Des maisons détruites dans le village de Kfar Tebnit, près de la colline de Ali Taher, au sud-est de Nabatiyé, après les dynamitages israéliens massifs de la veille. Photo AFP
Au lendemain des dynamitages massifs ayant détruit un réseau souterrain du Hezbollah dans la colline de Ali Taher, au sud-est de Nabatiyé au Liban-Sud, Israël a fait comprendre que sa campagne contre le Hezbollah était encore loin d'être achevée, à en croire plusieurs de ses hauts responsables politiques et militaires.
Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a affirmé vendredi que l’État hébreu était « prêt à continuer de frapper le Hezbollah, y compris dans d’autres secteurs ». « Il y a désormais une zone de sécurité solide, plus solide que jamais, qui protège nos communautés », a-t-il ajouté, en allusion aux dynamitages de grande ampleur ayant pulvérisé un réseau de tunnels du Hezbollah enfoui dans la colline de Ali Taher qui s'étendait sur « plus de deux kilomètres », selon l'armée israélienne. En utilisant plus de 1 100 tonnes d'explosifs pour le détruire, les troupes occupantes ont provoqué une secousse comparable à un séisme de magnitude 4,1 sur l'échelle de Richter.
« La nuit dernière, nous avons détruit l’infrastructure souterraine sous Ali Taher, le principal centre de commandement, de contrôle et de combat du Hezbollah, construit avec le soutien de l’Iran », a affirmé de son côté le chef d'état-major de l'armée israélienne, le général Eyal Zamir. Depuis le Liban-Sud occupé, ce dernier a aussi laissé entendre qu'Israël n'avait nullement l'intention de se retirer des plus de 600 km² de territoires libanais occupés dans le sud du pays. « L'armée libanaise doit faire preuve d'efficacité sur le terrain. Sinon, il ne sera pas possible de faire avancer l'accord signé entre les gouvernements israélien et libanais », a-t-il dit dans une déclaration filmée publiée sur les réseaux sociaux.
La prise puis la destruction de ces infrastructures du Hezbollah enfouies dans la colline stratégique de Ali Taher permet, selon lui, à l'armée israélienne de « garder le contrôle et de menacer le Hezbollah en profondeur », précisant que ses troupes s'étaient depuis retirées de la crête de Ali Taher pour se redéployer plus au sud, vers la région du château de Beaufort, également conquis.
« Quelque 50 miliciens du Hezbollah étaient dans les tunnels »
La crête de Ali Taher constitue le point le plus septentrional de ce qu'Israël désigne comme une « zone tampon », délimitée par une « Ligne jaune » dont il est impossible d'approcher sous peine d'être pris pour cible par son armée. « La Ligne jaune reste entièrement sous notre contrôle, et son tracé reste inchangé », a assuré Eyal Zamir.
L'armée israélienne a quant à elle affirmé qu'environ 50 miliciens du Hezbollah se trouvaient encore dans les kilomètres de tunnels détruits, « la plupart ayant été tués à l’intérieur du réseau ou en tentant de s’échapper ». Certains auraient réussi à s'enfuir, selon Tel-Aviv, informations que L'Orient-Le Jour n'a pas pu vérifier.
Muet depuis les dynamitages massifs de jeudi soir, le Hezbollah a publié un communiqué dans lequel il a rendu hommage à l’un de ses hommes, Hussein Ali Mortada, qui aurait été tué dimanche pendant la prise de Ali Taher, selon notre correspondant au Liban-Sud Mountasser Abdallah.
Selon des habitants, l’ampleur des explosions de jeudi soir a complètement défiguré la région au sud-est de Nabatiyé. De vastes zones de végétation ont été détruites sur une bande d’environ deux kilomètres, précisent-ils, tandis que les roches et la terre déplacées par les explosions ont bloqué la route entre Kfar Tebnit et le pont de Khardali, l'un des rares points d'accès reliant encore le Liban-Sud au nord du pays.
Les villages du caza de Marjeyoun étaient également recouverts de poussière et de débris, d'après des images diffusées par l’Agence nationale d’information (ANI, officielle), montrant des véhicules recouverts d’une poussière orangée. Certains débris ont atteint des habitations dans les villages de la région encore habités, dont Deir Mimas, Bourj al-Moulouk, Qlayaa, Jdeidet Marjeyoun, Bouwaida, Debbine, Blat et Ebl el-Saqi.
Les destructions se poursuivent à Mansouri
Outre les événements de Ali Taher, le reste du Liban-Sud a été soumis tout au long de la journée à de multiples tirs d'artillerie et opérations de dynamitage israéliens.
Comme depuis le début de la semaine, le village le plus touché par ces destructions quotidiennes reste Mansouri, au sud de Tyr. La localité côtière, coupée en deux par la « Ligne jaune » a été de nouveau la cible de multiples dynamitages et tirs d'artillerie, tandis que des blindés israéliens ont progressé vers deux quartiers encore inoccupés, ceux du stade et de Rabeh. De plus, l'école publique de Mansouri a été totalement détruite par des frappes aériennes durant la nuit, selon le moukhtar Abbas Mdeyhli. Plusieurs missiles ont directement touché le bâtiment, provoquant son effondrement et sa destruction complète, indique-t-il.
D'autres manœuvres des troupes d'occupation ont été observées à Wadi Slouki, également aux abords de la « Ligne jaune », et dans la zone dite de Wadi al-Jamal.
L’artillerie israélienne a en outre bombardé Nabatiyé el-Faouqa, Khiam (Marjeyoun), les abords de Kfarchouba (Hasbaya), Beit Yahoun (Bint Jbeil), Meis el-Jabal, Wadi Houjeir (Marjeyoun), ou encore la crête de Ali Taher.
Une opération de ratissage à l’arme automatique et des tirs d’artillerie aux abords de Beit Yahoun (caza de Bint Jbeil) ont en outre été menés en direction de l’endroit où s’était déployée une équipe de secouristes des Scouts al-Rissala, défense civile affiliée au mouvement Amal. Ces tirs ont contraint l’équipe à battre en retraite, précise notre correspondant.
Enfin, des drones israéliens ont largué des grenades sonores à Yater et Haddatha (Bint Jbeil).


