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Nos lecteurs ont la parole

Donne-nous aujourd’hui

Il n’est peut-être rien de plus cruel que de mourir avant d’avoir découvert ce que l’on pouvait devenir. Il n’est d’autant plus rien de plus atroce que de mourir en ignorant que l’on meurt chaque jour. La mort marque la fin irréversible de la vie d’un individu. C’est du moins ainsi que nous la définissons. Et lorsque nous entendons parler de mort, nous pensons d’abord à la mort physique. Pourtant, nous ignorons tous qu’il existe une autre mort qui se glisse dans nos journées sans que nous nous en apercevions. Nous attendons la fin de la semaine. Puis l’arrivée d’un nouveau mois. Puis les vacances. Puis la nouvelle année…

Mais qu’attendons-nous réellement ? Pourquoi attendre ? Pourquoi passer soixante-dix années à regarder devant soi, pour finalement se retourner et comprendre que l’on a passé sa vie à attendre que quelque chose commence ?

Et pourtant, nous ignorons que quelque chose commence avant même d’être arrivés à sa fin. Chaque journée est un commencement. Mais hélas… le commencement n’existerait pas s’il ne portait pas déjà en lui son point d’arrivée. Alors viendront les remords. Allongé sur ton grabat, tu attendras, comme tu l’as toujours fait, la mort. Et peut-être

penseras-tu à toutes ces semaines que tu attendais de voir finir, à tous ces mois dont tu espérais voir arriver la suite, à toutes ces années que tu croyais avoir devant toi. Et tu comprendras alors que tu n’attendais pas la vie. Tu attendais de commencer à vivre. Et, lorsque tout sera terminé, lorsque le temps aura enfin cessé de t’appartenir, une dernière pensée te traversera peut-être l’esprit : « Il n’est peut-être rien de plus cruel que de mourir avant d’avoir découvert ce que l’on pouvait devenir. »

Alors, toi qui es jeune, ne laisse pas tes journées devenir des lendemains. Cueille les fleurs du temps avant qu’elles ne fanent. Vis ce que tu peux vivre aujourd’hui. Aime ce que tu peux aimer aujourd’hui. Dis ce que tu dois dire aujourd’hui. Car le temps ne nous promet jamais de seconde floraison. Et lorsque tu ne sauras plus vers où regarder, souviens-toi du jeune tournesol : il ne possède ni carte ni boussole, et pourtant il sait instinctivement vers quoi tourner son visage pour grandir.

Alors, toi aussi, laisse ton regard se tourner vers ton Créateur tout au long de ta journée. Car ton Créateur n’est nul autre que le commencement que tu as toujours attendu. Mais contrairement à toutes les choses qui commencent pour un jour finir, Lui n’a pas de fin.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes. 

Il n’est peut-être rien de plus cruel que de mourir avant d’avoir découvert ce que l’on pouvait devenir. Il n’est d’autant plus rien de plus atroce que de mourir en ignorant que l’on meurt chaque jour. La mort marque la fin irréversible de la vie d’un individu. C’est du moins ainsi que nous la définissons. Et lorsque nous entendons parler de mort, nous pensons d’abord à la mort physique. Pourtant, nous ignorons tous qu’il existe une autre mort qui se glisse dans nos journées sans que nous nous en apercevions. Nous attendons la fin de la semaine. Puis l’arrivée d’un nouveau mois. Puis les vacances. Puis la nouvelle année… Mais qu’attendons-nous réellement ? Pourquoi attendre ? Pourquoi passer soixante-dix années à regarder devant soi, pour finalement se retourner et comprendre que l’on a passé sa...
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