Maria Doueihy, interprète d’ « Al Qornet Al Bayda », présenté en ouverture du festival. Photo fournie par Hamzeh Hariri
Le festival « Écho du Théâtre » revient à Jbeil du 24 au 27 septembre pour une deuxième édition placée sous le patronage du ministère de la Culture. Organisé par l’association « Théâtre de Demain », en collaboration avec la municipalité de Jbeil-Byblos, l’événement propose quatre soirées où se croisent théâtre, musique, patrimoine et mémoire.
Les représentations se tiendront à nouveau dans l’ancienne magnanerie de l’Orphelinat arménien de Jbeil, Birds’ Nest. Construit en 1920 au bord de la mer, ce lieu patrimonial avait contribué à l’atmosphère particulière de la première édition. Il devient progressivement indissociable de l’identité du festival, créant un dialogue entre les traces du passé et les formes contemporaines de la scène libanaise.
Entre humour et traditions
Après avoir réuni plus de 1 200 spectateurs autour de quatre spectacles lors de sa première édition, « Écho du Théâtre » ouvrira sa programmation jeudi 24 septembre à 20 heures avec Al Qornet Al Bayda, de Yahya Jaber et Maria Doueihy. La pièce plonge au cœur de Zghorta-Ehden, là où les traditions et la mémoire collective se confondent avec les récits de ses habitants.
Portée par Maria Doueihy, la performance mêle humour, nostalgie et douleur pour explorer les contrastes d’une communauté profondément attachée à ses racines. Elle interroge l’identité et l’appartenance, mais aussi la tension entre le poids de l’héritage, le désir de liberté et la recherche de soi.
Le vendredi 25 septembre, le festival présentera une nouvelle création réunissant Zeina Daccache et Karim Chebli, زينا لبست خلخالها. Après plusieurs années consacrées à l’exploration de sujets difficiles, Zeina Daccache revient avec une performance d’abord légère et pleine d’humour, avant que les souvenirs familiaux ne la ramènent au jour des funérailles de son père.
Entre mémoire et imagination, la comédienne fait ressurgir des personnages, des histoires et des secrets de famille restés sans réponse. La pièce prend la forme d’un voyage intime et ludique autour de ce qu’il faut parfois accepter de laisser derrière soi pour pouvoir enfin danser.
Musique à l'honneur
La musique prendra le relais samedi 26 septembre avec سيدات الضوء (Dames de lumière), un spectacle musical théâtralisé conçu et interprété par Jahida Wehbe. L’artiste y revisite les voix et les visages de femmes qui ont marqué le chant, le théâtre, la poésie et les arts de la scène.
De Sabah, Feyrouz, Asmahan, Warda et Oum Kalthoum à Édith Piaf, Souad Hosni, Rida Khoury et Faten Hamama, le spectacle rend hommage à des artistes dont la créativité a façonné l’imaginaire collectif. Il évoque également des danseuses et des poétesses qui ont repoussé les frontières de l’expression, par l’éloquence du corps ou la force des mots.

Dames de lumière constitue aussi un voyage personnel parmi les voix que Jahida Wehbe a aimées et les femmes qui l’ont inspirée. Le chant y devient une demeure de la mémoire, et la scène un lieu où les artistes disparues continuent de vivre.
La programmation s’achèvera dimanche 27 septembre avec Wadad, de Lina Abiad et Christine Choueiri. La pièce raconte l’histoire d’une femme dont la recherche de son mari disparu, Adnan, se transforme progressivement en un combat collectif pour les disparus du Liban et leurs familles.
Refusant le silence et l’oubli, Wadad poursuit sa quête de vérité malgré les années qui passent. Son histoire d’amour porte ainsi en elle celles de près de 17 000 personnes disparues pendant la guerre civile libanaise, mais aussi celle d’un pays qui continue de les chercher.
Fondée en 2023, l’association « Théâtre de Demain » œuvre au rayonnement du théâtre libanais et à la décentralisation de l’action culturelle. À travers « Écho du Théâtre », elle entend installer à Jbeil un rendez-vous annuel, favoriser la rencontre entre les artistes et le public et soutenir de nouvelles créations.
Les quatre spectacles débuteront à 20 heures. Réservations auprès de Virgin Ticketing.
