Une passagère iranienne transportant des bagages quitte l'aéroport international de Najaf après son arrivée par un vol d'AVA Airlines, à Najaf (Irak), le 23 septembre 2026. Photo Alaa Al-Marjani/Reuters
Le gouvernement irakien a dit samedi discuter avec Washington pour obtenir une exemption à l'interdiction américaine visant les compagnies aériennes iraniennes, qui perturbe la circulation de patients, étudiants et pèlerins entre les deux pays voisins.
Tous les aéroports irakiens ont appliqué cette semaine ces nouvelles sanctions imposées par les États-Unis dans leur guerre avec Téhéran, dont notamment celui de Najaf, ville qui abrite un des sanctuaires chiites les plus vénérés au monde, et constitue un hub majeur pour les vols iraniens.
« Le gouvernement irakien mène des discussions directes avec la partie américaine afin d'exempter certains aéroports de ces mesures », a indiqué le bureau du Premier ministre.
Une exemption permettrait la reprise de vols « pour des raisons humanitaires, notamment les soins médicaux, l'éducation, les visites religieuses, et dans l'intérêt des civils », a-t-il ajouté.
Les compagnies iraniennes transportent principalement des pèlerins chiites irakiens vers les villes saintes d'Iran, ainsi que des Iraniens se rendant sur des sites sacrés en Irak. Les vols desservent également des Irakiens poursuivant leurs études en Iran et des patients allant s'y faire soigner.
Plusieurs Irakiens ont témoigné auprès de l'AFP des difficultés provoquées par la suspension dans la nuit de jeudi à vendredi de tous les vols iraniens à l'aéroport de Najaf.
Certains craignent de perdre l'accès aux traitements en Iran, d'autres s'y sont retrouvés bloqués, avec pour seule option un voyage de plus de 12 heures par voie terrestre pour rentrer chez eux, alors que les compagnies irakiennes ont pour leur part cessé de desservir l'Iran au début du conflit au Moyen-Orient, en février.
Les taxis et les bus pour rallier l'Irak sont déjà « bondés et les prix augmentent », a relaté au téléphone un doctorant irakien, Assad Jabar, bloqué dans la ville sainte iranienne de Qom vendredi.
Les États-Unis ont placé sous sanctions début septembre l'ensemble du secteur aérien de l'Iran et juré d'être intraitables à l'égard des entreprises étrangères qui lui prêteraient assistance, sous peine d'être à leur tour placées sur liste noire.
Lundi, le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent avait annoncé qu'elles avaient jusqu'à mercredi pour se mettre en conformité.
Les relations entre l'Irak et son voisin l'Iran, deux pays à majorité chiite, sont depuis longtemps étroites, en raison de liens religieux, ainsi que d'intérêts politiques et économiques.
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