Capture d'écran de sa vidéo tournée devant la mosquée des Omeyyades à Damas.
Le président des Emirats arabes unis a gracié vendredi l'Egyptien Abdel Rahmane al-Qaradaoui, fils du défunt chef spirituel des Frères musulmans, mouvement illégal dans le pays. « Une grâce a été accordée aujourd'hui (...) par le président Mohammed ben Zayed (...) pour Abdel Rahmane al-Qaradaoui », a annoncé l'agence de presse officielle émiratie WAM.
Abdel Rahmane al-Qaradaoui avait été condamné la semaine dernière par la cour fédérale d'appel d'Abou Dhabi à 10 ans de prison et une amende. Il avait été arrêté pour « activités visant à porter atteinte à la sécurité publique », avait indiqué l'agence de presse au moment de son extradition depuis le Liban en janvier. En janvier 2025, un sit-in avait été alors organisé devant le Palais de justice pour demander au gouvernement libanais de ne pas extrader M. Qardaoui rassemblant des ulémas, des juristes et des représentants d’ONG nationales et internationales. Cette mobilisation visait à exprimer leur solidarité avec l’activiste, objet de deux demandes d’extradition émanant des autorités égyptiennes et émiraties.
M. Qaradaoui avait été arrêté fin décembre au Liban où il était entré depuis la Syrie en raison d'un mandat d'arrêt de la justice égyptienne, avait expliqué sous couvert d'anonymat un responsable judiciaire libanais. M. Qaradaoui avait été condamné par contumace à cinq ans de prison en Egypte pour « incitation au terrorisme et opposition à l'Etat », selon cette même source. Outre les Emirats, l'Egypte avait aussi demandé son extradition, avait indiqué un autre responsable judiciaire sous couvert d'anonymat.
Selon la seconde source judiciaire, la demande d'extradition des Emirats est intervenue après la diffusion d'une vidéo postée sur les réseaux sociaux dans laquelle M. Qaradaoui se filme à la mosquée des Omeyyades à Damas et se réjouit de la chute de Bachar el-Assad, le 8 décembre, chassé du pouvoir par des rebelles islamistes radicaux. Il y mettait en garde le peuple syrien et ses nouveaux dirigeants contre « les régimes malveillants » des « Emirats, d'Arabie saoudite et d'Egypte ».
Mobilisé lors des manifestations en 2011 ayant entraîné la chute du président Hosni Moubarak en Egypte, Abdel Rahmane al-Qaradaoui est aussi un virulent critique du chef de l'Etat actuel, Abdel Fattah al-Sissi. Son père, Youssef al-Qaradaoui, est décédé en 2022 après plusieurs décennies d'exil au Qatar. Il avait été emprisonné à plusieurs reprises en Egypte pour ses liens avec les Frères musulmans. Cette confrérie, fondée en Egypte, est considérée comme une organisation « terroriste » dans ce pays.


