Des manifestants devant le Grand sérail à Beyrouth, le 28 février 2024. Photo Mohammad Yassine
Dans un contexte marqué par la guerre et les conditions de vie particulièrement difficiles, la Ligue des fonctionnaires a accusé mardi le gouvernement de rester sourd aux difficultés des salariés de l'administration publique et à l’effondrement de leur pouvoir d’achat, regrettant que le budget 2027 ne prévoit aucun traitement sérieux de la question des salaires. Réclamant une revalorisation des traitements, la Ligue a agité la menace d'une d’escalade, notamment au moyen de grèves et de manifestations, si ses revendications n’étaient pas prises en compte dans le budget 2027, et ce au premier jour d'examen du projet de budget par le gouvernement.
« Alors que les fonctionnaires continuent d’accomplir leur devoir au prix de lourds sacrifices, le gouvernement reste sourd à leurs difficultés et à l’effondrement de leur pouvoir d’achat », a dénoncé la Ligue dans un communiqué. « Au lieu de leur rendre justice, le budget 2027 ne prévoit aucun traitement sérieux de la question des salaires et rémunérations. Il propose des solutions fragmentées qui portent atteinte au principe d’égalité, lequel constitue un droit constitutionnel, et tente de diviser les fonctionnaires », a-t-elle ajouté, faisant part de son refus d’une telle réalité.
Depuis l'effondrement de la livre libanaise en 2019 et de la valeur des salaires, les fonctionnaires ont obtenu quelques réajustements et des aides sociales, mais leurs traitements n'ont toujours pas retrouvé la valeur d'avant la crise.
Revalorisation effective et équitable
La Ligue réclame notamment une « revalorisation effective et équitable des salaires », avec l’intégration d’une hausse correspondant à « onze fois le montant actuel à compter du début de 2026, conformément à ce qui avait été approuvé par le Conseil des ministres lors de sa séance du 16 février 2026 ». Elle demande que cette mesure soit intégrée aux chiffres du budget avant son adoption, afin de permettre aux fonctionnaires de récupérer une partie de leur pouvoir d’achat et de préserver leur dignité ainsi que leur droit à une rémunération équitable.
Parmi les autres revendications, figurent une augmentation de l’indemnité de transport, le rejet du mécanisme d’échelonnement du versement des arriérés proposé par le ministère des Finances, l’adoption d’une nouvelle grille des salaires et la mise en place d’une indexation en fonction de l’évolution des prix.
A l'issue du Conseil des ministres, le ministre de l'Information Paul Morcos a notamment évoqué la question des vétérans des forces armées, qui ont également fait part de leur mécontentement. « Le gouvernement est surpris face aux protestations des anciens militaires. Il a cependant chargé une commission ministérielle de les rencontrer afin de trouver une solution », a-t-il assuré, soulignant que le cabinet doit encore se réunir à plusieurs reprises pour l'examen du projet de budget 2027.

