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Frappes israéliennes meurtrières à Nabatiyé : Aoun appelle Washington à agir, Berry dénonce une « urne électorale ensanglantée »


Frappes israéliennes meurtrières à Nabatiyé : Aoun appelle Washington à agir, Berry dénonce une « urne électorale ensanglantée »

Un détruit par une frappe aérienne israélienne dans le village de Arab Salim, au Liban-Sud, le 6 septembre 2026. Photo Mahmoud ZAYYAT / AFP

Appel à l'action lancé à Washington, « urne électorale ensanglantée » au Sud, maintien du soutien au retour des déplacés : les trois pôles du pouvoir ont dénoncé dimanche les attaques israéliennes sur la région de Nabatiyé qui ont tué au moins quatre personnes, totalement détruit l'hôpital Ghandour et provoqué d’importants dégâts au bâtiment local du ministère des Finances.

Le président de la République Joseph Aoun a ainsi condamné « la reprise des attaques israéliennes », dénonçant une « escalade dangereuse » et tenant Israël pour entièrement responsable de cette violence. Il a appelé les États-Unis et la communauté internationale à intervenir d’urgence afin de mettre un terme à ces violations et en tenir les auteurs pour responsables.

Pour le chef de l'État ces attaques vont au-delà des violations répétées de l’accord de cessez-le-feu, théoriquement en vigueur depuis mi-juin, et de l’accord-cadre du 26 juin entre le Liban et Israël qui prévoit un retrait progressif de l'armée israélienne de la zone occupée, parallèlement à un déploiement de l'armée libanaise chargée de désarmer le Hezbollah. Selon Joseph Aoun ces attaques visent cette fois « des institutions de l’État libanais et des infrastructures de services chargées des affaires des citoyens et de leurs besoins quotidiens, ainsi qu’un hôpital et des centres de santé ».

Terrorisme d’État

Le président de la République est revenu sur la frappe israélienne effectuée le 19 avril, qui a touché le sérail de Nabatiyé, faisant 19 morts, dont 13 agents de la Sécurité de l’État. Il a souligné que le ciblage du bâtiment local du ministère des Finances, après celui d’un centre de la Sécurité de l’État, révélait « un schéma persistant d’attaques » allant au-delà « des objectifs militaires présumés pour toucher des administrations purement civiles et des centres de santé ». Selon lui, cela traduit « une intention claire de porter atteinte à la continuité du fonctionnement des institutions libanaises et d’entraver les activités quotidiennes de la population ».

Le président du Parlement Nabih Berry est allé plus loin en accusant l'État hébreu de vouloir « transformer le Liban-Sud, ses habitants et leurs biens en une urne électorale ensanglantée ». Il a estimé que les responsables politiques et militaires israéliens se livraient à l’approche des prochaines élections à une course pour déterminer « qui tuera et détruira le plus ». Ces attaques constituent, « par leur nature et leur ampleur, des crimes qui s’apparentent à du terrorisme d’État », a estimé le chef du Législatif.

Selon lui, la poursuite par Israël de cette « guerre de destruction » menée avec une « violence sans précédent » apporte « la preuve irréfutable » que le pays « n’a respecté aucune des formules de cessez-le-feu » et qu’il s’affranchit de « toutes les règles, accords et ententes ». M. Berry a enfin estimé que la situation au Liban-Sud relevait à la fois d’une « responsabilité internationale » nécessitant une intervention urgente pour mettre fin à la guerre contre le Liban et sa région Sud, et d’une « responsabilité nationale ». Il a appelé l’ensemble des parties libanaises à se tenir aux côtés de ce territoire, à considérer sa cause comme « celle de tous les Libanais » et sa défense comme celle du Liban ».

Le Premier ministre Nawaf Salam a de son côté affirmé dimanche que les « agressions israéliennes n’empêcheront pas le gouvernement de maintenir son soutien au retour des déplacés du Liban-Sud, ni de garantir tout ce qui est nécessaire à la poursuite du fonctionnement des services publics et à la satisfaction des besoins des citoyens ». M. Salam a tenu ces propos après un appel téléphonique au président du conseil municipal de Nabatiyé, Abbas Fakhreddine, au cours duquel il s’est enquis de l’état de la population et de l’ampleur des dégâts suite aux frappes qui ont ciblé la ville à l’aube. M. Salam s’est aussi entretenu des attaques israéliennes avec l’imam de la ville de Nabatiyé, le cheikh Abdel Hussein Sadek, lui exprimant sa solidarité avec la population, les familles des tués et les blessés. Le chef du gouvernement a enfin appelé le ministre des Finances Yassine Jaber afin de s’informer des dégâts dans le bâtiment du ministère à Nabatiyé.

Appel à l'action lancé à Washington, « urne électorale ensanglantée » au Sud, maintien du soutien au retour des déplacés : les trois pôles du pouvoir ont dénoncé dimanche les attaques israéliennes sur la région de Nabatiyé qui ont tué au moins quatre personnes, totalement détruit l'hôpital Ghandour et provoqué d’importants dégâts au bâtiment local du ministère des Finances.Le président de la République Joseph Aoun a ainsi condamné « la reprise des attaques israéliennes », dénonçant une « escalade dangereuse » et tenant Israël pour entièrement responsable de cette violence. Il a appelé les États-Unis et la communauté internationale à intervenir d’urgence afin de mettre un terme à ces violations et en tenir les auteurs pour responsables.Pour le chef de l'État ces attaques vont...