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Culture - Concert

À l’AUB, les chansons de Baalbeck font battre la mémoire

Pour clore la semaine consacrée aux 70 ans du Festival international de Baalbeck, l’Ensemble arabe de l’Université américaine de Beyrouth a redonné vie à dix-huit œuvres créées entre 1957 et 1974. Le public, lui, n’avait pas oublié les refrains.

À l’AUB, les chansons de Baalbeck font battre la mémoire

Sous la direction du maestro Fady M. Yaacoub, l’Ensemble arabe de l’AUB fait revivre à l’Assembly Hall les grandes heures musicales du Festival international de Baalbeck. Photo L'Orient-Le Jour

Les premières notes retentissent et déjà la salle fredonne. De part et d’autre de la scène, les paroles s’affichent sur des écrans. On tape du pied, on sourit, on applaudit. Certains chants semblent n’avoir jamais quitté les mémoires. Samedi soir, l’Assembly Hall de l’Université américaine de Beyrouth avait des airs de Baalbeck.

Le concert, intitulé Échos du patrimoine musical de Baalbeck, 1957-1974, clôturait la Semaine du Festival international de Baalbeck à l’AUB, organisée pour les 70 ans de la manifestation. Sous la direction du maestro Fady M. Yaacoub, avec le concours de la cheffe de chœur Manal Bou Malhab, l’Ensemble arabe du Programme Zaki Nassif pour la musique a interprété dix-huit œuvres tirées des premières décennies du festival.

Tallou Hbabna, Hala b’hatalli, Ya Leila, Janna el-Hawa w Ntor el-Chajar, Weynak ya khayyal nzal, Tarakouni Ahli bi Hallayl… Les titres se succèdent et la distance entre la scène et le public disparaît. Grâce aux paroles projetées, chacun peut suivre, puis reprendre les refrains. Le concert ressemble moins à un hommage solennel qu’à des retrouvailles. On reconnaît parfois une mélodie avant même de se souvenir de son titre.

Quand « les dieux passaient par Baalbeck »

Au nom du Programme Zaki Nassif pour la musique, Leila Bsat a d’abord évoqué le lieu où tous auraient aimé célébrer cet anniversaire : la cité du Soleil. Elle a cité le poète Talal Haïdar : « Seuls les dieux passent par Baalbeck. » Puis elle a ajouté : « Et en effet de 1957 à 1974, les dieux sont passés par Baalbeck, à travers ses festivals. » Ces dieux, ce sont les compositeurs, chanteurs, poètes, chorégraphes et interprètes qui ont fait du site antique l’une des grandes scènes de la culture musicale libanaise et arabe.

Le choix de la période, de 1957 à 1974, renvoie aux années où s’est formé le répertoire associé à l’âge d’or du festival. C’est aussi le temps de la Renaissance musicale libanaise, née au début des années 1950 autour de Radio Liban et de la « Ligue des cinq ».

Les archives du festival recensent 187 entrées musicales pour ces dix-sept années. Les frères Rahbani en signent 44, Zaki Nassif 36, Walid Gholmieh 31, Philémon Wehbé 18, Toufic el-Bacha 11, Wadih el-Safi 10, Roméo Lahoud 9 et Élie Choueiri 3. À eux seuls, ils représentent 162 œuvres. Ces chiffres racontent aussi l’histoire d’une musique libanaise moderne, portée par des écritures et des voix très différentes, mais réunies sur une même scène.

Pour préparer le concert, les organisateurs se sont appuyés sur les archives du Festival international de Baalbeck, ainsi que sur les Fonds Zaki Nassif et Walid Gholmieh conservés à l’AUB. Ils ont retrouvé les partitions, identifié les œuvres et les ont confiées aux musiciens. Certaines pièces ont été écartées pour éviter d’éventuels problèmes de droits d’auteur ou d’exécution.


Ce travail discret est au cœur de la soirée. Une archive ne vit vraiment que lorsqu’elle sort de ses boîtes et retourne sur scène. Leila Bsat a d’ailleurs insisté sur la nécessité de mieux faire connaître les artistes qui ont marqué Baalbeck : Zaki Nassif, Toufic el-Bacha, Sabah, Walid Gholmieh, Philémon Wehbé, Roméo Lahoud ou encore Majdala.

Ancienne étudiante de l’AUB et membre fondatrice du Programme Zaki Nassif pour la musique, elle a aussi appelé à un partenariat durable entre le festival et le programme de l’université. L’objectif serait de poursuivre les recherches, de documenter ce patrimoine, mais aussi de l’interpréter et de l’enseigner.

Des archives aux voix du public

Au cours de la soirée, le président de l’AUB Fadlo R. Khuri a remis à Nayla de Freige, présidente du comité du Festival international de Baalbeck, un trophée célébrant les 70 ans de la manifestation. Un hommage qui liait l’histoire du festival à celle de l’université.

Mais la transmission se jouait surtout dans la salle. Elle était dans ces pieds qui marquaient le rythme, dans ces refrains fredonnés et dans les sourires émus. Une chanson reste vivante tant que quelqu’un la reprend. Samedi soir, le public en connaissait encore beaucoup par cœur. Un regret, pourtant : dans cette salle universitaire, les jeunes visages étaient rares. Car cette mémoire ne pourra vraiment se transmettre que si une nouvelle génération s’en empare à son tour.

Le concert s’est achevé sur Raje’ Yet’ammar Lebnan — « Le Liban sera rebâti ». En guise de finale, le choix touchait juste. Après un voyage à travers dix-huit œuvres du passé, la chanson regardait vers l’avenir. Elle portait un espoir presque folklorique, mais quand même rassurant dans sa familiarité.

Nayla de Freige avait formulé un autre souhait quelques instants plus tôt : que la prochaine rencontre ait lieu à Baalbeck même. En attendant, la musique avait ramené la cité du Soleil à Beyrouth.

Les premières notes retentissent et déjà la salle fredonne. De part et d’autre de la scène, les paroles s’affichent sur des écrans. On tape du pied, on sourit, on applaudit. Certains chants semblent n’avoir jamais quitté les mémoires. Samedi soir, l’Assembly Hall de l’Université américaine de Beyrouth avait des airs de Baalbeck.Le concert, intitulé Échos du patrimoine musical de Baalbeck, 1957-1974, clôturait la Semaine du Festival international de Baalbeck à l’AUB, organisée pour les 70 ans de la manifestation. Sous la direction du maestro Fady M. Yaacoub, avec le concours de la cheffe de chœur Manal Bou Malhab, l’Ensemble arabe du Programme Zaki Nassif pour la musique a interprété dix-huit œuvres tirées des premières décennies du festival.Tallou Hbabna, Hala b’hatalli, Ya Leila, Janna el-Hawa w Ntor...
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