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Société - Justice

Camping « Bachir Gemayel » : les participants armés dans le viseur du parquet militaire

Le procureur Claude Ghanem demande aux services de sécurité d’identifier les individus apparaissant avec des armes dans des images diffusées sur les réseaux sociaux, en vue de les convoquer.

Camping « Bachir Gemayel » : les participants armés dans le viseur du parquet militaire

Le député Nadim Gemayel (au centre) assistant à un camp d’été organisé par le parti Kataëb sur les hauteurs de Tannourine, dans une publication Facebook partagée le 2 septembre 2026. Photo Facebook/Nadim Gemayel

Moins d’une semaine après que Nadim Gemayel, député des Kataëb, a publié le 1er septembre sur les réseaux sociaux des photos le montrant accompagné d’une trentaine d’hommes, dont certains étaient armés et d’autres encagoulés, le commissaire du gouvernement près le tribunal militaire, Claude Ghanem, a demandé aux services de renseignements de l’armée et des Forces de sécurité intérieure (FSI) d’identifier ces hommes, afin de les convoquer et de vérifier si la détention de leurs armes est autorisée et légale.

Les photos notamment visibles sur la page Facebook de Nadim Gemayel sont assorties d’une légende expliquant qu’elles avaient été prises depuis le « Camping Bachir Gemayel » dans le jurd de Tannourine (caza de Batroun). Organisé chaque été par le député depuis une dizaine d’années, le temps d’un week-end, ce camp rend hommage à son père, l’ancien président de la République Bachir Gemayel, assassiné le 14 septembre 1982. L’événement s’est tenu les 29 et 30 août.

Une source judiciaire indique à L’Orient-Le Jour que le parquet militaire a entrepris sa démarche après avoir visionné, outre les photos, des vidéos montrant les participants au camp marcher en file indienne sur un terrain aride. Ces images sont largement relayées sur les réseaux sociaux par des partisans et sympathisants du Hezbollah, qui reprochent aux Kataëb d’exercer « des activités militaires », alors même que ce parti s’oppose au port d’armes par la « résistance ». Certains se sont ainsi demandé si M. Gemayel « a changé son avis selon lequel seule l’armée libanaise a le droit de s’armer et de défendre la patrie ». « Maintenant, l’État ne vous plaît plus ? Si vous êtes vraiment des patriotes, que vous aimez le Liban, allez dans le Sud et aidez votre pays », a lancé un autre sympathisant du parti chiite.

« Et les tunnels ? »

Du côté des participants au camp, on rétorque qu’il s’agissait d’activités récréatives et non d’entraînements militaires, et qu’en tout état de cause, les éléments armés présents sur les lieux font partie du service de protection de Nadim Gemayel. À cet égard, l’ancien député Farès Souhaid a affirmé sur X qu’« en sa qualité de député », M. Gemayel « n’ a pas enfreint la loi », estimant que dans sa situation, les armes sont « légitimes », en référence au dispositif de sécurité dont peut bénéficier un parlementaire.

Un opposant au Hezbollah s’est pour sa part interrogé : « Et les armes du Hezbollah et les tunnels (…) pleins à craquer ? » Un autre internaute a déploré que « pendant ce temps, le Hezbollah, son armement et le nitrate restent intouchables ». D’autres se sont adressés au juge Ghanem, lui demandant notamment si « les armes du Hezbollah, ainsi que les missiles dissimulés sous chaque maison, étaient légitimes ». Certains ont également ironisé sur l’attitude de la justice, estimant que « lorsqu’il faut qu’elle se mobilise, elle ne le fait pas ». Leur sentiment d’un traitement « inégal » a été résumé en quelques mots par un utilisateur d’Instagram : « Un poids et deux mesures. »

Du côté du parquet militaire, on rejette ces critiques en rappelant que le juge Ghanem a engagé dès mars dernier nombre de poursuites contre des partisans du Hezbollah, interpellés à des barrages de l’armée alors qu’ils transportaient des armes. À noter cependant que le tribunal militaire avait ensuite décidé de les relâcher.

Selon des informations concordantes, deux individus affiliés au Hezbollah « viennent d’être arrêtés pour avoir tiré en l’air » à l’occasion d’un événement partisan célébré en février. Ces deux hommes faisaient l’objet d’une enquête pour d’autres délits présumés, et les tirs en l’air ont été découverts dans le cadre de cette enquête, précise à ce sujet une source proche du parquet militaire. Le parquet a en outre engagé des poursuites contre des trafiquants d’armes arrêtés précédemment par l’armée dans la localité de Ersal (Baalbeck-Hermel), alors qu’ils se livraient à la contrebande depuis la Syrie.

La source proche du parquet militaire estime que le fait que le juge Ghanem soit critiqué à la fois par les proches et les opposants du Hezbollah témoigne de son « impartialité ». Elle affirme que « toute démonstration d’armes étant interdite, le magistrat engage des poursuites contre cette infraction, quel qu’en soit l’auteur ». Et de rappeler à cet égard que le gouvernement avait décidé en mars dernier de « consacrer le monopole de l’État sur les armes et de renforcer la souveraineté sur l’ensemble du territoire national ».

Face à la polémique qu’il a suscitée, Nadim Gemayel préfère pour sa part garder le silence, du moins provisoirement. L’Orient-Le Jour a en effet tenté de le joindre, mais sans succès. Selon ses proches, il ne souhaite pas commenter « pour le moment ». Une réponse qui peut laisser penser qu’il a choisi de réserver sa réaction à son prochain discours, à l’occasion de la 44e commémoration de l’assassinat de Bachir Gemayel, prévue le 13 septembre sur la place Sassine, à Achrafieh.

Moins d’une semaine après que Nadim Gemayel, député des Kataëb, a publié le 1er septembre sur les réseaux sociaux des photos le montrant accompagné d’une trentaine d’hommes, dont certains étaient armés et d’autres encagoulés, le commissaire du gouvernement près le tribunal militaire, Claude Ghanem, a demandé aux services de renseignements de l’armée et des Forces de sécurité intérieure (FSI) d’identifier ces hommes, afin de les convoquer et de vérifier si la détention de leurs armes est autorisée et légale.Les photos notamment visibles sur la page Facebook de Nadim Gemayel sont assorties d’une légende expliquant qu’elles avaient été prises depuis le « Camping Bachir Gemayel » dans le jurd de Tannourine (caza de Batroun). Organisé chaque été par le député depuis une dizaine d’années, le...
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