Un camion circule alors que s'abattent de fortes pluies sur le village d'Akroum, dans le Akkar, au Liban-Nord, le samedi 29 août 2026. Photo fournie par notre correspondant dans la région, Michel Hallak
La masse d'air froid au Liban venant de Turquie, qui était annoncée pour ce week-end, avait déjà largement touché le Akkar (Liban-Nord) samedi en début d'après-midi, rapporte notre correspondant dans la région, Michel Hallak. De son côté, la municipalité de Haret Hreik dans la banlieue sud de Beyrouth a appelé les habitants à « s’éloigner des bâtiments endommagés ».
De fortes pluies et des averses de grêle, premiers signes de la dépression atmosphérique arrivant à travers la Syrie, touchaient les régions du nord et du nord-est du Akkar samedi, et des vents violents ont dépassé les 70 km/h, indique notre correspondant. Des torrents ont même été provoqués par les précipitations dans le village d’Akroum, alors que des avaertissements avaient été adressés aux agriculteurs de la région, notamment aux propriétaires de serres agricoles en plastique, en raison des vents et des risques de crues soudaines. Les pêcheurs étaient également appelés à ne pas prendre la mer pendant la tempête, la hauteur des vagues ayant déjà dépassé deux mètres, et les automobilistes ont été invités à conduire avec prudence en raison des risques de dérapage.
Une mise en garde a également été adressée par la municipalité de Haret Hreik, quartier de la banlieue sud de Beyrouth particulièrement touché par les attaques israéliennes sur la région à l'automne 2024 et au printemps 2026. Elle a appelé les habitants à « se tenir impérativement à l’écart des bâtiments endommagés et fissurés, à ne pas s’en approcher ni se tenir à proximité », en justifiant cette mesure par le « renforcement des vents et du risque de chute de pierres et de parties des façades ». La municipalité a également pressé les automobilistes « d'éviter de garer leurs véhicules à proximité de ces bâtiments, de faire preuve de la plus grande prudence et de respecter les consignes de sécurité ».
Plusieurs immeubles se sont effondrés, au moins partiellement, dans la banlieue sud de Beyrouth depuis fin 2024 en raison de fissures provoquées par des frappes israéliennes antérieures, sans faire de victime. À la suite de la guerre ouverte entre le Hezbollah et l'armée israélienne fin 2024, une étude estimait que quelque 50 000 maisons étaient endommagées dans la zone. La densité démographique dans cette partie de la capitale expliquait un tel chiffre, mais pas seulement : l’impact de l’explosion au port de Beyrouth le 4 août 2020 et du tremblement de terre en Syrie et en Turquie, qui a également secoué le Liban le 6 février 2023, s’est fait durablement sentir sur certaines fondations.

