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Technologies - Transport

Uber se lance dans dans les robotaxis au Royaume-Uni et supprime 3 000 emplois dans le monde

Les suppressions de postes annoncées représentent environ 10 % des effectifs mondiaux du groupe qui avait jusque-là évité les réductions d'effectifs majeures.

Uber se lance dans dans les robotaxis au Royaume-Uni et supprime 3 000 emplois dans le monde

Une voiture autonome de Wayve circule dans une rue résidentielle lors d'une démonstration Wayve s'apprêtait à annoncer le lancement de trajets autonomes sur Uber, à Londres,, le 5 juin 2026. Photo d'archives Isabel Infantes / Reuters

La plateforme Uber et la start-up britannique de conduite autonome Wayve ont annoncé à Londres le lancement d'un service commercial de robotaxis, qui circuleront avec un opérateur de sécurité à bord, sans préciser quand des véhicules entièrement autonomes pourront être déployés.

En parallèle, la société de mise en relation de chauffeurs et de clients basée à San Francisco a annoncé le même jour à ses employés un vaste plan de restructuration « visant à réduire les niveaux hiérarchiques » et à recentrer les dépenses sur ses activités principales, selon un e-mail envoyé à ses employés par sa direction, largement relayé par la presse britannique. Autour de 3 000 emplois sont dans la balance au sein du groupe, qui opère aussi au Liban. Les deux annonces ne semblent pas liées a priori.

Concurrencer Google et la Chine

Le service de robotaxis qui sera lancé avec Wayve devient le premier ouvert au public à Londres, une ville également convoitée par Waymo, filiale d'Alphabet (maison mère de Google), et par le chinois Baidu, en association avec la plateforme Lyft. « Le déploiement va se faire par étapes, donc nous allons commencer petit », a expliqué Wendy Lee, directrice des produits chez Uber, évoquant « quelques dizaines de véhicules » rapidement accessibles à terme dans la capitale britannique.

Des taxis autonomes circulent déjà aux États-Unis et en Chine, mais la capitale britannique n'est que la deuxième ville concernée en Europe, après Zagreb, où des véhicules opérés par la société croate Verne, utilisant la technologie du chinois Pony.ai et accessibles via Uber, transportent déjà des passagers, avec un humain à bord par sécurité. Lors d'une démonstration mardi à Londres, un opérateur a d'ailleurs brièvement repris le contrôle du véhicule à une intersection située à proximité de Big Ben. « C'est précisément pour cela que nous commençons avec des opérateurs de sécurité au volant, afin de superviser les opérations » et « de continuer à perfectionner notre technologie », a expliqué Kaity Fischer, responsable du développement commercial chez Wayve.

La date de mise en circulation à Londres des premiers taxis entièrement autonomes d'Uber et Wayve reste incertaine, les deux entreprises refusant d'avancer un calendrier. Waymo affirme de son côté travailler à un lancement de véhicules transportant des passagers « sans personne derrière le volant » d'ici à la fin de l'année, « sous réserve de l'obtention des autorisations gouvernementales ».

Lyft, qui compte lancer un service avec Baidu Apollo Go courant 2027, dit pour sa part attendre les orientations du régulateur londonien des transports (TfL) sur le sujet. Ces lignes directrices « seront publiées prochainement », assure TfL, précisant qu'« aucun opérateur » n'a pas engagé à ce stade la procédure d'homologation de véhicules entièrement autonomes. Concernant Wayve et Uber, il indique avoir pour l'instant autorisé 15 véhicules avec opérateurs de sécurité.

Londres, où le prix du trajet restera dans un premier temps identique aux courses classiques Uber, constitue le « premier marché de lancement grand public » de Wayve, qui prévoit ensuite un déploiement à Tokyo, puis dans « dix autres villes », toujours avec Uber, selon Kaity Fischer.

Un véhicule autonome de Wayve quitte un dépôt le premier jour du lancement par Wayve et Uber de trajets autonomes pour passagers à Londres, le 3 septembre 2026. Photo Corey Rudy/Reuters
Un véhicule autonome de Wayve quitte un dépôt le premier jour du lancement par Wayve et Uber de trajets autonomes pour passagers à Londres, le 3 septembre 2026. Photo Corey Rudy/Reuters

Mieux positionné

L'information sur les suppressions de postes au sein d'Uber, fondée en 2009, a été dévoilée par un e-mail de son directeur général Dara Khosrowshahi adressé aux employés. Il y explique que le groupe de transport et de livraison s'était développé rapidement, mais avait accumulé trop de niveaux hiérarchiques et de petites équipes, ce qui ralentissait la prise de décision.

