteurs, notamment les données d’importation et de vente des équipements de climatisation et de réfrigération, les caractéristiques techniques des appareils (puissance, efficacité énergétique, durée de vie), les conditions climatiques libanaises, ou encore les habitudes d’utilisation observées dans les ménages, les commerces et les industries. Interrogé sur les activités comprises dans cette appellation de secteur du refroidissement, M. Mansour évoque la climatisation dans les foyers, les bureaux, les commerces, les hôtels, les hôpitaux et les administrations, les réfrigérateurs domestiques et la réfrigération commerciale, les entrepôts frigorifiques et les installations industrielles, ainsi que la chaîne du froid pour les produits alimentaires et les produits médicaux.

Le Liban, pas un cas isolé

Selon Élie Mansour, « le Liban n’est pas un cas isolé ». Il explique que « dans de nombreux pays chauds ou méditerranéens, le refroidissement représente déjà une part très importante de la consommation électrique. Les analyses de l’Agence internationale de l’énergie montrent que la région Moyen-Orient et Afrique du Nord figure parmi les zones où la croissance de la demande de refroidissement est la plus rapide au monde ».

Au Liban, plusieurs facteurs expliquent ce taux élevé de consommation énergétique. L’expert cite les conditions climatiques, avec les étés de plus en plus chauds et longs. La forte urbanisation est également pointée du doigt : les grandes agglomérations, notamment Beyrouth, subissent un effet d’îlot urbain de chaleur qui accroît les températures ressenties et augmente les besoins en climatisation.

De plus, une part importante des bâtiments a été construite avant l’introduction de standards modernes d’isolation thermique. Enfin, l’efficacité des équipements est en jeu. « Le NCAP identifie encore un écart important entre l’efficacité moyenne des équipements actuellement utilisés au Liban et les meilleures technologies disponibles à l’international », souligne l’expert.

Cette consommation accrue d’énergie a un coût environnemental. Le secteur du refroidissement émet en effet des émissions indirectes liées à la consommation d’énergie qu’il entraine. Il est aussi responsable d’émissions directes liées aux fluides frigorigènes, qui sont les composés chimiques ou naturels qui circulent en circuit fermé dans les systèmes de climatisation, de réfrigération ou de pompes à chaleur. Quand il arrive à ces fluides de s’échapper durant l’utilisation ou la maintenance des équipements, ils entrainent des émissions non négligeables, étant donné qu’« ils possèdent un potentiel de réchauffement global qui est supérieur de plusieurs centaines ou milliers de fois à celui du CO2 ». L’expert rappelle que « selon le NCAP, le secteur du refroidissement au Liban génère environ 8,2 millions de tonnes équivalent de CO₂ par an, dont près de 77 % proviennent de la consommation énergétique et environ 23 % des émissions de fluides frigorigènes ».

Sensibiliser les consommateurs

Cette consommation énergétique due au secteur du refroidissement n’est pas une fatalité. « Le Liban prévoit d’introduire progressivement des normes minimales pour éliminer du marché les climatiseurs et réfrigérateurs les moins performants énergétiquement », indique Élie Mansour. Il faudra aussi promouvoir le refroidissement alimenté par l’énergie solaire, « le Liban disposant d’un potentiel exceptionnel avec près de 300 jours d’ensoleillement par an ».

Pour atteindre les objectifs de réduction des émissions, il sera crucial d’améliorer aussi l’efficacité thermique des bâtiments, notamment par l’isolation des toitures, des vitrages performants et la ventilation naturelle. Il faudra aussi sensibiliser les consommateurs à l’entretien de leurs équipements. « Selon les projections du NCAP, la mise en œuvre de ces mesures permettrait d’économiser environ 1,220 GWh d’électricité par an d’ici à 2035, soit une réduction de près de 15 % de la consommation du secteur, tout en évitant environ 0,85 million de tonnes de CO₂ équivalent par an », conclut Élie Mansour.



Au Liban, la climatisation et la réfrigération sont responsables de 26 % de la consommation énergétique. C’est ce qu’a annoncé la ministre de l’Environnement, Tamara Elzein, jeudi à l’occasion de la distribution de certificats d’honneur à des techniciens dans le domaine. Selon la responsable, l’amélioration de l’efficacité de ces systèmes devrait être une priorité nationale en raison de leur impact écologique, dans un pays qui peine à produire assez d’électricité et qui se rabat depuis des décennies sur des générateurs privés polluants.Élie Mansour, chef de projet de l’Unité nationale d’Ozone (UNO), gérée par le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) au ministère de l’Environnement, commente ce chiffre à L’Orient-Le Jour.Selon l’expert « ce chiffre (...) provient des...
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