Le Premier ministre Nawaf Salam lors du Conseil des ministres du 3 septembre 2026. Photo diffusée sur le compte X du Grand Sérail
Le Premier ministre Nawaf Salam a déclaré jeudi que le Conseil des ministres tiendrait la semaine prochaine plusieurs séances successives consacrées à la présentation et à l’examen du projet de budget de l'État, et que le dossier de la titularisation à temps plein des professeurs de l’Université libanaise (UL) serait soumis au gouvernement jeudi prochain.
Cette annonce intervient alors que des professeurs contractuels de l’UL ont manifesté devant le Grand Sérail, parallèlement à la réunion du Conseil des ministres, pour réclamer l’approbation de leur passage à temps plein. Pour la première fois depuis 2014, le Conseil des ministres avait réactivé le dossier des professeurs contractuels de l'UL en accordant à 1 690 d’entre eux le statut de vacataire à plein temps, en quatre vagues et sous conditions. « Pourtant, les échéances se succèdent sans qu’aucune décision définitive ne soit prise, tandis que les enseignants continuent d’accomplir leur mission éducative dans des conditions économiques et professionnelles extrêmement difficiles », a déclaré Hamed Hamed, s’exprimant au nom des enseignants. Les manifestants dénoncent des reports successifs et demandent désormais l’approbation et la publication de l’ensemble des noms concernés, ainsi qu’un calendrier « clair et contraignant » pour la mise en œuvre de chacune des quatre vagues.
« Nous élevons la voix pour défendre un droit légitime, la dignité de l’enseignant universitaire ainsi que l’avenir de l’UL et son rôle national. Notre mobilisation ne traduit pas une volonté de perturber (le fonctionnement de l’institution), mais résulte de plusieurs années d’attente et de tergiversations autour d’un dossier académique et national d’une grande importance », a ajouté Hamed Hamed.
Les contractuels de l’UL dénoncent depuis des années leurs conditions salariales, qui poussent nombre d’entre eux à partir pour l’étranger ou vers des universités privées. Alors qu’un enseignant cadré ou titularisé perçoit entre 2 000 et 2 500 dollars par mois, avec allocations familiales, indemnités de fin de service, couverture médicale, etc., les contractuels sont payés à l’heure, avec plusieurs mois de retard.
Concernant le budget, l’avant-projet de budget 2027, préparé par le ministère des Finances, avait été transmis au gouvernement fin août. Il prévoit 6,87 milliards de dollars de dépenses, soit une hausse de 15 % par rapport au budget 2026, sans déficit prévu. Le texte comprend notamment une hausse de certaines taxes et redevances, dont la multiplication par quatre de l’impôt forfaitaire annuel appliqué aux holdings et aux sociétés offshore. Le ministère affirme toutefois avoir élaboré le projet dans un souci de « discipline budgétaire », tout en maintenant un certain niveau de dépenses sociales et en dégageant une marge destinée à la reconstruction d’urgence. Le projet doit désormais être examiné et approuvé par le Conseil des ministres avant d’être transmis au Parlement.
À l’issue du Conseil des ministres, le ministre de l'Information Paul Morcos a précisé que le gouvernement a commencé par examiner la situation des exploitations agricoles et des abattoirs situés près de l'Aéroport international de Beyrouth (AIB), en raison du risque aviaire et dans le cadre des mesures visant à protéger la santé, la sécurité environnementale et la sécurité aérienne. Début août, le Conseil des ministres avait chargé le ministère de l’Agriculture de prendre des « mesures immédiates » pour clore les fermes et abattoirs dans un rayon de cinq kilomètres autour de l’enceinte de l’AIB. Une décision qui a provoqué l’ire des syndicats représentant les secteurs de la volaille et de l’élevage bovin, qui estiment être injustement ciblés et pointent du doigt la décharge côtière de Costa Brava et la pollution du fleuve Ghadir comme étant les principales causes de la prolifération des volatiles près de l’AIB.
Le ministre Morcos a précisé que le gouvernement Salam avait décidé de demander aux ministères et administrations concernés de prendre les mesures nécessaires à l’encontre des exploitations agricoles et des abattoirs situés dans l’enceinte de l’aéroport qui opèrent « sans autorisation légale, ainsi que de ceux qui disposent d’une autorisation mais en dépassent les limites ou ne respectent pas les conditions et normes imposées conformément aux lois et règlements en vigueur ».
Concernant le second volet, relatif aux exploitations agricoles et abattoirs dûment autorisés, le Conseil des ministres a décidé de former une commission regroupant les ministres de l’Intérieur, de l’Agriculture, de l’Industrie, de l’Environnement, de la Santé et des Travaux publics, qui sera chargée d’étudier la partie du rapport du ministère de l’Agriculture consacrée aux établissements disposant d’une autorisation et respectant l’ensemble des procédures et normes imposées, puis de soumettre ses recommandations.

