Le Directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, s'exprime lors d'une conférence de presse à l'issue de la réunion du Conseil des gouverneurs au siège de l'agence à Vienne, en Autriche, le 7 septembre 2026. Photo Joe Klamar / AFP
Le réacteur nucléaire en cours de construction, découvert en Syrie, était presque achevé et aurait pu servir à la construction d'armes, a déclaré lundi le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi. « Le réacteur était presque achevé. Il ne restait plus qu'à charger le combustible », a déclaré M. Grossi lors d'une conférence de presse à Vienne, où se réunit cette semaine le Conseil des gouverneurs de l'agence.
Ces déclarations interviennent quelques jours après qu'un rapport de l'agence onusienne a révélé que les infrastructures découvertes à Deir Ezzor - montrant les activités menées sous le régime de Bachar el-Assad - étaient compatibles avec celles d'un réacteur nucléaire.
Tout en se refusant à affirmer que le programme poursuivait explicitement un objectif militaire, M. Grossi a toutefois souligné qu'il était clair que les responsables syriens de l'époque « ne voulaient pas que le monde sache ce qu'ils faisaient ». Or « nous savons que, compte tenu de la configuration et des caractéristiques techniques de ce type de réacteur, il s'agit d'un réacteur très efficace pour la production de matière fissile qui pourrait être utilisée directement pour la fabrication d'armes nucléaires ».
M. Grossi n'a pas exclu que les autorités syriennes de l'époque « aient procédé à des explosions » afin d'entraver toute possibilité d'enquête pour « établir avec plus de précision ce qui se trouvait là ».
Le site de Deir Ezzor, dans l'est du pays, est fermé depuis 18 ans. Israël a reconnu en 2018 l'avoir bombardé onze ans plus tôt, affirmant avoir visé un réacteur nucléaire en construction.
M. Grossi a par ailleurs salué la coopération et la transparence affichées par les autorités syriennes actuelles, estimant que c'était « déterminant pour que la Syrie puisse relancer son économie, rétablir des liens politiques, économiques et autres avec la communauté internationale ». Outre le réacteur, l'AIEA a indiqué avoir trouvé un site de production de combustible nucléaire, ainsi que 73 tonnes d'uranium naturel, dont 55 tonnes de barres de combustible et le reste sous forme de déchets, dans un rapport consulté la semaine dernière par l'AFP.
M. Grossi a estimé qu'il appartenait désormais au conseil de l'AIEA de décider du dossier syrien et qu'il n'avait actuellement pas reçu de mandat pour enquêter sur les liens présumés avec la Corée du Nord. Un projet de résolution, consulté par l'AFP, qui devrait être soumis au vote cette semaine, prévoit la clôture du dossier nucléaire syrien. L'AIEA continuera à travailler avec la Syrie pour maintenir la sûreté des matériaux et rendre compte de ses conclusions, a ajouté M. Grossi.