Selon lui, ces réductions permettront à Uber d'être mieux positionné pour saisir « les plus grandes opportunités qui se présentent à nous ». Ces changements doivent aussi rendre Uber « plus simple » et « plus rapide », tout en permettant de dégager des ressources financières à réinvestir dans les domaines considérés comme essentiels à son avenir.

Les suppressions de postes représentent environ 10 % des effectifs mondiaux du groupe, ramenant le nombre de salariés à son niveau de 2021, selon la BBC, le nombre d'employés tournant autour de 30 000 dans le monde. L'action Uber a progressé de près de 2 % après l'annonce, les investisseurs semblant accueillir favorablement ces mesures. Les suppressions de postes concernent à la fois les cadres et les autres salariés. Uber prévoit également d'intégrer nombre de ses plus petites équipes à des groupes plus importants. Le groupe n'a pas précisé cependant les régions qui seront les plus touchées par ces suppressions d'emplois.

Uber durcit également sa politique en matière de travail au bureau, selon la BBC, en demandant à presque tous ses salariés de travailler en présentiel depuis des sites désignés et en limitant les postes entièrement à distance à environ 1 % des effectifs. Selon des analystes, ces suppressions d'emplois pourraient permettre à la compagnie de réaliser jusqu'à 2 milliards de dollars d'économies annuelles.

Contrairement à de nombreuses grandes entreprises technologiques qui ont supprimé des emplois après avoir fortement accru leurs dépenses, notamment dans l'intelligence artificielle, Uber avait jusque-là évité les réductions d'effectifs majeures depuis la pandémie.

Uber quitte le Nigeria et l'Ouganda
En parallèle, Uber a annoncé mercredi la cessation de ses activités au Nigeria et en Ouganda, avec effet immédiat. La décision, annoncée par Lorraine Onduru, responsable de la communication d'Uber pour l'Afrique de l'Est et de l'Ouest, intervient après un examen des priorités commerciales du groupe et de l'orientation de ses investissements en Afrique. Dans une déclaration relayée par plusieurs titres de presse africains et la BBC, Uber a précisé que cette décision était limitée aux deux marchés et ne remettait pas en cause ses activités dans les autres pays du continent.
Au Nigeria, où Uber était présent depuis 2014, les chauffeurs se plaignent depuis longtemps du niveau des tarifs pratiqués sur l'application, jugé insuffisant face à la hausse du coût du carburant, ainsi que du montant des commissions prélevées par la plateforme. Le marché est par ailleurs devenu de plus en plus concurrentiel. Ces éléments constituent toutefois le contexte dans lequel intervient le retrait d'Uber, et non les raisons officiellement avancées par le groupe.
Au cours de l’année écoulée, Uber s’était également retiré de Côte d’Ivoire et de Tanzanie. Cette dernière annonce signifie que l’Égypte, le Ghana, le Kenya et l’Afrique du Sud sont désormais les seuls pays africains où le groupe opère.
« Cette décision se limite strictement à ces deux marchés et n’affecte pas nos activités dans le reste du continent », a déclaré Uber à la BBC. « Nous restons engagés en Afrique subsaharienne, où nous continuons de constater une forte croissance et d’importantes opportunités. »


La plateforme Uber et la start-up britannique de conduite autonome Wayve ont annoncé à Londres le lancement d'un service commercial de robotaxis, qui circuleront avec un opérateur de sécurité à bord, sans préciser quand des véhicules entièrement autonomes pourront être déployés. En parallèle, la société de mise en relation de chauffeurs et de clients basée à San Francisco a annoncé le même jour à ses employés un vaste plan de restructuration « visant à réduire les niveaux hiérarchiques » et à recentrer les dépenses sur ses activités principales, selon un e-mail envoyé à ses employés par sa direction, largement relayé par la presse britannique. Autour de 3 000 emplois sont dans la balance au sein du groupe, qui opère aussi au Liban. Les deux annonces ne semblent pas liées a priori. Lire aussi...
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